Affligeant : une analyse du sommet de Bruxelles qui dénonce la seule proposition qu’il faut pousser : le recours à la création monétaire par la BCE

Terra Nova vient de publier une note rédigée par Guillaume Hannezo[1] : « Sommet européen du 26 octobre : une digue européenne face au tsunami financier »

Cette note très synthétique  comporte des éléments d’analyse intéressants mais concentre sa critique de la position française dans la négociation ayant précédé  ce sommet sur ce qui me semble au contraire mériter un coup de chapeau. La France a en effet proposé que le FESF devienne une banque et puisse ainsi avec 250 mds de capital disponible, acheter 2 000 milliards d’obligations d’Etat avec des fonds fournis par la banque centrale.

Guillaume Hannezo écrit : « La technique utilisée permet d’éviter le recours à la monétisation, que la France n’aurait pas du demander car elle n’est pas du ressort du Conseil européen, mais du conseil des gouverneurs, qui décideront en toute indépendance du réglage de la masse monétaire, comme le prévoit le Traité. »

Il fait appel à trois arguments aussi faibles l’un que l’autre pour justifier cette critique :

  • l’absence de recours à la création monétaire par la BCE serait au cœur de l’identité allemande  traumatisée par 2 épisodes d’hyper inflation.

Que nos partenaires allemands attachent de l’importance au dispositif central du traité de Maastricht est une évidence. Et qu’ils soient issus d’expériences  douloureuses également. Que cela suffise à ne pas proposer une modification de ce dispositif en pleine crise européenne ne s’en déduit pas du tout.

Nos intérêts ne sont pas alignés sur les intérêts allemands avec lesquels nous avons des marges de négociation. Mais surtout comme le FESF devait être « démultiplié » c’était la moins mauvaise des solutions. Le recours au financement par la Chine sera soumis à des conditions autrement douloureuses au plan social et écologique. J ‘y reviendrai.

  • ce serait contraire à l’Etat de droit, puisqu’interdit formellement par le TUE. (Traité sur l’Union Européenne)

D’une part le TUE est vidé de son contenu du fait de multiples écarts à son esprit et à sa lettre (les critères de Maastricht ne sont pas respectés et la Banque Centrale rachète des titres d’Etat). En particulier l’aide négociée au sommet est elle aussi contraire au Traité qui interdit cette solidarité (par son article 125 connu sous le nom de clause de no bail out[2]).

D’autre part ce traité va être renégocié. C’est donc  le moment ou jamais de faire des propositions nouvelles.

Enfin je ne suis pas sûr qu’un traité qui a été voté dans l’inconscience des citoyens de ses conséquences (savaient-ils qu’il transformait la doxa monétariste en principe intangible ?)  puis qui a reçu un désaveu lors du vote négatif au projet de Constitution Européenne, ait un poids démocratique très élevé…

  • enfin Guillaume Hannezo évoque un argument qui ne mériterait qu’un haussement d’épaule s’il n’était pas malheureusement pris au sérieux par de nombreux citoyens.
    «  D’un point de vue allemand, faire financer par la planche à billets les déficits budgétaires, c’est-à-dire faire acheter par la banque centrale les émissions obligataires nouvelles des Etats, c’est exactement ce que fait Robert Mugabe, ou les autres Etats impécunieux d’Afrique. Autoritarisme politique, laxisme économique, inflation de la masse monétaire : mauvais souvenirs. »

Notre auteur sait bien et rappelle que les USA et la Grande-Bretagne monétise des déficits budgétaires.  Mais, dit-il, en toute indépendance et pour assurer la liquidité de l’économie. C’est évidemment une contre-vérité. Les opérations de quantitative easing ont bien d’autres objectifs. Au fond tout en s’en défendant « nous ne sommes pas des ayatollahs du monétarisme » , il s’en fait l’apôtre  zélé. Affligeant !

