Le changement climatique : points de repère

5 janvier 2015

 o-CHANGEMENTS-CLIMATIQUES-facebook

Ce petit texte vise à donner les points de repère qui me semblent essentiels à tous ceux qui  s’interrogent de bonne foi sur l’origine des informations qui permettent de fonder un diagnostic solide sur le changement climatique et ses causes.  Merci à ceux qui repéreraient une erreur ou une omission significative, cette note n’ayant en aucun cas pour vocation d’être exhaustive mais juste de constituer un socle de départ. C’est ici sa deuxième version. Merci à François-Marie Bréon (chercheur au Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement) pour ses remarques et suggestions relatives à la première version.

1) Un diagnostic qui repose sur des bases et des sources solides

 

La physique de l’effet de serre est bien connue depuis les travaux précurseurs de Joseph Fourier en 1824. Il s’agit principalement de l’application des lois régissant les transferts de chaleur par rayonnement. Le rôle de l’atmosphère  et de ses différents composants dans la température moyenne planétaire de surface n’est plus discutable. Sans son atmosphère notre planète connaîtrait une température  de surface de -19°C. au lieu de 15°C,  sa moyenne actuelle.

 

L’instrumentation qui permet d’analyser les phénomènes en jeu (température, niveau de la mer,..)  est de plus en plus fine et sophistiquée grâce notamment au recours aux satellites. Ses résultats sont de plus en plus convergents. Pour la température par exemple, les conclusions sur l’évidence de sa hausse depuis le milieu du XIX° siècle sont issues du recoupement des données compilées par quatre laboratoires de réputation mondiale[1] à partir de données de multiples agences (dont Météo France par exemple).

En ce qui concerne la  modélisation du climat nécessaire pour projeter son avenir en fonction de divers scénarios, elle progresse régulièrement tant du fait de progrès permanent dans la progression des processus, des mesures que des capacités de calculs qui permettent d’affiner  et d’enrichir les modèles[2]. Ainsi au niveau mondial, on dénombre une vingtaine de modèles globaux[3]. Même si, du fait de la complexité des phénomènes, les  résultats des simulations font apparaître des écarts d’un modèle à l’autre, notamment au niveau régional, les principales conclusions que nous développerons dans la suite (points 2, 3 et 4 suivants) s’avèrent très robustes et mènent au même constat global. Et les principaux arguments des « climato-sceptiques » ont reçu des  réponses documentées et convaincantes[4] sur lesquelles nous ne reviendrons pas dans cette note de synthèse.

 

Le GIEC[5] (groupement intergouvernemental d’experts sur le climat) réalise un travail de synthèse de très grande rigueur qui fait l’objet d’une publication environ tous les 5 ans depuis. (1990, 1995, 2001, 2007, 2013-2014). Le dernier a été rédigé par 831 experts[6] (les meilleurs spécialistes de leur discipline) qui ont bénéficié du travail de centaines de contributeurs et de milliers de relecteurs, issus de  plus de cent pays, et ont passé plusieurs dizaines de milliers d’études au crible. De tels moyens n’ont jamais été mis en œuvre dans l’histoire des sciences pour vérifier une hypothèse.

 

Les conclusions du GIEC sont partagées de manière quasi-consensuelle par les communautés scientifiques concernées[7]. Depuis 2001, de nombreuses académies des sciences nationales ont fait des déclarations (parfois conjointes) affirmant la cause anthropique du réchauffement global observé et demandant aux nations de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Plusieurs études analysant le contenu des articles scientifiques sur le climat montrent que la quasi-totalité des articles qui prennent position sur les causes du réchauffement climatique appuient le consensus scientifique selon lequel ce réchauffement est attribuable à l’activité humaine.

 

2) Le climat se réchauffe depuis 150 ans et les conséquences en sont visibles

 

Bien évidemment, à l’échelle de l’histoire de la planète (4,5 milliards d’années) le climat n’a cessé de changer sous l’influence de grands déterminants (irradiance solaire, variation de l’orbite terrestre, dérive des continents, volcanisme, émissions de méthane et d’oxygène par le vivant, capacité d’absorption des océans, etc.). Mais un  changement climatique récent,  peut s’observer depuis le milieu du siècle dernier, et il se caractérise par plusieurs éléments distincts et convergents.

 

Tout d’abord, la hausse de la température moyenne planétaire[8] est évaluée à 0,85°C [0,65 à 1,06] °C sur la période 1880-2012. Elle a été plus forte au milieu du siècle dernier et son rythme de croissance actuel est de l’ordre de 0,12 [0,08 à 0,14] °C par décennie sur la période 1951−2012. En outre, le rythme d’élévation du niveau moyen des mers[9], autre indicateur essentiel d’un réchauffement de la planète, se situe depuis le milieu du XIX° siècle, à un niveau supérieur au rythme moyen des deux derniers millénaires. Entre 1901 et 2010, le niveau moyen des mers à l’échelle du globe s’est élevé de 0,19 m [de 0,17 à 0,21 m].

