Qu’est-ce qu’un coût ? 3/8 : Un petit rappel : l’argent ne se consomme pas

L’argent est depuis des décennies créé ex nihilo par un simple jeu d’écritures (et principalement à l’occasion des prêts bancaires8). Une fois créé, il circule de poche en poche et ne disparaît pas9. Quand on dit « cet objet me coûte 50 euros », le mot coût n’est pas employé dans le sens de « consommation de ressources », car les 50 euros ne sont pas consommés (l’argent ce n’est pas comestible, jusqu’à preuve du contraire) ; ils sont simplement déplacés. Cette expression est donc une « métonymie » comme par exemple l’expression « boire un verre ».
De la même manière quand on parle d’affairistes qui savent « faire de l’argent », sauf si ce sont des faux –monnayeurs, on ne veut pas dire qu’ils savent en créer ex nihilo (privilège bancaire) mais qu’ils savent s’en mettre dans la poche …(et l’on sait bien que cet argent vient d’une autre poche…)

Qu’est-ce qu’un coût ? 2/8 : Les dépenses des uns sont les revenus des autres

Pour chacun d’entre nous, le coût est une notion d’apparence assez simple : un coût c’est une dépense. Mais ce n’est qu’apparence : on dit « faire ceci va me coûter » et on ne pense pas nécessairement à de l’argent ; ce peut être un effort physique, un effort ou un préjudice moral…ce peut être du temps. Le coût pour un individu n’est donc pas toujours exprimé de manière monétaire.

Qu’est-ce qu’un coût ? 1/8 : Quelques questions apéritives

Quand on lit les phrases suivantes, sait-on vraiment ce qu’elles veulent dire ?

« Voilà le coût pour la collectivité du changement climatique, et voilà le coût de l’inaction » (rapport Stern)

« Voilà le coût pour la collectivité d’une cellule photovoltaïque »

« L’éolien c’est coûteux, car c’est subventionné, donc ça coûte pour la collectivité «

« Une infrastructure ferroviaire, ça coûte très cher … »

Prenons quelques exemples plus détaillés, en se posant la même question.

Qu’est-ce qu’un coût ? : Application au changement climatique (introduction)

Avertissement : cette note revient sur des notions évidentes pour les économistes, qu’ils me pardonnent, en prenant ce retour aux sources pour un hommage à une discipline essentielle !

La notion de coût, au cœur du raisonnement économique (l’économie est parfois définie comme l’art d’atteindre des objectifs au moindre coût) est employée en permanence dans la vie courante. Pourtant, sa signification est beaucoup moins évidente qu’il n’y paraît. Ce d’autant que le mot coût est souvent affublé d’adjectif ou de complément d’objet : « coût direct, complet, moyen, marginal, social, économique, coût d’abattement »…et parfois des deux « coût marginal d’abattement »…Dans le même champ sémantique, la notion de valeur pose les mêmes questions.

Cette note vise à (re)préciser ces notions, ce qui est évidemment indispensable pour savoir de quoi on parle quand on vise à minimiser les coûts de la réduction des émissions de GES. Cette clarification se fera sous un postulat dit de « soutenabilité forte » selon lequel il n’y a pas continuum ni substitution entre le capital naturel et le capital artificiel : en simplifiant, nous ne saurons pas remplacer les abeilles dans la pollinisation des plantes, nous ne saurons pas reconstituer artificiellement une atmosphère compatible avec notre survie sur cette planète…

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Plan de la note

(Introduction) Qu’est-ce qu’un coût ? Application au changement climatique

1/8 : Quelques questions apéritives

2/8 : Les dépenses des uns sont les revenus des autres

3/8 : Un petit rappel : l’argent ne se consomme pas

4/8 : Le « vrai » coût pour la collectivité : prix et coût

5/8 : Le travail n’est pas infini

6/8 : Quid des « ressources » publiques ?

7/8 : Le taux d’actualisation

8/8 : Optimum social et réduction du coût pour la collectivité

La baisse tendancielle du taux de croissance par Jean Gadrey

A propos de Paul Gadrey, inutile de répéter ce qu’on peut lire sur Wikipédia.

