Sortir du nucléaire en France : à quel prix ?

13 mai 2011 - Posté par Alain Grandjean - ( 32 ) Commentaires

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General view of the Areva nuclear power plant site in Tricastin

Fukushima a relancé le débat. Faut-il sortir du nucléaire ? Pour le président de la République, ce serait « se couper un bras ». Et surtout rendre notre électricité beaucoup plus coûteuse, alors qu’elle serait moins chère de 35% (Une comparaison Eurostat montre que pour les clients résidentiels consommant entre 2500 et 5000 kWh le tarif est inférieur de 33% au reste de la zone Euro) par rapport à la moyenne européenne.

Les français sont-ils prêts à payer le prix d’une sortie du nucléaire? Mais d’abord peut-on évaluer ce prix ? Cette note a pour but de montrer comment se pose cette question difficile. Elle est aussi faite pour ouvrir la discussion. Merci aux lecteurs de relever des erreurs éventuelles dans les chiffres ou dans les raisonnements proposés et/ou de m’indiquer des sources fiables sur ce sujet central. Merci à mes premiers relecteurs qui m’ont déjà permis de limiter la casse, sans que leur responsabilité soit engagée sur la version présente !

Notre comportement en matière énergétique est facile à comprendre : c’est celui d’un passager clandestin qui souhaite profiter du voyage sans en payer le prix. Edison eut l’idée de sortir les lampes à suif polluantes et malodorantes des maisons pour les remplacer par des ampoules propres. La pollution disparut comme par enchantement… du regard et du nez des habitants, pas de la planète. Il fallait bien produire l’électricité, et les centrales à charbon n’ont jamais été un modèle de propreté… ((A service d’éclairage rendu équivalent elles sont quand même plus propres que les lampes à suif ; mais la pollution résiduelle, non nulle, sans parler du CO2, est complètement externalisée. Dans de nombreux cas elle est même délocalisée !))

Depuis nous demandons tous de pouvoir consommer toujours plus d’électricité et d’énergie. Mais luttons pour ne pas payer l’addition : rien ne doit se faire à côté de chez nous. Pas sa production (pas de centrale, ni de gaz de schistes dans mon jardin, ni d’éolienne sous mes yeux), pas son stockage (pas de tankers à gaz dans mon port) pas son transport (pas de lignes électriques à côté de chez moi).

Et nous voulons en plus qu’elle ne nous coûte rien ou pas grand-chose. L’homme politique qui ne promet pas de tout faire pour éviter les hausses prend un risque considérable face à ses électeurs.

En un mot, nous rêvons d’une énergie propre et gratuite, qui malheureusement n’existe que dans les contes pour enfants. Même le solaire nécessite des capteurs et des installations diverses ; et si le soleil donne son énergie gratuitement, les installations en question ne sont, elles, ni gratuites ni totalement propres.

Dans ce contexte, il est prudent, si l’on veut vraiment sortir du nucléaire de bien en peser les enjeux. Sinon il est à craindre que les « solutions » de remplacement ne soient pas plus acceptées que le nucléaire. Les désillusions pourraient être amères. Qui va payer quoi ? Et qui va gagner quoi ?

Ces questions se posent sur deux plans : d’abord celui des coûts monétaires. Comment va évoluer le tarif de l’électricité avec ou sans nucléaire ? Puis celui des autres coûts pas forcément intégrés dans la facture du consommateur (comme les conséquences du changement climatique, le risque de rupture d’approvisionnement d’énergie, le risque d’accident majeur et sa couverture assurantielle, les pollutions locales de toutes sortes). Je ne vais évoquer ici que le premier sujet.

Parlons argent

Aujourd’hui les ménages français achètent l’électricité environ 13 c le kWh TTC , soit 130 euros le MWh ((Une augmentation d’un euro le MWh (qui sera notre unité de raisonnement dans la suite) c’est donc une augmentation de 0,1 centime d’euros le kWh)) . Pour un logement chauffé à l’électricité la consommation moyenne d’électricité totale (Chauffage, eau chaude sanitaire et électricité spécifique) est de 11 MWh (11 000 kWh); la facture est donc en moyenne est de 1400 euros . Pour une maison chauffée autrement elle est de 3 MWh soit une facture annuelle de 400 euros.

Les tarifs européens comparables sont en moyenne de 17 c le kWh TTC (voir annexe).  Le tarif français est bien inférieur de 25 % à la moyenne européenne ((Mais les écarts sont aussi liés à des différences fiscales. Et une analyse plus approfondie est à faire pour la question de la compétitivité qui concerne les tarifs aux entreprises. Voir par exemple http://www.leblogenergie.com/2010/11/index.html)) qui lui est donc bien supérieur d’un tiers !

Au total en 2010 la France a produit 551 TWh (551 milliards de kWh) et les Français en ont consommé 475 (pertes et pompage 44 TWh, Export 31 TWh) ce qui représenterait pour les entreprises et les ménages une facture de consommation de l’ordre de 45 milliards d’euros ((En gros la consommation résidentielle à 130 euros le MWh représente autant que l’industrie et tertiaire, qui achètent leur électricité en moyenne à 65 euros le MWh, l’export étant plutôt à 55.)) et pour la France des exportations nettes de l’ordre de 2 milliards ((Sur la base d’un prix de vente de 55 euros le MWh)) .

Le tarif aux consommateurs résidentiels est réglementé et décidé par les pouvoirs publics. Il se décompose en trois paquets, le coût de production de l’électricité (51 euros le MWh) le coût de transport et distribution (42 euros le MWh) et les taxes (37 euros le MWh), y compris récente hausse de la CSPE.