On relève par ailleurs un faisceau de signaux qui sont la signature du réchauffement et qui en traduisent déjà les premières conséquences[10]. Les températures ont plus augmenté la nuit que le jour au-dessus des continents. Les épisodes de précipitations intenses et d’inondation ont augmenté dans l’hémisphère nord. On a observé un plus grand nombre de vagues de chaleur extrême et ces vagues touchent un plus grand nombre de régions. Sur les deux dernières décennies, temps très bref à l’échelle de l’histoire, la masse des calottes glaciaires a diminué, les glaciers de pratiquement toutes les régions du globe ont continué à reculer, et de  manière accélérée, les étendues de la banquise arctique et du manteau neigeux de printemps de l’hémisphère nord ont diminué. Le réchauffement des eaux de surface fait sortir les cyclones tropicaux de leur route habituelle. C’est le cas de l’ouragan Sandy de l’automne 2012, qui a touché la Nouvelle Angleterre.

 

3) Les causes de ce changement climatique sont bien identifiées : la principale est l’émission anthropique de gaz à effet de serre

 

Sur très longue période,  le climat obéit à de multiples paramètres. Mais, pour les dernières décennies, le réchauffement et sa structure spatiale s’expliquent principalement par  l’évolution de la composition de l’atmosphère et par l’augmentation des gaz à effet de serre d’origine anthropique; les autres facteurs sur cette période (volcanisme, émissions d’aérosols, cycle du soleil, variation climatique « naturelle », notamment oscillations ENSO[11], changement d’albedo[12] dû au changement d’affectation des sols), jouent un rôle de second ordre[13].

 

Les concentrations atmosphériques des principaux gaz à effet de serre que sont le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) et le protoxyde d’azote (N2O) ont toutes augmenté depuis 1750 en raison des activités humaines[14], pour atteindre des niveaux sans précédent depuis au moins 800 000 ans. La concentration du dioxyde de carbone a augmenté de 40 % depuis l’époque préindustrielle. Cette augmentation s’explique en premier lieu par l’utilisation de combustibles fossiles et en second lieu par le bilan des émissions dues aux changements d’utilisation des sols (notamment déforestation pour laisser place  à l’agriculture) . L’océan a absorbé environ 30 % des émissions anthropiques de dioxyde de carbone, ce qui a entraîné une acidification de ses eaux[15].

 

4)  L’humanité a une influence considérable sur la planète

 

Que l’humanité puisse modifier le climat provoque généralement un mouvement d’incrédulité. Quelques éléments permettent néanmoins de comprendre que l’humanité est devenue une force « tectonique », qui peut faire jeu égal avec la nature.

L’énergie consommée par l’activité humaine est de l’ordre de 12 milliards de Tep[16]. Elle permet par exemple  de déplacer annuellement des quantités de matériaux de l’ordre de grandeur de ce que les volcans du monde entier expulsent (30 à 40 milliards de tonnes par an) lors de leurs éruptions[17].

L’empreinte de l’humanité sur l’ensemble des écosystèmes, sur les ressources naturelles est marquante  (eau, aridification et épuisement des sols, déforestation, destruction des ressources halieutiques, destruction de la biodiversité[18]). A nouveau ces impacts sont malheureusement indiscutables [19] et en eux-mêmes ils sont sources de grandes difficultés pour les plus pauvres qui seront aggravées par le changement climatique.

 

5) Dans un scénario de prolongation des tendances actuelles, le changement climatique aura des conséquences lourdes

 

Le réchauffement climatique dépend principalement des concentrations de GES, accrues par les émissions  qui sont actuellement croissantes. Si nous poursuivons cette croissance, les modèles climatiques montrent  que la hausse des températures moyennes sera comprise entre + 3,7 °C et + 4,8 °C, à horizon 2100 (et sa progression continuera après)[20].  Or nous savons que l’écart de températures entre une période glaciaire et une période interglaciaire – comme celle que nous vivons depuis environ 12 000 ans – est de 5°C environ. La hausse potentielle de la température est donc considérable ; un changement d’ère climatique se réaliserait en un siècle (contre des millénaires naturellement). Les impacts de ces changements sont l’objet d’études approfondies. On sait déjà qu’ils sont tragiques  pour les pays du sud (accroissement de l’aridité et de la désertification dans les zones déjà sèches, bouleversement des moyens d’existence (approvisionnement alimentaire et en eau potable, risque d’effondrement des écosystèmes marins) des zones côtières, insécurité alimentaire, migrations climatiques…). Dans les pays développés, elles seront lourdes aussi (un été sur deux en 2050 en moyenne  sera caniculaire comme 2003 en Europe de l’ouest avec des risques de mortalité et de morbidité, particulièrement pour les populations urbaines) ; elles  nécessiteront d’entreprendre de très gros travaux d’adaptation, notamment pour les résidences, installations  industrielles et infrastructures situées auprès des mers et océans.