Voilà un économiste qui n’est pas soumis à la pensée dominante, qui étudie les données chiffrées avec sérieux et recul, un membre de la commission stiglitz, grand spécialiste français des nouveaux indicateurs de richesse (Lire « Les nouveaux indicateurs de richesse« , Jany Catrice et Paul Gadrey) et de l’économie des services.

Signalons son excellente série d’articles sur la baisse tendancielle du taux de croissance (4 en tout) …

Consultable sur son blog.

Notre dernier livre « Les États et le carbone » enfin disponible…

Notre dernier livre « Les États et le carbone » vient de sortir.

Voici la quatrième de couverture :


 » Le défi climatique appelle une mutation sans précédents de nos sociétés. Au Nord comme au Sud, il faudra bouleverser les modes de vie, changer les habitudes en matière de logement, de transport et d’alimentation. Ces changements, qui n’auront de sens qu’à l’échelle planétaire, remettent en cause notre mode de développement. Comment parvenir à réduire notre consommation d’énergie et nos émissions de gaz à effet de serre tout en répondant aux besoins essentiels de chacun ? Comment au Nord inventer une économie sans carbone tout en préservant les grands équilibres sociaux et économiques ? Comment au Sud sortir de la pauvreté sans compromettre par un surcroît d’émissions de CO2 le bien-être des générations futures ?
Il est impossible de surmonter de telles difficultés sans innovations en termes de politiques publiques. Ce livre dresse un état des lieux international des nouveaux instruments et politiques possibles, touchant tant la fiscalité, les normes, les investissements, que la justice sociale, qui pourraient rythmer nos vies au cours du XXIe siècle. « 

A propos des auteurs

Patrick Criqui, ancien élève de l’école HEC, est économiste, directeur de recherche au CNRS et directeur du laboratoire LEPII à Grenoble. Il enseigne à l’Université Pierre Mendès France et dans plusieurs autres universités. Il a notamment développé un modèle énergétique mondial, utilisé par la Commission européenne pour l’analyse des politiques climatiques. Ayant participé au Groupe de Travail N°3 du GIEC, il est aussi membre du Comité de veille écologique de la Fondation Nicolas Hulot et co-président du conseil scientifique du Plan Climat Local de La Métro à Grenoble.

Benoit Faraco est responsable du programme « Énergie et changement climatique » à la Fondation Nicolas Hulot. Il suit depuis 2004 les négociations inter&shynationales sur le changement climatique et a participé au Grenelle de l’Environnement pour la Fondation Nicolas Hulot.

Alain Grandjean, ancien élève de l’École Polytechnique et de l’ENSAE, est cofondateur de Carbone 4, cabinet de conseil en « stratégie carbone », et membre du Comité de veille écologique de la Fondation Nicolas Hulot. Il a été expert climat-énergie au Grenelle de l’Environnement. Il a été membre de la commission Rocard sur la taxe carbone. Il est l’auteur de Le plein, s’il vous plaît (Seuil, 2006, avec Jean-Marc Jancovici), Environnement et Entreprises (Village Mondial, 2006, avec Dominique Bourg et Thierry Libaert) et C’est maintenant ! Trois ans pour sauver le monde (Seuil, 2009, avec J.-M. Jancovici).

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La destruction de l’environnement est une aberration économique

Les résultats d’une étude commandée par l’Union européenne et soutenue par le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement) sont sans appel : l’érosion de la biodiversité représente un coût évalué entre 1.350 et 3.100 milliards d’euros par an.

C’est une étude essentielle. Pavan Sukhdev (voir vidéo ci-dessous) est responsable du TEEB (The Economics of Ecosystems & Biodiversity). Il exprime l’impératif économique de la préservation de la nature.

Investir quelque 45 milliards de dollars par an dans le développement des zones protégées sur terre et en mer permettrait d’assurer des bénéfices de l’ordre de 4 à 5.000 milliards de dollars par an après quelques dizaines d’années. Et dépenser des milliards pour protéger la diversité de la vie animale et végétale permettrait un retour sur investissement cent fois supérieur sur le long terme.