Alain Grandjean


[1] Guillaume Hannezo, 48 ans, est associé gérant de Rothschild et cie. Ancien élève de l’ENS et de l’ENA, inspecteur des finances, il a été conseiller technique au cabinet de Pierre Beregovoy, puis conseiller économique à l’Elysée sous Francois Mitterrand. Directeur financier des AGF (93/97),puis de la Compagnie générale des eaux/Vivendi universal (97/2002),il crée en 2003 une « boutique » de conseil en fusions acquisitions (FDR finance),intégrée depuis 2007 dans la banque Rothschild . Guillaume Hannezo est par ailleurs vice Président du conseil de surveillance de Libération et membre fondateur des Gracques

[2] Voir par exemple http://www.telos-eu.com/fr/article/l_ue_a_t_elle_le_droit_de_renflouer_la_grece

Dossier « Investir dans un monde plus juste et plus beau » – la Revue Durable

Je vous partage cette annonce parce que la Revue Durable est un support d’excellente qualité, trop méconnu que je recommande vivement. Alain Grandjean


« Investir dans un monde plus juste et plus beau« , le numéro 40 de LaRevueDurable (décembre 2010 – janvier 2011) est paru

Plus de 1000 milliards de dollars pour maintenir les banques à flot. Plus de 3000 milliards de dollars pour relancer l’économie. Des Etats endettés jusqu’au cou. Une crise sociale et morale de première grandeur. Des déséquilibres écologiques sans précédent. Un climat au bord de la rupture. La génération présente est en train de léguer à ses enfants une maison criblée d’hypothèques, vermoulue, ouverte à tous les vents, exposée aux intempéries d’un climat déréglé, impossible à chauffer et à éclairer par manque de combustible.

Ce quarantième dossier de LaRevueDurable donne des clefs pour récupérer l’argent là où il est et l’orienter pour construire un monde plus juste et plus intelligent. Comme toujours, ces solutions existent déjà et ne demandent qu’à être soutenues. Elles sont institutionnelles et individuelles, pratiques et organisationnelles, intelligentes et enthousiasmantes, souvent très simples… humaines avant tout. A signaler, une interview d’Eva Joly sur les liens entre finance et écologie.

Le contenu détaillé de ce dossier figure dans le sommaire ci-joint.

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A Grenoble, aux Assises sur l’énergie et le climat du mardi 25 au jeudi 27 janvier 2011 :  http://www.assises-energie.net
A Lyon, au Salon Primevère du vendredi 11 au dimanche 13 mars 2011: http://primevere.salon.free.fr

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La destruction de l’environnement est une aberration économique

Les résultats d’une étude commandée par l’Union européenne et soutenue par le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement) sont sans appel : l’érosion de la biodiversité représente un coût évalué entre 1.350 et 3.100 milliards d’euros par an.

C’est une étude essentielle. Pavan Sukhdev (voir vidéo ci-dessous) est responsable du TEEB (The Economics of Ecosystems & Biodiversity). Il exprime l’impératif économique de la préservation de la nature.

Investir quelque 45 milliards de dollars par an dans le développement des zones protégées sur terre et en mer permettrait d’assurer des bénéfices de l’ordre de 4 à 5.000 milliards de dollars par an après quelques dizaines d’années. Et dépenser des milliards pour protéger la diversité de la vie animale et végétale permettrait un retour sur investissement cent fois supérieur sur le long terme.

Le rapport final exprime des solutions simples :

- créer des mesures précises de la valeur des services de la biodiversité et des écosystèmes, ainsi que des conditions qui les permettent. (C’est à dire fournir aux décideurs des informations pertinentes relatives au capital naturel)

- intégrer ces données dans les comptes macro-économiques et sociétaux des états. Cela revient aux initiatives visant à améliorer ou compléter le PIB. (Par exemple les travaux de la Commission Stiglitz -voir ici- ou l’initiative internationale Beyond GDP)

- investir dans le capital naturel (Changement climatique, infrastructures écologiques, zones protégées, écosystèmes dégradés)

- améliorer la distribution des coûts et des bénéfices de la protection du capital naturel (C’est le sujet clef. Voir p 31 du rapport ci-après).

Malheureusement, le rapport n’est disponible qu’en anglais.

La carte des conséquences de plus de 2°C de réchauffement

(copie du communiqué de presse du 24/10/09 de l’ambassade de Grande Bretagne. Pour en savoir plus.)

Une hausse de 4 degrés de la température aurait des conséquences dramatiques pour la planète

Le gouvernement britannique a presenté aujourd’hui une carte illustrant les conséquences planétaires si nous devions échouer à maintenir le changement climatique en deçà de 2 degrés. Le document montre quelques unes des conséquences possibles sur l’activité humaine ; il souligne les terribles effets sur l’accès à l’eau, le rendement agricole, les températures extrêmes, la sécheresse, les risques de feux de forêts et la montée du niveau de la mer. En Europe, nous subirions les effets de la raréfication de l’eau potable et en même temps de la hausse du niveau de la mer. Nous subirions également des périodes de sécheresse, des feux de forêts, des vagues de chaleur et des orages. Ces phénomènes seraient toujours plus fréquents et plus intenses.