Ces impacts viennent se surajouter aux sources actuelles d’injustice et de dureté de la vie que connaissent des milliards d’êtres humains.

 

 ———————————————————-

[1] NASA GISS, NOAA NCDC, HadCRUT4, Cowtan& Way.L’évaluation de la température mondiale planétaire suppose de disposer de nombreux capteurs bien placés, mais aussi de retraiter les informations fournies. C’est un travail scientifique délicat. Voir http://www.realclimate.org/index.php/archives/2014/01/global-temperature-2013/#more-16736

[2] Ces modèles intègrent  la circulation de l’air dans l’atmosphère, et les transports d’eau qui y sont associés,la circulation océanique et les interactions entre l’océan et l’atmosphère,la formation et la fonte de la glace de mer les nuages, les échanges de carbone entre l’atmosphère et la planète, et certaines rétroactions du réchauffement sur les émissions « naturelles » de gaz à effet de serre, et notamment le comportement de la végétation.

[3] Voir par exemple http://www.universcience.fr/climobs/rubrique/mecanismes_modeles-climatique/

[4] Voir par exemple le site http://www.realclimate.org une des  références dans la communauté scientifique qui travaille sur les questions climatiques

[5] Créé en 1988 par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) et le Programme pour l’Environnement des Nations Unies (PNUE), il rassemble des membres de tous les pays appartenant à l’Organisation des Nations Unies. Voir http://www.ipcc.ch/

[6] Voir http://www.developpement-durable.gouv.fr/Les-auteurs.html

[7] http://fr.wikipedia.org/wiki/Positionnement_de_la_communaut%C3%A9_scientifique_envers_le_r%C3%A9chauffement_climatique

[8]Depuis 1000 ans, la température moyenne n’a varié que de quelques dixièmes de degré par siècle.

[9] Dû au réchauffement de l’eau, qui la dilate et à la fonte des glaciers et des banquises

[10] Voir par exemple http://www.universcience.fr/climobs/2012/12/19/effets-deja-visibles-du-rechauffement/

[11] ENSO est un acronyme composé à partir des termes El Niño et Southern Oscillation (oscillation australe). C’est un phénomène climatique et océanographique reliant le phénomène El Niño et l’oscillation australe de la pression atmosphérique.

[12] L’albedo est le pouvoir réfléchissant d’une surface qui verra selon le type de couverture : les glaces ont une albedo élevée au contraire de l’océan ou d’une forêt. L’albedo de la planète (égale à 0,30) diminue avec le réchauffement climatique, ce qui tend à l’accroître.

[13] Le forçage radiatif anthropique total (qui mesure l’impact de certains facteurs affectant le climat sur l’équilibre énergétique du système couplé Terre/atmosphère) en 2011 par rapport à 1750 est de 2,29 [1,13 à 3,33] W m-2 . Le forçage radiatif dû aux changements de concentration de ces gaz est de 2,83 [2,26 à 3,40] Wm-2 .

[14] En 2011, les concentrations respectives de ces gaz à effet de serre étaient de 391 ppm, 1803 ppb et 324 ppb, et dépassaient les niveaux préindustriels d’environ 40 %, 150 % et 20 %.

[15] L’acidification de l’océan est quantifiée par la diminution du pH. Le pH de l’eau de mer a diminué de 0,1 depuis le début de l’ère industrielle, soit une augmentation de 26 % de la concentration en ions hydrogène. Les conséquences de cette acidification sur les écosystèmes marins sont graves en elles-mêmes.
[16]Tonnes équivalent pétrole. Cette consommation a cru depuis 1900 de manière exponentielle (2,9% par an, soit une multiplication par 17)). Elle représente aujourd’hui 1,7 Tep ou 20 MWh par personne, avec des écarts considérables entre les pays.

[17] Voir par exemple http://www.planetoscope.com/environnement/sols

[18] Voir par exemple http://www.millenniumassessment.org/fr/Reports.html  ou http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/dosbiodiv/?pid=decouv_chapA_p2_f1

[19] Voir par exemple Anthony D.Barnosky et al. Approaching a state shift in Earth’s biosphere, Nature 486,52–58 (07 June 2012)

[20] Voir http://www.ipcc.ch/

 

En quoi les gaz non-conventionnels changent les donnes énergétique et climatique ?

11 novembre 2010

Le petit monde de l’énergie est en effervescence depuis que les américains exploitent de manière substantielle, et imprévue il y a moins de 10 ans, les « shale gaz ». Il s’agit de gaz (le méthane) contenus dans des roches que de nouvelles techniques de fracturation permettent d’exploiter et de produire de manière économiquement rentable. A côté des shales gaz d’autres sources de gaz non conventionnels1 (« tight gaz » ou « coal-bed methane ») se développent. Ce nouvel eldorado a déjà plusieurs conséquences concrètes : les américains réduisent leurs importations de gaz (et envisagent sérieusement de devenir exportateurs de gaz liquéfié), son prix se stabilise et se décorrèle du prix du pétrole. Le gaz non conventionnel représente aujourd’hui 50% de la consommation américaine de gaz2 et pourrait en représenter plus de 60% en 2020.