Le rapport final exprime des solutions simples :

- créer des mesures précises de la valeur des services de la biodiversité et des écosystèmes, ainsi que des conditions qui les permettent. (C’est à dire fournir aux décideurs des informations pertinentes relatives au capital naturel)

- intégrer ces données dans les comptes macro-économiques et sociétaux des états. Cela revient aux initiatives visant à améliorer ou compléter le PIB. (Par exemple les travaux de la Commission Stiglitz -voir ici- ou l’initiative internationale Beyond GDP)

- investir dans le capital naturel (Changement climatique, infrastructures écologiques, zones protégées, écosystèmes dégradés)

- améliorer la distribution des coûts et des bénéfices de la protection du capital naturel (C’est le sujet clef. Voir p 31 du rapport ci-après).

Malheureusement, le rapport n’est disponible qu’en anglais.

Succès d’une conférence de Carbone 4, bravo Jean-Marc !

(Extrait du communiqué de presse de Spie)

 » Le webcast de la conférence de Jean-Marc Jancovici, « Energie et climat : la fin de l’âge d’or ? », est accessible gratuitement et dans son intégralité sur le site Internet du groupe SPIE. Déjà près de 30 000 internautes l’ont visionné. [En janvier 2009, NDLR]

30 000 personnes connectées, plus de 10 000 heures visionnées en quelques mois. Après les collaborateurs de SPIE, c’est au tour des internautes d’avoir accès à une conférence donnée au sein de l’entreprise par Jean-Marc Jancovici, expert bien connu en énergie et réchauffement climatique. Initialement organisée en interne pour 200 cadres du groupe, et proposée ensuite à l’ensemble des salariés sous forme de webcast sur l’intranet, cette conférence est accessible depuis quelques mois sur le site Internet du Groupe en français et en anglais. Elle rencontre un réel succès auprès du grand public. (…)

Disponible (en français et en anglais) gratuitement et en intégralité [voir la conférence, NDLR] – avec l’aimable autorisation de Jean-Marc Jancovici – le webcast de la conférence est segmenté en séquences de 1 à 4 minutes indexées sur un menu défilant permettant une navigation aisée au rythme de chacun. Synchronisées avec la vidéo du conférencier, les diapositives illustrant le discours défilent en temps réel sur la même page web.

« La vidéo sur le net rencontre un très large public qui ressent un grand besoin de pédagogie sur ces sujets complexes souvent évoqués dans les médias, parfois de façon contradictoire et sans toujours l’expertise nécessaire. Il s’agit ici de proposer un format attractif à un discours factuel et pédagogique pour permettre à chacun de se faire son idée sur la question du réchauffement climatique » explique Pascal Omnès, directeur de la communication de SPIE. « Le webcast de cette conférence, qui a été nominé aux European Excellence Award 2008*, permet l’appropriation par chacun des enjeux liés au changement climatique, condition nécessaire pour une forte mobilisation. Les très nombreux messages de félicitations, reçus quotidiennement par Monsieur Jancovici, de la part d’internautes de tous les horizons ayant visionné le webcast, témoignent de la qualité du programme et de la très forte demande, encore inassouvie, du grand public sur ces sujets. Un CD du webcast a même été produit pour répondre aux nombreuses demandes de diffusion off-line ».

 »

Conférence JM Jancovici

Les monnaies locales au secours de la planète

TF1 s’intéresse aux monnaies locales et à leur rôle dans la lutte contre le changement climatique et contre la crise économique. Passionnant.

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A noter que des monnaies locales sont apparues en Allemagne pendant la crise de 1929 à Wörgl, puis en France après guerre à Lignières en Berry.

Pour en savoir plus sur les monnaies locales voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Monnaie_locale

La viande ou le climat : sujet tabou ?

Les Echos : « Manger de la viande va-t-il devenir socialement inacceptable ? »

Lord Nicholas Stern, éminent spécialiste du réchauffement climatique déclare qu’un « régime végétarien est bien meilleur » (pour le climat).

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On peut vraiment se demander pourquoi nous n’arrivons pas à faire baisser rapidement notre consommation de viande rouge (issue des ruminants) : ce n’est pas bon pour notre santé, ni pour la sécurité sociale, l’impact climatique est majeur (manger 1kg de bœuf émet autant de gaz à effet de serre que faire  80 km de voiture), la consommation d’eau et d’espace est très élevée, les conditions dans lesquelles nous élevons et tuons ces animaux posent des problèmes éthiques…Pour autant à chaque fois que j’évoque ce sujet je provoque haussement des épaules, éclats de rire, ou fuite dans le déni. Serait-ce un tabou?

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