A 45 jours des négociations sur le climat à Copenhague, les ministres britanniques déploient tous les efforts nécessaires afin de parvenir à un accord le plus ambitieux possible qui permettrait d’éviter ces consequénces désastreuses.

Lancée au musée des sciences de Londres par David Miliband, ministre des Affaires étrangères, Ed Miliband, ministre de l’Energie et du climat, et le Professeur John Beddington, la carte met en évidence les principales conséquences d’une hausse de la température de 4 degrés Celsius par rapport à la moyenne de l’ère pré-industrielle. David Miliband a déclaré : « Nous ne pouvons pas vivre dans un monde dont la température moyenne aurait augmenté de 4 degrés. Cette carte illustre clairement l’ampleur du défi à relever – le changement climatique est un problème mondial qui appelle une solution à l’échelle mondiale et cette solution est à notre portée. Mais pour s’attaquer au problème du changement climatique, nous tous – ministres des affaires étrangères, de l’environnement, du trésor, de la défense et autres agences gouvernementales et de la société civile – devons travailler ensemble pour maintenir la hausse de la température moyenne mondiale en deçà de 2 degrés. C’est la seule façon pour réduire les immenses risques sécuritaires qui seraient induits par une hausse de 4 degrés. »

La simulation démontre qu’une hausse moyenne de la température de 4 degrés ne serait pas uniforme. Les terres se réchaufferaient plus que les océans et les lattitudes élevées subiraient également des hausses plus importantes. La température serait en moyenne de 5,5 degrés supérieure aux niveaux de l’ère pré-industrielle. On prévoit que les rendements agricoles baisseront dans toutes les régions de production. Avec 4 degrés de plus, la moitié des glaciers de l’Himalaya auront grandement fondu d’ici à 2050, privant ainsi 23% de la population chinoise de la source essentielle de l’eau provenant de la fonte des glaces en saison sèche.

Ed Miliband, ministre de l’Energie et du changement climatique a déclaré : « Cette carte montre que les enjeux des négociations de Copenhague en décembre sont immenses. Les scientifiques du Royaume-Uni qui ont travaillé à son élaboration ont contribué à illustrer les effets catastrophiques qui ne manqueraient pas de découler d’un échec à limiter la hausse de la température mondiale à 2 degrés. A moins de 50 jours de la fin des négociations, le Royaume-Uni déploie tous les efforts nécessaires pour convaincre le monde de relever ses ambitions afin de parvenir à un accord qui nous protègera d’un monde où la température augmenterait de 4 degrés. »

Vicky Pope, chef du service de Conseil sur le changement climatique au Met Office a déclaré: « Si les émissions se poursuivent au rythme actuel, la température moyenne sur terre pourrait augmenter de 4 degrés celcisus d’ici à la fin du siècle voire beaucoup plus tôt. La science nous dit que cela aurait des conséquences graves sur tous les pays de la planète, c’est pourquoi nous devons agir sans attendre pour réduire nos émissions et ainsi tenter d’éviter les risques de pénuries d’eau et de nourriture ».


Le climat a besoin d’une taxe carbone

Une longue interview de la Revue Durable m’a permis d’exprimer mes positions sur la taxe carbone, la fiscalité écologique et ses enjeux.

J’en profite pour vous conseiller ce bimestriel de qualité. Ils sont sérieux, engagés et professionnels. Ils prennent le temps d’exprimer les idées et leurs dossiers sont toujours très bien documentés.

Pour en savoir plus, voici ce qu’ils disent d’eux-mêmes sur leur site.

Cliquez pour aller sur le site de la Revue Durable

Voici des morceaux choisis de cette interview (Parue dans La Revue Durable no 35, septembre-novembre 2009) :

LRD : Est-il impératif de taxer le carbone pour lutter contre le changement climatique ?
AG : Il me paraît essentiel d’insister très lourdement sur le besoin de mettre un prix sur les émissions de CO2, car cela n’est pas évident pour tout le monde. Il y a des gens qui, pour des raisons idéologiques, pensent qu’il ne faut jamais donner de prix à la nature, qu’il soit positif ou négatif. Je pense au contraire que sans contrainte économique, l’être humain n’est pas dissuadé de polluer. Et un système économique qui ne dissuade pas de polluer risque de générer un énorme sentiment d’injustice, car même s’ils se fondent sur une forte éthique personnelle, ceux qui font des efforts pour ne pas polluer n’accepteront jamais l’idée que les pollueurs ne sont pas sanctionnés.