 

Source : http://www.developpement-durable.gouv.fr/Principes-generaux-de-construction.htmlcout-megawatt-heure-consommateur-residentiel

Pour évaluer l’impact d’une sortie du nucléaire sur ce tarif et plus généralement sur le prix de l’électricité, il faut construire un scénario de sortie sur la durée du calendrier prévu. Il y a donc de nombreuses voies possibles. Si l’on veut sortir du nucléaire, en respectant la contrainte climatique et sans accroitre la dépendance aux fossiles ((On peut examiner des scénarios qui ne respectent pas ces deux contraintes, mais je laisse ce soin à d’autres)) il faut à l’évidence :

  • procéder à un effort massif de sobriété et d’efficacité dans la consommation d’électricité,
  • développer les énergies renouvelables
  • développer les capacités de stockage de l’électricité et de gestion de la pointe
  • et plus généralement la capacité de gestion de l’intermittence via les « réseaux intelligents »

La réduction massive de la consommation d’électricité contraint considérablement les solutions pour les autres usages des énergies fossiles dont nous dépendons (mobilité et industrie). Si l’on veut réduire notre dépendance au pétrole en particulier l’une des voies de solution est de recourir à l’électricité. Encore faut-il avoir des moyens de production électrique décarbonés en suffisance. Cela n’a rien d’anecdotique. Un calcul d’ordre de grandeur permet de voir combien pèse le transport en « équivalent électricité ». Prenons seulement en compte les voitures individuelles et les motos qui font presque les 2/3 de la demande en carburant du secteur transport soit environ 30 MTep en France. Le même nombre de kilomètres parcourus nécessiteraient 100 TWh … Dans la suite de la note nous ne tiendrons pas compte de ce transfert. Cela suppose implicitement que du côté de la mobilité ce scénario reposerait sur un mix de solution « sobriété/transports doux/voiture hybride et basse conso ». Nous ne creuserons pas ici ce point.

Un exemple de scénario

A titre d’exemple, visons une sortie totale du nucléaire en 2050 ((Les dernières tranches 1300 et 1500 MW atteindront alors les 60 ans. Viser plus court, c’est sans doute possible mais probablement beaucoup plus compliqué, et sans doute incompatible avec une contrainte sur les émissions de CO2 du fait du niveau très bas des ENR aujourd’hui.)) . En théorie c’est possible en France, pour les volumes de production qui seront envisagés dans la suite (liés à une très forte maîtrise de la demande, rappelons-le). Il y a les espaces ventés nécessaires pour l’éolien terrestre et maritime, les surfaces de toit pour le solaire, les volumes de déchets de biomasse pour des cogénérations. En pratique ce sera plus compliqué, du fait de l’intermittence des ENR et de la difficulté de stockage de l’électricité. On essaiera de traduire cette difficulté par une hausse des coûts.

On peut imaginer une infinité de scénarios. Pour fixer les idées en voici un très tranché qui vise à horizon 2050 :

  • une réduction d’un tiers de la consommation d’électricité ((Le scénario Negawatt 2006 vise 430 TWh à horizon 2050 soit une baisse par rapport à 2010 de 16%)) , ce qui suppose d’énormes efforts dans le domaine de maitrise de la demande, et dans les autres domaines pour décarboner la mobilité et les processus industriels. Cela suppose bien sûr aussi une grande sobriété de la part des consommateurs.
  • une division par 2 de l’électricité d’origine thermique (le passage au gaz fait déjà un facteur 2 sur les émissions actuelles de CO2, relativement importantes du fait du recours au charbon en France, qui va être sorti du mix dans les prochaines années) et le développement de l’éolien, du photovoltaïque et de la biomasse à des niveaux inférieurs à leurs potentiels « techniques » (c’est-à-dire indépendamment, à ce stade du raisonnement des questions d’acceptabilité sociale),
  • une suppression de « l’exportation nette » (ce qui veut dire en moyenne autant d’import que d’export sur l’année)
  • une augmentation de la capacité des réseaux (stockage compris via des solutions à imaginer) à absorber l’intermittence et la variabilité des ENR .

Sur ce dernier point l’incertitude est forte. En dehors des stations de pompage dans les montagnes, il n’existe pas de technologie permettant de stocker massivement l’électricité à un coût « raisonnable ». Les espoirs se fondent sur des recherches en cours de stockage type air comprimé et sur la « gestion intelligente » de l’énergie, avec des déplacements fins de la demande, des stockages distribués et des compteurs communicants. Mais à ce stade l’incertitude est grande. Il n’est pas certain que cela soit faisable, le contraire ne l’est pas non plus à cet horizon de temps.

Remarque:

Autant il y a quelques années les gestionnaires de réseau affirmaient que les sources intermittentes d’électricité ne devaient pas dépasser 20% à 30% de la puissance installée ; on sait maintenant que qu’on peut franchir cette limite avec de nouvelles modalités, techniques et régulatrices, de gestion d’équilibre et selon les systèmes électriques considérés. Mais on ne peut à ce jour en donner une nouvelle limite haute ni en évaluer précisément le surcoût.

Voici comment on pourrait produire l’électricité dans un tel scénario.

 

Electricité en France :2010/2050 (TWh)
 20102050
Thermique classique6030
Thermique nucléaire4080
Hydraulique6870
Eolien terrestre10110
Eolien off shore050
PV060
Biomasse550
Pertes et pompage-44-60
Total production507310
Consommation476310
exportation-310
source: chiffres repère de l’énergie 2010 pour la colonne 2009, estimation auteur pour 2050

Quelle augmentation de la facture ? Quel serait le surcoût pour le consommateur de ce scénario par rapport à un scénario tendanciel fondé sur le remplacement progressif des centrales nucléaires et thermiques existantes par des EPR ?

Un petit tableau des coûts de production au MWh permet de faire une réponse en ordre de grandeur. Ces coûts sont évalués de la même manière que les coûts actuels, avec des taux d’actualisation de 8% ((On pourrait sans problème faire varier ce taux d’actualisation qui est retenu aujourd’hui dans les données fournies ou reconstituables. 8%, c’est en gros le cout du capital pour EDF. Ces calculs de sensibilité au choix du taux seront à faire dans un deuxième temps.)) . Les données 2009 sont, sauf erreur, réalistes, les données 2050 sont calculées par l’auteur en partant de la littérature ; mais elles restent hypothétiques, et posées pour l’exemple.