Certains commentateurs (voir un papier paru dans le Financial Times3) voient là une nouvelle révolution énergétique, un changement majeur des donnes énergétique, climatique, et… géopolitique. Que peut-on en dire aujourd’hui ?

Légende : « Le forage horizontal en particulier et la fracturation hydraulique des roches [...] ont rendu possible le développement de la production de gaz non conventionnel »

Des réserves difficiles à évaluer

Du côté des réserves de gaz non conventionnels les chiffres valsent et varient de 1 à 10. L’AIE les estime à environ 800 Tm3, soit de l’ordre de 700 GTEP4. Disons le tout net, personne n’en sait rien aujourd’hui. Les technologies de production sont trop récentes pour que l’exploration des gisements potentiels puisse être considérée comme exhaustive. Il est assez clair que les USA ont des réserves importantes et exploitables. La Chine et l’Australie développent leur potentiel. Les autres pays explorent. D’autre part, les ressources extractibles dépendent du prix de marché du gaz. Rien au total ne permet de trancher aujourd’hui sur les chiffres comme c’est devenu possible dans le domaine du pétrole conventionnel par exemple.

L’Europe quant à elle ne sera probablement pas un gros acteur : le forage du shale gaz passe par une …forêt de puits, des pollutions encore mal évaluées et surtout, aux USA, est favorisé par le fait que les propriétaires d’un sol ont un droit sur les richesses du sous-sol. En Chine, on peut compter sur le caractère autoritaire du régime pour passer outre les résistances des riverains … En Europe aucun de ces deux leviers n’est en œuvre.

Du côté du climat, un impact probablement négatif

Les shale gaz ne changent évidemment rien au fait qu’il y a de toutes façons trop d’énergie fossile sous terre par rapport à ce que l’on doit brûler pour limiter le changement climatique en cours. Certains commentateurs estiment pourtant que le développement du gaz est favorable à court terme au climat, en limitant la part du charbon.

Au contraire, et c’est un effet négatif, en donnant à nouveau l’espoir d’accéder à une énergie abondante et moins carbonée que le charbon, les gaz non conventionnels pourraient juste aggraver le problème : si l’on exploite plus de gisements de gaz aujourd’hui cela ne nous empêche pas de brûler du charbon aujourd’hui et encore moins demain. Par ailleurs, la baisse actuelle des prix spots du gaz font perdre en compétitivité les énergies décarbonées (nucléaire, hydraulique , éolien et solaire).
Il faut le réaffirmer avec force : la régulation climatique passe par des mesures de politique publique (réglementations et prix donné au carbone). La simple rareté prévisionnelle ou imaginée des énergies fossiles ne constituera jamais, en temps utile, une politique climatique !

Du côté des prix c’est la bouteille d’encre

La baisse constatée du prix du gaz fait rêver certains. Il n’y a plus de raison que le prix du gaz soit corrélé à celui du pétrole. Les usages sont déjà différents (les pétroles pour la mobilité et la pétrochimie, le gaz pour le chauffage et l’électricité). Si en plus les processus de production sont complètement différents (pas de pétrole là où on exploite du gaz non conventionnel, alors que le gaz était en partie issu de champs de pétrole) il n’y a plus de raison de lier les prix de ces deux sources d’énergie .
Mais le débat fait rage : si le gaz non conventionnel est moins abondant que ce que pensent les optimistes il n’aura pas d’effet de moyen terme sur le prix. Par ailleurs et surtout, le gaz n’est pas l’objet d’un marché mondial mais de grands marchés régionaux, avec des coûts de transport importants. L’Europe qui est durablement déficitaire en énergie devra toujours payer le prix du pétrole, du gaz et de son acheminement. Aujourd’hui elle paie le gaz environ 10 dollars par MBTU alors qu’il se traite à 4 dollars aux USA.

Les gaz non conventionnels et le peak oil

Les plus « optimistes » voient dans les gaz non conventionnels un moyen de retarder l’échéance du peak oil. A la fois parce que l’abondance supposée du gaz et son prix maîtrisé pourrait accélérer la sortie du fioul du chauffage. Mais aussi et surtout parce que la reconversion du parc automobile au gaz est imaginée. Certains rêvent déjà de faire passer toute la flotte de camions américains au gaz5. J’ai un peu de mal à penser qu’on pourra rapidement faire basculer une flotte de véhicules de l’ordre d’1 milliard de véhicules du pétrole au gaz6. C’est coûteux pour les particuliers et difficile à organiser. D’autre part cela ne peut se concevoir que si l’eldorado du gaz non conventionnel se vérifie et sur un horizon assez long pour que ces investissements soient entrepris. Or comme on l’a vu plus haut l’incertitude aujourd’hui reste forte.