Pour que le prix du CO2 puisse orienter les choix des industriels et les actes de la vie courante, il faut qu’il soit suffisamment lourd pour être dissuasif.

LRD : Mais un prix « lourd » ne peut pas être instauré du jour au lendemain.
AG : Bien sûr ! L’imposer trop vite ferait exploser le système. Pour ne pas contraindre des entreprises à déposer le bilan et épargner les ménages défavorisés, ce prix sur le carbone doit être mis en place à un niveau de départ assez bas, puis croître en permanence.

LRD : Concrètement, que propose la Fondation Nicolas Hulot ?
AG : Nous soutenons la proposition de la Commission Quinet4, qui recommande de partir avec un prix de 32 euros la tonne de CO2 en 2010 pour monter à 56 euros en 2020, 100 euros en 2030, 200 euros en 2050. Cette taxe s’appliquerait aux énergies fossiles : gaz, pétrole et charbon. Nous sommes en revanche très hostiles à l’idée de taxer le contenu en carbone des produits. Savoir combien de carbone il y a dans une fraise, c’est possible, mais cela prend du temps et ce contenu en carbone bouge… Or, il y a des millions de produits.

Certes, ce que nous proposons ne prend pas tout en compte. Il faudra s’attaquer rapidement par un mécanisme complémentaire au méthane et à l’oxyde nitreux issus de l’agriculture et de l’éructation des bovins, par exemple. Mais il faut agir vite, et dès lors faire avec ce qui est disponible. Pour l’administration, on sait faire : tous les pays européens taxent les combustibles. Le problème principal sera de garantir la croissance de la taxe : il est juridiquement beaucoup plus difficile de mettre en place un prélèvement qui croît qu’un prélèvement stable.

LRD : Cette taxe ne ferait-elle pas doublon avec le système européen des quotas, qui met déjà un prix sur le carbone ?
AG : Le système des quotas s’adresse aux grandes entreprises très intensives en carbone dans quelques secteurs : l’électricité, l’acier, le ciment, le verre, le papier et bientôt le transport aérien. Au total, il ne couvre, au niveau européen, que 50 % des émissions de CO2. En France, 30 % des émissions. Lorsque je me chauffe ou que je roule en voiture, par exemple, je ne suis soumis à aucune contrainte économique liée à la pollution que j’engendre.

LRD : Un autre sujet de discussions avec la taxe, c’est la redistribution de ses revenus.
AG : Sur ce point, nous proposons d’instaurer une allocation universelle climat pour les ménages. Idéalement, il faut garder la taxe jusqu’à la fin des temps, mais l’allocation doit être provisoire, le temps de permettre à chacun de s’adapter. Si les gens savent que la taxe est là pour rester, mais pas l’allocation, ils prendront toutes les dispositions pour diminuer leur charge fiscale carbone.

Aujourd’hui, par exemple, les gens emménagent sans considération du prix énergétique de la localisation du logement. Avec un système qui pénalise de plus en plus la consommation de carburant fossile, on fera beaucoup plus attention à ce paramètre. Il faut laisser l’allocation le temps que la transition sociale s’effectue – cinq ou dix ans –, car cela prendra du temps.

LRD : Mais tout le monde ne va pas déménager en cinq ou dix ans. Et les pouvoirs publics n’ont pas les moyens de revoir la configuration des agglomérations dans un laps de temps aussi court.

AG : La pression sur les ressources s’accélère, elle aussi, inéluctablement. Il faudra peut-être recourir à de grands travaux, comme lors du New Deal, solution que nous évoquons avec Jean-Marc Jancovici dans C’est maintenant ! Ce point sera soulevé à l’occasion du grand emprunt national.

Pour la CFDT, la taxe carbone est un « premier pas important pour le climat »

Le contenu du communiqué de la CFDT exprime bien l’avancée qu’est la taxe carbone, ainsi que les conditions par lesquelles cette contribution climat énergie est une bonne chose :

logo-cfdt

« 

Taxe carbone, un premier pas important pour le climat (Déclaration de Marcel Grignard, secrétaire général adjoint de la CFDT)

La décision prise par le Président de la République de mettre en place une taxe carbone est un premier pas important pour assurer un avenir aux générations futures.