 

Cout de production de l’électricité
en France 2009/2050 (euros /MWh)
 20092050
Thermique classique60150
Thermique nucléaire4080
Hydraulique3030
Eolien terrestre8080
Eolien off shore180180
PV300150
Biomasse150100

On peut en déduire que dans ce scénario de sortie du nucléaire, le coût de production moyen pondéré en 2050 s’établirait autour de 120 euros le MWh, contre 50 aujourd’hui. A ces surcoûts de production, il faudrait ajouter des surcoûts de réseau français et européen, qu’on ((Il s’agit d’une estimation à dire d’expert, qu’il faut bien entendu affiner.)) peut estimer à 15 euros du MWh (de plus que le TURPE actuel). Avec une augmentation des taxes limitées à la TVA soit environ 15% ((La TVA augmentera proportionnellement, mais la CSPE est supposée intégrée dans ce calcul à grosses mailles et les taxes locales peuvent ne pas augmenter en volume)) , le MWh serait donc vendu environ 230 euros le MWh (contre 130 aujourd’hui), soit une hausse de 10 c le kWh.Quel écart par rapport à un scénario « tout EPR » ?

Par contraste, un scénario nucléaire, avec pas plus d’ ENR qu’aujourd’hui, scénario là aussi tranché, pourrait conduire à un coût moyen de production du nucléaire de l’ordre de 80 euros le MWh. Cette augmentation par rapport au coût actuel de 40 euros (pour le nucléaire) environ est due à trois facteurs :

  • la généralisation progressive de l’EPR ((L’EPR de Flamanville pourrait coûter au final aux alentours de 6 milliards d’euros pour une puissance installée de 1,6 GW, soit 3700 euros le KW installé ; les réacteurs suivants devraient bénéficier d économie d’apprentissage, mais leur coût pourrait s alourdir du fait de contraintes de sécurité plus fortes.)) à la place du parc installé
  • la nécessaire incorporation d’une prime de risque ((Il ne s’agit bien que d’incorporer l’auto-assurance d’une catastrophe nucléaire. Le coût actuel de production permet d’ores et déjà de constituer la provision pour démantèlement (qui est elle aussi de l ordre de l euro par MWh) dont le montant est discuté (voir par exemple http://bit.ly/iEpd5y). Pour la prime de risque, elle doit permettre de faire face à un cout de l’ordre de 100 milliards d’euros pour une probabilité d’accident dans le monde (à discuter de 1/100 000 ème par an). Les calculs montrent que cela conduit à une prime de l’ordre de l’euro au MWh.)) (de quelques euros par MWh probablement) et la réévaluation du coût du démantèlement
  • la nécessité à partir de 2040 de passer en génération 4, dont les coûts sont à ce stade incertains mais dont on peut penser qu’ils seront de toutes façons plus élevés, surtout pour les premières installations industrielles

Pour les autres moyens, l’hydraulique moins coûteux (estimé ici à 30 euros le MWh) compense en gros le thermique classique dont le coût va ne cesser de croitre du fait des tensions sur les énergies fossiles et du coût du CO2 (estimé à 150 euros le MWh, avec un doublement du gaz et une taxe carbone à 100 euros la tonne de CO2). Le coût moyen de production de l’électricité serait au total de 80 euros le MWh, .

Côté réseau, dans un scénario de ce type, Il faut prévoir aussi quelques dizaines de milliards d’euros d’investissement, du fait du mauvais état actuel du réseau et de la gestion de la variation de la demande qu’un scénario nucléaire avec baisse du thermique à flammes ne permet pas non plus d’assurer facilement. Il faut donc prévoir également une hausse du « TURPE » de quelques euros, disons 10 euros pour fixer les idées.

Quels écarts de prix et de facture finale ?

Au total dans un scénario « tout EPR » le cout total y compris taxes serait donc de l’ordre de 180 euros, soit une hausse de 5 c le kWh par rapport à aujourd’hui. (soit 40 % …)

Le scénario MDE/ENR donnait lui une hausse de 10 c le kWh, soit un écart pour les coûts de production et de transport entre les deux scénarios de l’ordre de 50 euros le MWh, soit 5 c le kWh. Ce calcul est bien sûr discutable et repose sur des hypothèses à approfondir sur la question des travaux à réaliser sur le réseau et sur le stockage.

Dans le scénario « tout EPR » on peut supposer que la maîtrise de la demande est limitée. Limitons nous, en supposant quand même un effort de MDE, mais pas de transfert d’usage important , à un montant de 500 TWh.. Supposons que le ratio de 50 % entre le tarif industriel et résidentiel se maintienne.

La facture finale d’électricité annuelle (d’un montant actuel de 45 milliards) pourrait être de l’ordre de  :

  • 70 milliards d’euros dans le cas « tout EPR » (pour une consommation de 500 TWh)
  • 50 milliards d’euros dans notre scénario MDE/ENR (pour une consommation de 310 Twh)

Mais dans le scénario MDE/ENR, vient bien sûr s’ajouter à la facture d’électricité, l’amortissement des investissements nécessaires pour faire baisser la consommation. Ce chiffre est très difficile à estimer. Un calcul pifométrique peut se tenter en généralisant des évaluations faites dans le logement. Prenons le chiffre de 20 000 euros pour réduire de moitié une consommation de chauffage et ECS électrique de 10 000 kWh annuels sur 30 ans, soit 4 euros pour économiser 1 kWh sur 30 ans. Prenons une fourchette de 2 à 4 euros pour le coût moyen et appliquons la à l’écart de 170 TWh entre la consommation actuelle (les 480 TWh) et la consommation dans le scénario MDE/ENR (les 310 TWh),

L’investissement serait compris en ordre de grandeur entre 300 et 700 milliards d’euros. La facture complémentaire annuelle serait donc en gros de 30 à 60 milliards annuels (dans la pratique il s’agit d’amortissement d’investissements de loyers et de frais financiers).

La facture totale annuelle payée par les consommateurs serait dont dans le scénario MDE/ENR supérieure à ce qu’elle serait dans le scénario EPR : de 80 à 110 milliards contre 80 milliards déboursés chaque année. Bien entendu ce chiffre est à prendre avec toutes les précautions d’usage du fait du caractère très « pifométrique » des estimations faites.

Quel programme d’investissement ?

Et quel serait l’investissement total à mettre sur la table dans les deux scénarios ?

Commençons par le scénario MDE/ENR.tableau

Cote moyens de production, on peut partir des chiffres suivants qui permette de passer des puissances aux productions puis aux coûts d’investissement par puissance installée.

