Qu’est-ce qu’un coût ? 3/8 : Un petit rappel : l’argent ne se consomme pas

Posté le novembre 17th, 2009

L’argent est depuis des décennies créé ex nihilo par un simple jeu d’écritures (et principalement à l’occasion des prêts bancaires8). Une fois créé, il circule de poche en poche et ne disparaît pas9. Quand on dit « cet objet me coûte 50 euros », le mot coût n’est pas employé dans le sens de « consommation de ressources », car les 50 euros ne sont pas consommés (l’argent ce n’est pas comestible, jusqu’à preuve du contraire) ; ils sont simplement déplacés. Cette expression est donc une « métonymie » comme par exemple l’expression « boire un verre ».
De la même manière quand on parle d’affairistes qui savent « faire de l’argent », sauf si ce sont des faux –monnayeurs, on ne veut pas dire qu’ils savent en créer ex nihilo (privilège bancaire) mais qu’ils savent s’en mettre dans la poche …(et l’on sait bien que cet argent vient d’une autre poche…)

Pourtant le langage courant nous pousse à considérer que l’argent disparaît. Même Joseph Stiglitz ne peut s’empêcher d’écrire que l’administration américaine a englouti des milliards de dollars…(dans quel trou ?). On apprend en lisant le Monde du 10 mai 2008 qu’un trader londonien « a brûlé 250 millions de dollars » pour créer son hedge fund…avec une allumette ? On apprend ailleurs qu’un lot de drogues a été brûlé et que ce sont des millions qui sont partie en fumée. Question idiote : l’argent de la drogue a-t-il vraiment été brûlé ? Evidemment non…

L’origine de ces écarts de langage, c’est que l’argent est vu pour un agent microéconomique (ménage, entreprise ou Etat) comme l’équivalent d’ un pouvoir d’achat qui est donc consommé, du point de vue de cet agent, quand l’argent est dépensé.

En revanche, au niveau macroéconomique, cet argent circule et ne disparaît pas10. Il ne faut donc pas confondre le fait qu’on exprime des coûts microéconomiques en argent avec l’idée fausse que l’argent pourrait se consommer au niveau collectif…

L’argent ne se consommant pas, le coût, ce n’est pas de l’argent qui disparaît. Le vrai coût est d’une autre nature : c’est la destruction de ressources réelles non renouvelables.

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Notes :
8 Pour des explications approfondies de la création monétaire, voir « La monnaie dévoilée », Gabriel Galand et Alain Grandjean, L’harmattan , 1997
9 Il n’y a que deux cas de destruction d’argent : quand un prêt est remboursé l’opération symétrique de la création monétaire , la destruction monétaire. Deuxième cas, en cas de dépréciation monétaire l’argent perd de la valeur
10 Sauf dans un cas : quand il s’agit du remboursement à une banque d’un prêt. Mais nous ne rentrerons pas ici dans les arcanes de la création et de la destruction monétaire.

Plan de la note

(Introduction) Qu’est-ce qu’un coût ? Application au changement climatique

1/8 : Quelques questions apéritives

2/8 : Les dépenses des uns sont les revenus des autres

3/8 : Un petit rappel : l’argent ne se consomme pas

4/8 : Le « vrai » coût pour la collectivité : prix et coût

5/8 : Le travail n’est pas infini

6/8 : Quid des « ressources » publiques ?

7/8 : Le taux d’actualisation

8/8 : Optimum social et réduction du coût pour la collectivité


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