Avec les autres parties prenantes du Grenelle de l’environnement (syndicats, employeurs, ONG…), la CFDT a soutenu le principe d’une contribution climat énergie qui incite à une modification des comportements des entreprises et des citoyens pour réduire les émissions de CO2 et s’orienter vers une économie plus respectueuse de l’environnement et des besoins humains.

La taxe carbone doit être socialement équitable Le principe d’un remboursement forfaitaire avec baisse ou crédit d’impôt va dans ce sens. Il devra s’accompagner d’une réforme profonde de la fiscalité incluant la suppression du bouclier fiscal.

Il faudra des compensations complémentaires pour une équité globale prenant en compte les contraintes particulières (isolement géographique, horaires atypiques…).

Le débat difficile sur le niveau de la taxe, finalement tranché très en-deçà de la recommandation de la Commission Rocard, ne doit par faire oublier l’essentiel.

Les changements de comportement ne sont possibles que s’ils sont très largement acceptés par la population. Ce sont les modalités (critères, rythmes, niveaux) de progression de cette taxe qui en feront soit un véritable outil partagé de changement de société, soit une annonce à la portée trop limitée.

Cette décision de la France doit entraîner une politique européenne et un compromis positif au sommet de Copenhague.

© CFDT (mis en ligne le 11 septembre 2009)
 »

Consulter le communiqué de presse n°70 du 11 septembre 2009 sur le site de la CFDT.

L’Ultimatum Climatique

 En vue de la conférence climat internationale de Copenhague, la FNH s’est associée à 10 autres organisations œuvrant dans les domaines environnementaux, mais aussi de la solidarité internationale, l’urgence humanitaire ou la défense des droits de l’homme (voir la liste en fin de post).
Ensemble, ces 11 ONG ont lancé en mai un appel à Nicolas Sarkozy pour qu’il influe sur la position qui sera défendue par l’Union Européenne à Copenhague et que l’accord signé en décembre soit réellement historique.
Cet appel se nomme « l’Ultimatum Climatique » et son objectif est de rassembler 1 million de signatures d’ici décembre (il y en a environ 140 000 pour l’instant)

Je vous invite donc à signer l’appel sur le site suivant:
www.copenhague-2009.com

La vidéo de l’appel : 

 Texte de l’ultimatum climatique

Monsieur le Président,

Au mois de décembre de cette année se tiendra à Copenhague le Sommet de l’ONU sur le climat. Confrontés au péril climatique, les dirigeants du monde entier devront parvenir à surmonter leurs divergences d’intérêts de court terme pour se rassembler autour d’un projet politique mondial fondé sur un constat scientifique objectif et ainsi donner une suite au protocole de Kyoto qui soit à la hauteur des enjeux que nous allons devoir tous ensemble affronter dans les décennies à venir. Le résultat de cette conférence dessinera l’avenir climatique de l’humanité. Or comme le rappelait il y a un an le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon, « nous sommes au bord d’une catastrophe si nous n’agissons pas ».

Acteurs reconnus de la protection de l’environnement, des droits humains et de la solidarité internationale, conscients des responsabilités qui sont les nôtres, nous avons décidé pour la première fois de parler d’une seule voix pour vous exprimer publiquement notre préoccupation et vous appeler à agir avec ambition et détermination lors de la Conférence de Copenhague. Au regard de l’ultimatum climatique auquel l’humanité est confrontée aujourd’hui, Monsieur le Président, vous aurez rendez-vous avec l’Histoire en décembre 2009.

Le réchauffement du système climatique est sans équivoque. L’activité humaine en est la cause. Ses impacts se font déjà ressentir en différents points du globe, notamment par la multiplication des catastrophes climatiques. Si nous n’agissons pas maintenant, ils seront sans aucun doute encore plus dévastateurs. C’est le constat sans appel de 2 500 scientifiques du monde entier qui ont reçu collectivement le Prix Nobel de la Paix en 2007 pour leurs travaux sur le phénomène des changements climatiques. Depuis, de nouveaux éléments scientifiques montrent, chaque jour, que le climat se dérègle au-delà des prévisions les plus pessimistes, avec des conséquences bien plus précoces que prévues et d’ores et déjà visibles.

S’il est encore difficile d’évaluer avec précision l’amplitude des impacts, le danger est en revanche déjà certain. Ecosystèmes ravagés, variabilité climatique extrême, hausse du niveau des océans… : les premières victimes de ces catastrophes en chaîne sont les populations déjà vulnérables en Afrique subsaharienne, en Asie centrale, du Sud Est ou dans de nombreux pays insulaires. La sécurité alimentaire, l’accès à l’eau ou à la terre sont gravement menacés et des centaines de millions de personnes risquent d’être poussées à l’exode, grossissant les rangs de ceux que l’on nomme les « réfugiés climatiques ». Dans un monde de crises, nous craignons que la guerre, l’autoritarisme, les inégalités, la misère  et la souffrance humaine prennent encore un peu plus le pas sur la paix, la dignité humaine et la démocratie.