Cliquez sur ((Ce ratio mesure le productible en énergie en fonction de la puissance installée. Pour les énergies intermittentes il varie bien sûr (l’éolien en fonction de la durée des périodes ventées, le solaire en fonction de l’ensoleillement). Le ratio de 2,6 pris ici pour l’éolien terrestre ne le désavantage pas)) pour accéder à la note 15 du tableau.

Un calcul sommaire montre donc qu’il faut de l’ordre de 200 milliards d’investissements ((Dans la pratique il faut renouveler les investissements dans les ENR tous les 20 ans environ. Mais le calcul du prix de revient du kwh intègre ce réinvestissement. Il serait erroné de le compter deux fois ici)) . Coté moyens de transport, distribution et stockage, l’ordre de grandeur est sans doute de moins de quelques dizaines de milliards d’euros. La seule inconnue réelle étant le stockage.

Pour la baisse de la consommation pour « gagner » 170 TWH il faut comme on l’a dit un investissement total de 300 à 700 milliards. On voit tout de suite que c’est la première question qui se pose. Des évaluations plus précises et/ou des gains substantiels sur la MDE pourraient changer la donne de manière radicale. Mais il importe de ne pas se voiler la face : aujourd’hui la rénovation thermique avance lentement et difficilement, avec des performances limitées. La raison en est double : une filière insuffisamment organisée et des coûts d’isolation qui, vu du ménage ou de l’entreprise sont coûteux et pas assez rentables.

Mais au total l’investissement est de l’ordre de 500 à 900 milliards sur 40 ans soit 10 à 20 milliards par an, moins de 1 % du PIB. Ce n’est évidemment pas inaccessible.

Dans le scénario « tout EPR » il faut au total installer 54 GW d’EPR, soit un investissement de l‘ordre de 200 à 300 milliards d’euros (dans la pratique la solution consistera à étaler le chantier de construction en jouant sur des prolongements de centrales, qui coûteront de l’ordre de 1 milliard d’euros par centrale prolongée) et investir dans des générateurs de génération 4 en poursuite de la recherche puis en construction à partir de 2040. Il faut également investir dans les réseaux, moins que dans le scénario MDE/ENR et investir quand même un peu dans la MDE. L’investissement serait donc de l’ordre de 300 milliards d’euros.

Quelles conclusions en tirer ?

En résumé, un scénario MDE/ENR conduit à payer l’électricité plus cher qu’aujourd’hui de 10 c le kwh, et à investir massivement dans la MDE. Au total il conduirait à investir 2 à 3 fois que dans un scénario « tout EPR » et à payer l’électricité 5 c le kWh de plus, en rappelant que dans ce scénario l’électricité augmente de prix (d’environ 5 c) par rapport à aujourd’hui. La facture finale annuelle pour le consommateur (amortissement des travaux et achat de l’électricité) serait supérieure d’un facteur compris entre 1 et 1,4, en fonction du coût de la MDE qui ne compensent pas les gains sur les volumes d’électricité achetés.

Deuxième conclusion : ce scénario nécessite un investissement lourd en MDE, dont il n’est pas du tout sûr aujourd’hui qu’il sera lancé. Il est décentralisé et peu rentable pour les acteurs concernés au vu de leur perception du prix futur de l’énergie. Sa réalisation passe par une volonté publique forte et la mobilisation d’instruments très lourds de type investissements publics massifs.

Cette conclusion est évidemment provisoire et dépendante des scénarios retenus et des hypothèses de calcul. Un simulateur pourra permettre de faire tourner d’autres scénarios et d’autres hypothèses.

Troisième conclusion, d’ordre méthodologique. Ces quelques calculs montrent qu’on peut tenter de mettre un peu de clarté sur l’un des enjeux clefs de la sortie du nucléaire : le prix de cette sortie. Il reste maintenant à valider les chiffres et à faire d’autres hypothèses pour vérifier si les ordres de grandeur évoqués ici sont les bons. En particulier, à supposer que cette décision soit prise elle conduirait à un scénario sans doute moins tranché que celui –ci et à des mix énergétiques différents. Il faudra regarder ce que donnent ces scénarios.

Plusieurs questions doivent être regardées avec soin :

  • la capacité à mettre en œuvre une politique de MDE massive (sinon les ENR ne fourniront pas l’énergie nécessaire ou à un coût très élevé) ; ses limites et son coût
  • la capacité des réseaux à gérer l’intermittence et la pointe
  • la capacité des autres secteurs (mobilité, industrie) à se passer d’électricité sans recourir à une énergie carbonée.
  • la capacité des ENR et surtout le PV à produire un kW de plus en plus compétitif convergeant vers les 2000 euros le kW ((Ce qui est en termes de puissances vraiment comparables du fait des taux de « productibles »  (voir tableau des productions en TWh par GW) revient à 13000 euros le kW pour un équivalent nucléaire)) installé à terme

Ce n’est que quand les incertitudes auront été levées sur ces questions qu’on pourra mieux approcher le prix pour le consommateur d’une sortie totale du nucléaire. Encore faudra-t-il ensuite vérifier les conséquences de cette hausse par une approche « macroéconomique ». Une approche bouclée, car les dépenses des uns sont les revenus des autres, et l’augmentation du prix n’a pas le même effet selon qu’elle entraine ou non des effets de bouclage et selon son impact sur la balance commerciale. Concrètement, un scénario de MDE forte génère du travail en France, résorbe potentiellement du chômage, réduit la facture énergétique (car il jouera aussi dans le domaine de la mobilité). Du coup son surcoût est sans doute absorbé en partie par la croissance générée. Mais cela reste à chiffrer.

Y voir vraiment clair n’est pas si simple. Certes des confrontations entre experts permettront d’avancer. Mais seules les réalités observées permettront de trancher sur les questions relatives aux coûts et aux performances atteignables tant du côté des ENR que de la MDE. Il faudra probablement quelques années (10 à 20 ans ?) pour ce faire.

Y a-t-il vraiment des alternatives à une démarche séquentielle où chaque pas de temps (sans doute de 5 à 10 ans) permet de lever des incertitudes et d’investir plus sereinement ?