Conclusion : un peu de modestie

L’arrivée du shale gaz me semble une excellente occasion d’insister sur la nécessaire régulation publique en matière énergétique pour éviter des conséquences climatiques pour le moins désagréables. Elle me semble aussi l’occasion d’appeler à un peu de modestie les deux camps qui s’affrontent. Les amoureux de la technologie nous disent que cette innovation est bien la preuve qu’on saura faire face aux problèmes de ressources identifiés aujourd’hui. Que savent-ils vraiment de l’ampleur de cette révolution ? Quant à ceux qui pensent que les shale gaz ne sont qu’un feu de paille, comment peuvent-ils vraiment l’affirmer aujourd’hui ?

Alain Grandjean

1 Pour ce qui concerne le gaz le qualificatif de non-conventionnel désigne le mode de production. Il s’agit toujours de méthane. Ce n’est pas le cas pour le pétrole ou le « pétrole non conventionnel » peut être du pétrole off-shore, c’est bien du pétrole, ou des sables bitumineux, qui délivre un matériau visqueux , pas du pétrole… Voir http://www.manicore.com/documentation/petrole/gaz_non_conv.html pour des explications plus précises.

2 Qui se stabilise autour de 600 Gm3, soit 540 MTEP, après être passée par un minimum de 500 au milieu des années 80. Mais aujourd’hui ce sont les tight gaz qui sont dominants dans le gaz non conventionnel américain.

3Voir par exemple un papier paru dans le Financial Times http://www.thegwpf.org/energy-news/1063-shale-gas-will-change-the-world.html

4 1000 m3 de gaz c’est environ 0,9 TEP  (tonnes équivalent pétrole)

5 Voir par exemple http://www.pickensplan.com/theplan/

6 Aujourd’hui c’est de l’ordre d’une dizaine de millions de véhicules qui roulent au gaz.

L’académie des sciences va-t-elle permettre de clore les faux débats et de rouvrir la porte aux vraies questions ?

1 novembre 2010

Le rapport de l’académie des sciences, piloté par Jean-Loup Puget, délégué de la section Sciences de l’univers, tranche sans ambigüité dans le débat initié par Claude Allègre, avec l’aide, au plan scientifique de Vincent Courtillot et Jean-Louis le Mouël, également académiciens. Au plan scientifique, l’affaire était entendue de longue date1, mais ce rapport est bienvenu car il met en France un terme à un faux débat. On peut regretter qu’il ne fasse pas référence aux synthèses les plus récentes (Le rapport du Conseil Inter-Académique (IAC) sur les processus du GIEC et le rapport de la Royal Society sur l’état des connaissances scientifiques sur le changement climatique) et qu’il ne cite les travaux du GIEC que dans la bibliographie. On peut regretter aussi quelques concessions2 dans le texte faites à Vincent Courtillot et un peu trop de poids accordé à quelques points d’incertitude mineurs. Peu importe. Ce texte a été adopté à l’unanimité et il n’est donc plus possible de faire état d’une contestation des éléments de diagnostic et de pronostic rapportés par le GIEC et la communauté des climatologues, qui serait fondée et reconnue en France par des membres de l’académie des sciences.

Les climato-sceptiques contrairement aux apparences font perdre du temps. Ils mettent l’emphase sur de faux débats. C’est d’ailleurs une technique employée délibérément par les « marchands de doute », selon la magnifique expression de Naomi Orenkes3, auteur d’un livre remarquable sur le sujet.

Revenons rapidement aux vrais débats : quelles mesures prendre et à quelle vitesse pour limiter le changement climatique, s’adapter à ses conséquences pour la part qui est inévitable et en atténuer l’impact pour les populations concernées ? Si en France le Grenelle de l’environnement, dont le bilan va sortir très prochainement a conduit à prendre quelques mesures, elles restent bien timides (et parfois erronées, mais nous y reviendrons). Il est vraiment temps de prendre conscience de l’ampleur de la marche à franchir. Je vous recommande à ce sujet le livre de Clive Hamilton, « Requiem for a species » 4. Partant de ce constat et de la conviction que nous n’arriverons pas à franchir cette marche, il en déduit que nous devons faire le deuil d’une planète à peu près agréable, celle que nous connaissons en ce moment, pour nous adapter à l’idée d’un « monde à 4 degrés5 » fort peu sympathique…

Si nous voulons éviter ce monde à nos enfants et petits-enfants il va bien nous falloir accepter de changer radicalement de mode de consommation et de production. La crise financière ne peut être un obstacle à cette impulsion. A-t-on manqué d’argent pour sauver les banques ? Les américains ont-ils manqué d’argent pour transformer leur économie lors de la dernière guerre mondiale ? Peut-on manquer d’argent (qui se crée d’un jeu d’écritures et ne représente que les dettes et créances des uns et des autres) pour éviter de détruire la vie donc l’activité économique elle-même ? Si nous croyons cela, ne serait-ce qu’un instant, c’est , à l’évidence, que nous sommes habités par des croyances stupides. Le vrai débat, c’est bien celui-ci : comment en finir avec des modes de pensée et des croyances autodestructeurs ? Comment piloter l’économie et la finance avec bon sens, pour éviter de finir comme l’Ile de Pâques ?