L’urgence climatique nous commande donc d’agir à la hauteur des périls qui sont devant nous. Nous maîtrisons déjà la plupart des technologies nécessaires pour relever le défi d’un mode de développement qui intègrerait à sa juste mesure l’impératif climatique. De plus, cette rupture avec un modèle de développement hérité d’un passé révolu recèle des opportunités d’économies, d’emplois et d’innovations considérables. Encore faut-il que nous prenions la décision politique de le faire.

Tout d’abord, il faut impérativement parvenir à stopper la croissance des émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici à 2015 avant de les faire décroitre. C’est la seule voie pour limiter le réchauffement des températures bien en-dessous de 2°C, seuil au-delà duquel la capacité à s’adapter de nos sociétés et des écosystèmes est menacée. Pour ce faire, Les pays industrialisés, dont la France, doivent s’engager collectivement à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40% d’ici à 2020 par rapport à 1990.
Mais cela ne sera pas suffisant. Les pays en développement doivent, eux aussi, mettre en place les politiques industrielles, énergétiques et agricoles qui limiteront la croissance de leurs émissions avant de les réduire, sans compromettre leur légitime aspiration au développement économique et social. L’accord de Copenhague devra permettre à ces pays d’évoluer vers des modèles sobres en carbone. Il devra aussi leur permettre de s’adapter aux conséquences inévitables du changement climatique.

Pour nombre d’entre eux, en particulier les plus vulnérables, ces actions ne pourront se faire sans le soutien financier et technique des pays industrialisés. Les besoins d’ici à 2020 sont évalués à plus de 100 milliards d’euros par an. C’est moins de 10% des dépenses militaires mondiales.

Responsables de la majorité des émissions de gaz à effet de serre aujourd’hui dans l’atmosphère, munis de capacités d’action plus fortes, les pays industrialisés portent la responsabilité morale, légale et économique de mener le combat contre le dérèglement du climat. Monsieur le Président, vous vous devez de prendre la tête de ce combat qui est sans aucun doute l’enjeu de ce siècle. Notre avenir commun dépendra dans deux cents jours des choix politiques qui seront faits.

Serge Orru, WWF-France
Pascal Husting, Greenpeace France
François Danel, Action contre la Faim
Olivier Braunsteffer, Care France
Souhayr Belhassen, FIDH
Nicolas Hulot, Fondation Nicolas Hulot
Anne Bringault, Les amis de la terre
Michel Bruguière, Médecins du Monde
Luc Lamprière, Oxfam France Agir Ici
Sandrine Mathy, Réseau Action Climat
Michel Roy, Secours Catholique

Le syndrome du Titanic

Un film de Nicolas Hulot à paraître très prochainement…
A voir et à revoir.

Plus d’infos sur ce film

Sarko coupe le carbone en deux (« C dans l’air », 11/09/09)

Merci à Yves Calvi de m’avoir invité et merci à Jean Jouzel d’avoir accepté ce debat.
Nos interlocuteurs avaient manifestement peu de connaissances sur le dossier scientifique et pas beaucoup sur le dossier fiscal. J’espère que les téléspectateurs s’y sont retrouvés…
J’ai été parfois un peu trop « tonique »…l’exercice me m’est pas habituel.
Merci à ceux qui m’ont fait des retours et qui nous permettent de mieux apprécier les informations à clarifier.

Visuel d'Alain Grandjean dans l'émission "c dans l'air". Cliquez pour voir l'émission

Visuel d'Alain Grandjean dans l'émission "c dans l'air". Cliquez pour voir l'émission

La section d’information du gouvernement consacrée à « C’est maintenant »

La section d’information du gouvernement a consacré le numéro 360 (Juin 2009) de « Livres d’actualité »* à l’ouvrage : « C’est maintenant, trois ans pour sauver le monde », de Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean.

Voici les notes de lecture qu’ils proposent :

* = Livres d’actualité présente, chaque mois, un certain nombre de notes de lecture d’ouvrages apportant un éclairage sur les mouvements d’idées, les tendances qui se dessinent en ce début de XXIe siècle.