Y a-t-il vraiment d’autres solutions que de se ménager aujourd’hui le maximum de marges de manœuvre futures :

  • en lançant sérieusement un programme MDE et en suivant de très près ses résultats
  • en investissant au « bon » rythme ((Le « bon » rythme suit les gains de coût dans les technologies : pour la France qui a raté le coche de la production en solaire il faut sans doute attendre l’approche de la parité réseau pour intensifier massivement l’aide au solaire.)) dans les ENR
  • en préparant le prolongement de suffisamment de centrales nucléaires et en maximisant leur niveau de sécurité
  • en n’abandonnant pas l’EPR qui améliore la sécurité et peut rester une solution bas carbone de compromis, en attendant d’avoir levé toutes les incertitudes actuelles.

Des prix aux coûts.

Mais nous n’avons pas abordé l’autre volet de la question. Nous n’avons ici que parler de prix. Si la sortie du nucléaire est envisagée voire réclamée après Fukushima c’est que se posent aussi des questions de coûts qui ne sont pas qu’économiques. Là aussi il importe de bien comparer les différents coûts des différentes sources d’énergie. Un sujet encore plus complexe que celui que je viens d’aborder…

A suivre…

Alain Grandjean

 

Annexes :

Données Eurostat sur le prix de l’électricitéelectricity-prices-for-household-consumers

Electricity prices for first semester 2010 – Issue number 46/2010
Date de publication: 29/11/2010 16:24

Notes :

 electricity-prices-for-household-and-industrial-consumers

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32 Responses to “Sortir du nucléaire en France : à quel prix ?”

  1. Les intitulés des colonnes du deuxième tableau ne correspondent pas.

  2. Merci beaucoup, c’était une erreur de ma part
    J’ai corrigé le tableau.
    Cordialement,
    L’administrateur

  3. Il faut quand même remarquer que pour les fossiles, on considère qu’il devrait etre possible de diviser par 4 la consommation et que ça doit etre obtenu par une taxation et une hausse significative du prix. Je ne vois pas pourquoi ce ne serait pas la même chose pour l’électricité. Sauf erreur, dans les années 70 , on devait consommer environ 4 fois moins d’électricité, on n’avait pas de nucléaire, et ça n’etait quand même pas le Moyen Age….

    • bonjour Gilles.
      De mon côté j’ai vu d’études « facteur 4 mondial » qui visent une réduction des émissions de GES à horizon 2050, ce qui ne veut pas dire une baisse de la consommation d’énergie d’un tel facteur. L’AIE par exemple voit une réduction des conso d’énergie d’un facteur 2.
      On peut évidemment faire l’exercice avec une division par 2; j’ai choisi 1/3 pour l’électricité parce que je pense que c’est plus réaliste (et que cela fait dans mon petit simulateur facteur 4 pour l’élec, facteur 2 sur le Facteur d’émission de la part thermiquer et division par deux de la part thermique de la production d’élec).
      AG

  4. Commentaires
    dans le tableau « Quel programme d’investissement  « 
    Il convient de préciser pour le photovoltaïque que le ratio Production annuelle moyenne pour 1 GW se situe non à 1,2 mais plutot à 1,8 en prenant comme hypothèse la durée d’ensoleillement (nombre d’heure équivalent plein soleil) prise comme moyenne 1000h alors que c’est 870h à Hambourg et 1470h à Séville associé à une durée de vie de 20 ans et une perte estimée de 20% en fin de vie du panneau.
    En ce qui concerne le cout d’investissement le cout affiché de 2 G€ par GW correspond au cout de panneaux solaires actuel, ce cout correspond aux panneaux mono ou polycristallins mais si l’on s’oriente vers des panneaux à couche minces « amorphe » on est plutot à 1 G€/GW avec il est vrai un rendement surfacique plus faible., il convient de rajouter l’Installation .l’ensemble de ces couts sera divisé par 2 d’ ici 2020, je proposerai donc que l’on utilise plutot 1G€/GW.

    Ceci étant dit le chiffre annoncé de 2000€ le kW installé serait plutot à rapprocher de 1000€.
    La question qui n’est qu’effleurée est la disponibilité de cette énergie et sa nature courant continu pour le PV nécessité de le transformer en courant alternatif pour le transporter?
    La nécessité du stockage? Est ‘il nécessaire et à quelle hauteur si l’on dispose d’un réseau intelligent interconnecté.
    Dans le domaine du stockage tout reste à redécouvrir en effet les technologies et les avancées ont été stoppées en l’absence de besoin.

    En ce qui concerne le cout des ENR je n’ai pas bien compris si on comptait l’investissement et si on y rajoutais le cout du kWh
    car alors on compterait deux fois le cout. En effet une fois installé c.a.d. L’investissement réalisé le cout de production devient marginal. Sauf à augmenter la durée de vie comme il est envisagé sur les centrales nucléaires.

    Au niveau des centrales nucléaires il n’est fait aucune mention du prix de la matiere première « l’uranium » .Pour être complet il faudrait au moins identifier son cout actuel et ses évolutions dans un contexte d’augmentation des ressources naturelles non renouvelables. Et à haute valeur stratégique.
    La génération 4 est citée en ce qui concerne les centrales nucléaires, mais on est vraiment dans l’hypothétique quant aux résultats. Il faudrait pour être équitable alors envisager des modules de production de conversion du rayonnement solaire complètement nouveaux mais dont les principes sont connus et existent déjà en prototypes du type « cellule de graetzel »

    • Bonjour et merci de votre lecture attentive.
      En relisant par exemple ce que dit l’institut Ines il me semble que mon coef d’1,2TWh/GW est plutôt optimiste en moyenne pour la France, on retient souvent 1. Je n’ai pas bien compris comme vous calculez le 1,8?
      Pour la baisse du coût à 1G€/GW en 2020 c’est en effet possible mais je ne suis pas sûr que tous les experts soient aussi confiants sur ce terrain. certes la baisse a été régulière et significative dans les 10 dernières années, sera-t-elle toujours aussi importante dans les 10 prochaines ?. Je referai les calculs avec 1; cela étant cela reste une hypothèse, à lever donc dans le temps.
      Je n’ai en effet pas abordé la question du transport du PV et j’ai globalisé sous un seul terme la question du stockage et des « smart grids » (boucles locales) en supposant que cela aurait un coût (j’ai augmenté arbitrairement le poste pertes et pompages). Il y a peu d’informations vraiment synthétiques sur ce sujet. Il y a peu de retours d’expérience qui permettent de chiffrer les choses de manière simple.
      Concernant le calcul des coûts par MWh ou par GW, j’ai raisonné comme on le fait en ce moment. Le coût du MWh intègre l’amortissement des investissements (Capex), les coûts de fonctionnement (Opex) et le coût des combustibles (pour le nucléaire et les fossiles). J’aurai en effet du préciser que la hausse du cout du MWh incorporait celle prévisible de l’uranium (sauf baisse mondiale du nucléaire dans le monde ce qui n’est pas exclu). Mais aujourd’hui la part du coût de l’uranium dans le coût de l’élec nucléaire est faible (de l’ordre de 5%). Enfin, je n’ai cité la génération 4 que pour justifier un peu plus la hausse future du prix de l’élec nucléaire à horizon 2050. Vous avez bien raison de dire qu’il y aura d’autres révolutions technologiques dans le solaire.
      Bien à vous.
      AG