Alain Grandjean

1 La thèse de Courtillot a été réfutée par Edouard Bard directeur de la chaire de climatologie du Collège de France (voir par exemple http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2010/09/scoop-le-match-bard-versus-courtillot-à-lacadémie-des-sciences.html#tp) . Claude allègre n’a lui jamais écrit d’article scientifique sur le climat. Et c’est précisément le rôle du GIEC de faire le point sur l’état des discussions scientifiques…


2 Comme par exemple « L’activité  du  Soleil ne  peut  donc  être  le  facteur dominant  de  ce  réchauffement » est-il dit, alors qu’il est clair que c’est un facteur marginal et parfois négatif sur certaine période.

3Merchants of Doubt: How a Handful of Scientists Obscured the Truth on Issues from Tobacco Smoke to Global Warming, Naomi Oreskes and Erik M. Conway, Bloomsbury Press, 2010

5 S’inspirant du livre « Six degrés , Que va-t-il se passer? » de Mark Lynas, Dunod, 2008

Peut-on faire confiance aux modèles climatiques ?

23 mars 2010

L’ ampleur de la crise financière et économique, totalement imprévue quelques mois avant par les économistes, l’incapacité de la météo à prévoir le temps qu’il fera à plus d’une semaine et les critiques des climato-sceptiques font douter des modèles climatiques.

Comment pourraient-ils, eux, nous apporter une information sur ce qui va se passer dans plusieurs décennies ?

Tout d’abord la physique (qui sert de base aux modèles climatiques) ce n’est pas de l’économie ni de la finance. Les modèles économiques ne peuvent prétendre à faire la moindre prévision même à relativement court terme pour au moins trois raisons :

  • il n’y a pas de lois économiques comme il y a des lois physiques
  • les phénomènes économiques sont beaucoup plus complexes que les phénomènes climatiques
  • des décisions humaines imprévisibles peuvent changer le cours de l’économie

Les modèles météo, eux , reposent bien sur de la physique mais leur objectif est très différent des modèles climatiques. Ils n’ont d’intérêt que s’ils arrivent à donner une information précise sur le temps qu’il va faire tel jour dans tel endroit, avec un maillage territorial assez fin. Or cette information dépend de paramètres (comme le vent et l’humidité) qui bougent vite et de plus en plus vite à mesure qu’on s’éloigne du moment initial (où les données de départ sont connues). Les modèles climatiques ont, quant à eux, un objectif statistique (la température moyenne à la surface de la planète sur une année pleine) et probabiliste (ils donnent des indications de l ‘évolution de cette température en probabilité).

Ce qui permet d’avoir une confiance dans les modèles climatiques et dans les conclusions synthétiques qu’on en tire ce sont :

  • la confiance générale qu’on peut avoir dans le travail scientifique dans les conditions devenues normales de sa pratique qui soumet à des tiers professionnels la critique sans concessions des publications dans les revues à comité de rédaction
  • le fait que les modèles convergent sur les points clefs à horizon 2100 même si les fourchettes de résultat dont encore importantes (voir l’article sur la sensibilité climatique)
  • le fait que sur des horizons plus courts d’une vingtaine d’années où ce qui compte en matière de GES ce sont les émissions passées et non les hypothèses sur les émissions futures les convergences sont encore plus fortes
  • le fait que les fourchettes de résultats sont stables depuis les débuts de la modélisation (et compatibles avec les estimations faites « à la main »)

Cette confiance globale ne doit évidemment pas être confondue avec une capacité de prévision précise des modèles à une échelle temporelle ou géographique (du type quelle température fera-t-il en 2035 en France), qui aujourd’hui n’est pas encore accessible. Elle permet de fonder une politique climatique de réduction des émissions de GES et d’estimer l’ampleur de la marche à franchir (la réduction par 2 ou 3 en 2050 des émissions de 1990) et c’est bien là l’essentiel.

Alain Grandjean

Sauver la reprise ou sauver le climat ?

6 décembre 2009

WASHINGTON (AFP) – 04/12/09 22:27

Climat: des experts du FMI prônent l’action, tout en appelant à la prudence

Des experts du Fonds monétaire international ont affirmé vendredi que l’économie mondiale pourrait tirer profit des actions contre le réchauffement climatique, tout en signalant que des réductions d’émissions drastiques et mal planifiées pourraient compromettre la reprise.

A trois jours du début de la grande conférence de l’ONU sur le climat à Copenhague, les experts du FMI ont estimé qu’un accord aiderait les pays les plus pauvres qui subissent les pires effets du réchauffement climatique.