  5. Bonjour Alain
    Quelques remarques sur ton article :
    – tu expliques que le fait de décarboner les transports pourrait engendrer un surcroit de consommation de l’ordre de 100 TWh mais que celui-ci n’est pas pris en compte dans ton évaluation ; je crois pour ma part sur le fait que l’on puisse pas faire une telle impasse car la possibilité de stocker le CO2 à la source n’existe pas sur les véhicules et le souhait pour les gens de se passer de leur véhicule n’est pas non plus flagrant. Il me semble donc pour ma part qu’il faut partir de manière inéluctable sur un surcroit de consommation électrique lié aux transports et aux effets de transfert des énergies carbonées vers l’électricité de l’ordre de 150 TWh environ
    – par ailleurs tu indique une baisse de l’ordre de 30 % de la consommation électrique pour une hausse \limitée\ à environ 100€/MWh. Une telle hausse nous amènerait environ aux prix allemand actuels. Si l’efficacité énergétique dans le domaine électrique y est plus développé que chez nous la base européenne Odyssée montre que les intensités énergétiques de nos deux pays sont globalement comparable. Je ne pense donc pas qu’une augmentation de l’énergie de 100E/MWh conduise à une réduction de la consommation de l’énergie de 30 % en valeur absolue. Il faudrait l’accompagner de mesures drastiques dans le domaine du transport comme de la rénovation de l’habitat. La question alors est de savoir si les électeurs sont prêts à adopter un tel programme.
    – en matière de stockage d’énergie il existe bien entendu de multiples méthodes suivant le niveau de décentralisation du réseau où l’on intervient. Néanmoins en matière de volume il me semble que la technologie la plus aboutie (outre l’hydraulique bien entendu) est le stockage air comprimé basse pression en nappes aquifères. Celui peut être réalisé sur des gros volumes de puissance (plusieurs centaines de MW) pour un prix d’environ 600 M$/GW.une telle base d’évaluation me semble crédible. Les limites sont alors géologiques et de savoir si l’on souhaite utiliser ces cavités pour y stocker temporairement de l’air ou définitivement du CO2.
    – tonestimation d’un investissement côté production de 200 milliards d’ici 2040 me semble crédible. J’avais pour ma part chiffré dans le passé à 260 milliards mais sur un volume de production de 630 TWh
    – tonestimation d’un prix de revient de l’énergie autour de 230 €/MWh (contre 130 aujourd’hui) me semble crédible mais ton mix énergétique en revanche l’est moins. D’ici 2020 à 2025 il sera plus rentable de produire son électricité avec du PV que de l’acheter au réseau. La part du PV devrait donc être supérieure (il conviendra en revanche au réseau de vendre le service de stockage/compensation de la production ce qu’il ne fait pas aujourd’hui et ce qui aura un surcout (voir point ci-dessus)).
    Enfin une autre base d’évaluation possible : le déploiement de 25 millions de compteurs intelligents dans les foyer français devrait permettre d’écrêter de l’ordre de 20 GW pour un cout d’environ 8 milliards. On est cette fois sur un cout de 400 M€/GW (à comparer à 600 M$/GW pour le stockage). Des ordres de grandeur assez similaires.
    Bien cordialement.

    • Bonjour et merci François pour ton commentaire et les données chiffrées, notamment sur le stockage , qu’il faut en effet creuser (je ferai quelques calculs sur ce sujet dans la prochaine version de cette note, qui intégrera les commentaires et suggestions reçues).
      Sur la mobilité décarbonée, mon calcul supposait implicitement le passage à des voitures « bas-carbone » non électriques qui pourraient être des voitures légères à motorisation classique très basse conso ou hybrides. Dans un scénario énergie complet il faut envisager un mix avec aussi des voitures élec, ce qui augmente évidemment le report vers l’élec, la conso, et rend bien évidemment plus compliqué l’exercice visant à se passer du nuc….On verra ce que Negawatt propose dans leur scénario en octobre si j’ai compris.
      Sur le prix de l’élec, il est intéressant de se faire la double remarque : il va augmenter dans tous les cas et il faut qu’il augmente…et d’une manière substantielle. 10 c le kWh, c’est bcp notamment pour les csp -….tu as sans doute raison de dire que ce n’est pas assez pour faire évoluer les comportements vers plus de sobriété. Il est assez évident pour moi qu’il faudra de toutes façons mobiliser un arsenal réglementaire en complément, du type obligation de rénovation thermique lors des cessions et obligation de « ravalement thermique » dans les copropropriétés.
      Bien cordialement.
      Alain

  6. Les ancres des notes de bas de pages ont mystérieusement sauté plusieurs fois d’affilé (c’est l’éditeur html de wordpress qui s’est emballé), j’ai donc installé un moteur de notes différent : désolé pour la mise en page approximative.
    L’éditeur html a aussi glissé de nombreuses coquilles dans le texte, désolé pour le dérangement, en attendant que tout soit corrigé.
    Cordialement,
    L’administrateur

  7.   dominic michaud   19 mai 2011 à 5 h 13 min

    Ce genre de projection « technique » est en fait un peu comme regarder dans une boule de cristal car on ne peut pas prévoir les révolutions technologiques qui vont avoir lieu d’ici 40-50 ans dans les différentes technologies (nucléaire, solaire, stockage…). Toute hypothèse peut donner lieu à contestations.

    Par conséquent mon avis est plutôt que
    1) il ne faut pas mettre tous ces oeufs dans le même panier et consacrer LES MEMES MONTANTS aux recherches et développement dans les différents solutions énergétiques, y compris nucléaire, ce qui implique de ré-équilibrer les efforts de recherche énergétique aujourd’hui très largement centrés sur le nucléaire en proportion du budget (90%). Les récentes décisions vont répartir les budget R&D à 50-50 entre nucléaire et renouvelable mais là encore ce n’est pas équitable : il faudrait équirépartir sans faire un « groupe » de tous les renouvelables, mais plutôt 1/Nè solaire, 1/Nè biomasse, 1/Nè nucléaire, 1/Nè éolien, 1/Nè stockage, 1/Nè gaz de shiste.

    3) Une fois un rééquilibrage des budgets R&D effectué, réviser régulièrement la politique de déploiement en fonction des performance annoncées, en déployant à l’instant T ce qui est le plus performant et en intégrant un critère de « durée d’amortissement ». Si on fait des EPR aujourd’hui amortis sur 40 ans mais que demain une révolution scientifique trouve quelque chose de 10 fois mieux on sera comme des imbéciles condamnés à amortir nos EPR.
    Je pense que ce critère de la durée d’amortissement, dans un monde qui évolue de plus en plus vite, est LE critère majeur pour choisir. Il n’est pas en faveur de solution « lourdes » (nucléaire ou parfois renouvelables d’ailleurs) car je crois en dans des progrès rapides (batteries quantiques, progrès des cellules photovoltaiques, nucléaire 4è génération, autres technologies…) pour peu qu’on y consacre de l’énergie (humaine)

    • Bonjour Dominic et merci de votre commentaire. Je suis convaincu comme vous qu’il faut une démarche séquentielle pour lever progressivement une série d’incertitudes assez lourdes aujourd’hui. La bonne stratégie à mes yeux est celle qui consiste à investir pour se ménager en permanence le maximum de marges de liberté futures. La « valeur d’option » chère à Claude Henry est à mon avis très elevée. Je n’ai pas en revanche d’informations remises à jour sur les investissements respectifs dans les différentes technologies. Je vais m’en enquérir (le grand emprunt a fait un peu bouger les lignes.
      bien à vous
      AG

  8.   dominic michaud   19 mai 2011 à 5 h 21 min

    PS à mon dernier mail : à cout égal, il faut favoriser les solutions à faible investissements (CAPEX) mêle si les frais de fonctionnement (opex) sont supérieurs, de façon à garder de la flexibilité.
    Pour illustrer, on ne sait pas à 100% de combien on aura vraiment besoin d’électricité dans 40 ans (fonction degré de progrès en efficacité énergétique) , donc si on investit maintenant on risque d’avoir trop d’électricité et ensuite de pousser les gens à la consommation, comme ce fut le cas sauf erreur lorsqu’EDF poussait au chauffage électrique, contre toute logique économique.

    • rebonjour Dominic
      la flexibilité a en effet de la valeur, si elle ne se fait pas au prix d’émissions de GES croissantes. Ce serait le cas si par exemple plus d’ENR intermittentes conduisait à plus de gaz brûlé dans les chaudières ou les turbines à gaz pour produire de l’élec. Ou si elle se fait avec un capex « dissimulé » dans des stations de pompage ou des sites de stockage lourds.
      Il faut donc regarder le système dans son ensemble. Cordialement.
      AG

  9.   dominic michaud   19 mai 2011 à 5 h 44 min

    je me permet une autre remarque : le scénario EPR est-il crédible ? Peut-on faire/renouveler 54 Gw en 30 ans ? je ne suis pas sûr qu’aujourd’hui il y a ait dans le monde des expertises en nombre suffisant pour mener un tel chantier, sachant que si on en croit ce qui se passe en Finlande, faire un EPR, c’est long à décider et long à mettre en oeuvre, coûteux, et plus cher et plus long que prévu pour des raisons administratives et techniques (mais encore moins cher au TWh que les autres énergies ?) Merci de vos éclairages…

    • re-Dominic
      Le scénario « tout EPR » ne visait pas la crédibilité mais à donner quelques repères chiffrés. Je ferai prochainement un point spécifique sur les difficultés des deux scénarios polaires , sortir vite du nucléaire ou rester sur une stratégie tout EPR. On doit en France gérer le fait que le programme des années 70_80 a été fait très rapidement et qu’une grande partie de ce programme devient trentenaire dans cette décennie. Si c’est pas facile de faire des EPR rapidement ce n’est pas très facile de faire vite des économies d’énergie (en temps de paix) ni d’installer en ENR 300GW en quelques années…
      Bien à vous.
      AG

  10. Il manque les coûts cachés car, soit non payés et reportés sur les générations futures, soit payés par les contribua-bles.

    Les premiers sont difficiles à évaluer car les solutions ne sont pas disponibles (démantèlement, déchets) et leur financement n’a pas été provisionné (voire les provisions onte été dilapidées en cours de route…). Mais on les sait considérables, de l’ordre des coûts de construction sinon plus (en l’absence d’accident évidemment).

    Les seconds portent sur le recherche. Au niveau mondial la recherche publique sur la fission absorbe bon an, mal an environ 50% des budgets consacrés à l’ézergie (on peut y ajouter la fusion avec ses 10%). Ainsi l’atome qui ne produit aujourd’hui que 2,5% de l’énergie finale utilisée sur Terre absorbe 60% des crédits de R&D publics du secteur de l’énergie. L’énergie atomique n’est donc pas mature. Rapporté au prix de revient HT du kWh atomique, on trouve un coût caché moyen d’au moins 10%. En Francxe, pays qui a dépensé 149 Md € (constants) dans la recherche publique pour la fission depuis 1974, le coût caché est de l’ordre du quart du prix de revient du kWh. Comme l’électricité est taxée à environ 30%, cela représente un manque à gagner pour les recettes publiques de 2 Md€/an. Ainsi, l’Etat dépense environ 6 Md €/an pour palier la non maturité de l’énergie atomique et perd en prime 2 Md € de recettes fiscales.

    Tous vos calculs sont à revoir, d’autant que le coût du kW installé de l’EPR est plus de deux fois en € constant celui des réacteurs à remplacer.