« Une meilleure endurance climatique peut promouvoir la stabilité macroéconomique et réduire la pauvreté », ont ainsi souligné dans une note deux experts du Fonds, Michael Keen et Benjamin Jones.

Mais ils ont aussi appelé à la prudence, arguant qu’une hausse brutale et importante du coût des émissions de carbone, accusées d’être responsables du réchauffement, risquait de provoquer « des pressions indésirables sur les coûts de production et les revenus des ménages, et donc de réduire les perspectives de reprise ».

Lire la suite sur TV5.org

Eco2 Climat, indicateur carbone de la consommation des français au 20h de TF1 !

1 décembre 2009

Voici une bonne nouvelle : (communiqué de presse de TF1)

TF1 lance le 1er indicateur carbone de la consommation des Français : ECO2climat, en exclusivité dans le JT de 20h de Laurence Ferrari



A partir du lundi 7 décembre, jour de l’ouverture du sommet de Copenhague, le journal de 20h de Laurence Ferrari présentera un tout nouvel indicateur mensuel, élaboré spécialement pour cette occasion : ECO2climat.

Les téléspectateurs retrouvent régulièrement dans nos JT les chiffres du chômage ou encore ceux du nombre de tués sur la route, désormais, Laurence Ferrari, au moyen de cet outil unique, révèlera la quantité de gaz à effet de serre rejetée par chaque Français. Calculé chaque mois, il précise les différentes origines de ces émissions de gaz à effet de serre : chauffage, alimentation, déplacements, consommation… Un reportage viendra à chaque fois décrypter cette information à l’aide d’illustrations concrètes.

Les téléspectateurs pourront ainsi suivre, mois après mois, les évolutions et les variations de ce chiffre, en fonction des saisons naturellement mais aussi des efforts de chacun, des entreprises et des pouvoirs publics.

Développé pour TF1, ECO2climat est mensuel, exprimé en kg de co², et a pour objectif principal de montrer que chacun d’entre nous peut agir, dans sa vie quotidienne, par son comportement et ses actes d’achat, sur le réchauffement global de la planète.

Ce tout nouvel indicateur a été conçu avec le cabinet « Carbone 4 » dirigé par Jean Marc Jancovici et Alain Grandjean, polytechniciens, auteurs de nombreux ouvrages grand public, spécialistes du sujet et concepteurs du bilan carbone développé pour l’ADEME. Le calcul mensuel de cet indice sera effectué par l’Ecole des Mines ParisTech et largement détaillé sur TF1 News. Par ailleurs, les internautes pourront calculer, d’une manière simple, leur bilan carbone individuel.

La mise en place de cet indicateur est une première européenne et permet à TF1 de renforcer la qualité et la cohérence de son information sur le développement durable.

(voir également l’information sur TVmag)

EarthTrends, l’information environnementale

20 octobre 2009

Un nouveau lien important rajouté aux « liens utiles » (en bas de la colonne de gauche de ce blog)

http://earthtrends.wri.org/

Cette superbe base de données dédiée à l’environnement du World Resources Institute rassemble des tableaux de chiffres, des cartes et des données sur un très grand nombre d’indicateurs, sur tous les pays, et de manière historique.

Une référence.

La taxe carbone ? Une réussite à Boulder, petite ville du Colorado

10 septembre 2009

Pendant qu’en France, l’instauration d’une taxe carbone suscite de virulents débats, la municipalité de Boulder, dans le Colorado, vient tranquillement de doubler le montant de la sienne. Au coeur d’un pays peu sensible à l’écologie et d’une nation allergique à l’impôt, cette ville de 100 000 habitants, nichée au pied des montagnes Rocheuses, a été la première au monde à mettre en oeuvre, en 2007, une « contribution climat-énergie » locale.

Lire l’article sur Lemonde.fr

Par Grégoire Allix, envoyé spécial à Boulder (Colorado, Etats-Unis)

Taxe carbone : un moment historique

9 septembre 2009

Tribune parue dans Le Figaro le 9 septembre 2009

site de l’auteur : www.manicore.com – contacter l’auteur : jean-marc@manicore.com

***

« Une taxe carbone ? Pouah, une taxe ! ». Ainsi aurait sûrement parlé Jacquouille dans « Les Visiteurs à Bercy », tellement cette idée semble particulièrement incongrue dans la conjoncture actuelle. En fait, le débat a surtout particulièrement mal démarré dans une classe politique encore trop peu à l’aise avec les enjeux.

Il est évident que les apparences sont trompeuses : pourquoi diantre Nicolas Hulot irait-il risquer sa réputation d’homme le plus sympathique du pays s’il n’était profondément convaincu que c’est avec la promotion de cette fameuse taxe qu’il méritera le mieux – peut-être avec retard ! – l’estime que la population lui porte ?

Au début de l’affaire, il y a un constat simple : l’énergie est par définition la grandeur qui accompagne tout changement dans le monde physique. Il n’y a donc pas d’activité humaine – et a fortiori d’activité économique – sans énergie, dont l’histoire montre qu’elle joue un rôle central dans l’évolution des peuples. La crise de 2009 n’est que la conséquence logique de la hausse du pétrole entre 2000 et 2008, qui est venue faire vaciller un endettement qui autrement serait passé comme une lettre à la poste. Dans le monde, cette énergie vient essentiellement du pétrole (35%), du gaz (20%), et du charbon (25%). Or selon Shell, Total, ou l’Agence Internationale de l’Energie, le plus probable pour les 20 prochaines années est un approvisionnement pétrolier et gazier de plus en plus incertain : le déclin de la production pétrolière commencera d’ici 5 à 15 ans, et il en ira de même pour le gaz 5 à 10 ans après (et le charbon 40 ans après). Tout notre système socioéconomique reposant aujourd’hui sur l’énergie abondante et à bas prix, une telle évolution dans un monde non préparé menace du premier au dernier lecteur de ce journal, du Lillois au Marseillais, du chômeur au cadre : ce n’est pas juste un problème de riches.

Puis vient le climat. 5°C d’élévation de la moyenne planétaire, c’est ce qui s’est passé lors du passage de l’ère glaciaire (France incultivable, Grenoble sous la glace, mer plus basse de 100 mètres) à l’époque que nous connaissons actuellement. Sauf qu’en provoquant une telle transition en un siècle au lieu des 10.000 ans au moins que cela prend « naturellement », nous appliquerons à 9 milliards d’hommes sédentaires une telle déstabilisation (pénuries alimentaires, maladies, destructions d’infrastructures, exodes, guerres, etc) que la démocratie, l’espérance de vie et la paix n’y résisteraient probablement pas.

Eloigner cette double menace, probablement un peu plus gênante que de payer son essence ou son gaz plus chers, là est toute la finalité de la taxe carbone, ou contribution énergie climat. La hausse de prix délibérée permettra d’éviter ou d’anticiper les difficultés qui nous attendent. Le mécanisme n’est pas nouveau : augmenter le prix des cigarettes fait baisser la consommation, et majoritairement les Français le comprennent. Mais ce que mes concitoyens sous-estiment encore, c’est la gravité et l’imminence du problème. Ainsi, 2/3 des Français pensent qu’ils font déjà assez d’efforts pour économiser l’énergie. Or l’objectif à atteindre, tant pour des raisons climatiques qu’énergétiques, est de diviser par 4 la consommation de pétrole et de gaz par individu en 20 à 40 ans. A l’évidence, cet objectif ne sera pas atteint en se limitant aux efforts actuels, ou en taxant juste les « riches ». Par contre, ne pas l’atteindre fera d’abord souffrir les moins riches, au travers des crises et déstabilisations qui en seront la conséquence.

Tous ceux qui ont pris le temps de se pencher en détail sur le problème convergent sur la solution. En 15 jours – du jamais vu ou presque sur un sujet fiscal – les membres de la Commission Rocard, mêlant experts, représentants d’entreprises, syndicalistes, consommateurs, pouvoirs publics, politiques, qui avaient tous en commun une connaissance minimale du contexte pétrolier et climatique, ont débouché de manière unanime sur la préconisation d’une mesure (la fiscalité), d’un horizon de temps (dire ce que l’on va faire sur 20 ans), d’une progressivité (passer de 32 à 100 euros la tonne de CO2, voire plus s’il le faut), et d’une règle de gestion (n’exonérer personne et aider les plus touchés autrement).

Seule l’affectation est restée en débat. Elle n’est pas toute la mesure, mais pourtant elle conditionne son acceptabilité sociale : 2/3 des Français sont opposés à la taxe carbone… sauf en cas de restitution partielle aux ménages (dont la forme peut se discuter), auquel cas plus de la moitié devient favorable ! C’est bien le signe qu’il y a moyen de trouver un chemin, pour le plus grand bénéfice de tous. Une solution serait de pérenniser une forme de commission Rocard, pour garantir dans le temps qu’il n’y aura pas de dévoiement. L’irruption du carbone dans la fiscalité ordinaire est un rendez-vous historique. Ne le ratons pas.

Changements climatiques dangereux pour la Grande-Bretagne.

19 juin 2009

« Confronté à un avenir ponctué de vagues de chaleur et d’inondations, le Royaume-Uni doit agir sans attendre, tant sur les causes que sur les conséquences du changement climatique »
Hilary Benn, Secretary of State for Environment, Food and Rural Affairs

Le gouvernement britannique est très inquiet, la science annonce des changements climatiques dangereux pour la Grande-Bretagne.
Montée des eaux, pluviométrie déréglée, hausse de la température, voici l’explication de H Benn :

Pour lire la synthèse en français :
http://alaingrandjean.fr/documents/UKCP_launch_national_edit_FR.pdf

Pour plus d’informations (en) :
http://www.defra.gov.uk/news/latest/2009/climate-0618.htm
http://ukcp09.defra.gov.uk/content/view/16/6/index.html