    Yves Lenoir

    • Bonjour Yves.
      j’ai intégré dans les calculs exposés les coûts de démantèlement et une provision pour risque d’accident. Pour ce qui concerne les dépenses passées de RetD elles ont été payées.
      Je ne crois pas, mais j’ai peut-être tort que ces éléments soient de nature à conduire à un prix vraiment très supérieur au chiffre de 80 euros le MWh qui est déjà très élevé (deux fois le prix actuel de 40 dont les compétiteurs d’EDF nous disent qu’il est supérieur au coût de revient du nucléaire actuel). Les conclusions que j’ai tirée de mes quelques calculs ne seraient pas très différentes avec 100 euros le MWh. Enfin, j’espère qu’on y verra complètement clair après l’audit des coûts du nucléaire qui va être conduit par la cour des comptes.
      Bien à vous.
      AG

  11.   dominic michaud   20 mai 2011 à 8 h 25 min

    @Alain Grandjean(admin)
    Merci pour vos réponses.
    1) Mais si on dit « investir pour se préserver des marges de manoeuvre futures », cela induit-il selon vous « ne pas s’engager pour trop longtemps ie faire des investissements qui s’amortissent en 10 ou 20 ans ?

    2) Quitte à faire des projections, il serait utile de ne pas donner un seul cout par scénario mais 2 ou 3 : un min, un max et un « probable selon l’auteur »…

    3) Par ailleurs en France, je ne pense pas que nous ayons un problème de GES en l’état actuel (à moins que l’impact de la vapeur d’eau rejetée par les centrales nucléaires, non comptabilisé je crois dans les calculs du GIEC, soit important – la vapeur d’eau est le premier gaz à effet de serre)

    4) j’avais l’impression qu’installer 300 GWc (80 GW moyens) de renouvelable était plus simple (je n’ai pas dit moins cher) que renouveler 80Gw de nucléaire car : moins de risque donc moins de délai administratif, technologies plus simple à déploer car moins risquées et surtout décentralisable : si toutes les habitations ou usines et bureaux deviennent à énergie passive grâce à des ENR adaptées à leur région – solaire, vent, géothermie, petits barages ou moulin à eau-« , on a couvert une bonne partie de la consommation électrique. Et de plus si la production est décentralisée, cela pousse naturellement à une démarche d’économie.
    Le nucléaire lui, impose une centralisation, alors que les ENR marchent en local, avec du coup moins de besoin de transports d’électricité. Exemple nouvelle usine renault à Tanger : http://www.youtube.com/watch?v=yMItxxlQN20

    Me trompe-je ?

    • Bonjour Dominic, je réponds point par point
      1)on ne pourra pas faire l’économie d’investissements dans le nucléaire, je le montrerai dans un post prochain, cela provient tout bêtement de la vitesse du déploiement du parc nucléaire français dans les années 70 qui cree aujourd’hui un effet de falaise si on les arrête à 30 ans. Par ailleurs quand on investit dans l’énergie, que ce soit des éoliennes ou du pv ce n’est pas pour une durée courte. la rentabilité ne se dégage que dans un temps long (les éoliennes durent au moins 20 ans).
      2)oui bien d’accord; à ce stade, je n’ai pas produit un scénario concret; j’ai manipulé des ordres de grandeur, je vous communiquerai dans un prochain post les min-max par techno selon les études « de référence »;
      3)Si si, on a un problème de GES. le français moyen émet environ 10 à 11 tonnes de GES via sa conso (que les émissions soient faites en France ou ailleurs), alors qu’il faut viser en 2050 environ 2tonnes par personne au niveau mondial. Si on se limite au territoire national (sans les imports) on est à 7-8. Pour l’élec la France est très performante grâce à l’hydro et au nucléaire (de l’ordre de 100 gr CO2eq par kWh quand une électricité à base de charbon est de l’ordre de 1000 (10 fois plus) et que la moyenne européenne est à 300 gr.. On ne peut recarbonner l’électricité française « impunément ».
      4)Installer 300 GW d’ Enr n’est pas plus simple qu’installer du nuc. C’est d’une complexité différente, je pense. De nombreuses questions se posent : acceptabilité des éoliennes, stabilité des réseaux, investissement de stockage, coûts des solutions (les français vont-ils être d’accord pour payer?), décentralisation des décisions qui ralentissent forcément la montée puissance and so on. Par ailleurs il est évident pour tous ceux qui ont regardé le problème qu’une solution ENR en France, du fait qu’on part de très très bas, ne passe que par une montée en puissance très rapide des économies d’énergie qui sont tout sauf simples. Je ne dis pas du tout cela pour dire que c’est impossible mais au contraire pour éviter les déceptions et les gueules de bois….
      bien à vous
      AG

  12.   dominic michaud   22 mai 2011 à 5 h 58 min

    Merci pour toutes ces réponses.
    1) sur la nécessité d’investissement dans le nucléaire. J’attend votre post avec impatience. Car bien sûr qu’on en aura un peu besoin, ne serait-ce que pour prolonger la vie des centrales dont on aura encore besoin le temps que le reste monte en puissance… tout est dans l’esprit : on fait le minimum nécessaire ou on est volontariste. Je suis pour qu’on mette l’effort max sur les ENR, avec le nucléaire pour palier les insuffisances des ENR (un « moindre mal »)
    2) ok
    3) vous parlez du total. j’aurais du préciser : de GES pour la production électrique, puisque c’est le sujet ici. Bien sûr qu’au global nous produisons bcp de GES, mais pour notre production électrique ne sommes nous pas « champions » officiellement, mais sans prendre en compte la vapeur d’eau (premier gaz à effet de serrer, j’insiste) produit par les centrales nucléaires ?
    3) sur la complexité et vitesse : vous pensez vraiment que des décisions décentralisées voire privées sont plus longues à prendre que des décisions « publiques et centralisée  » ? Je pense exactement le contraire. Prendre N petites décision est par N personnes est plus rapide qu’une seule décision N fois plus grosse. L’Allemagne en 20 ans a déployé 80TWH de production électrique renouvelable (10 solaires + 35 biomasse + 35 éolien) et 100TWH de chaleur renouvelable (biomasse principalement).
    Si ce sont les individuels ou entreprises qui produisent eux même sur le toit de leurs maisons / usines / bâtiments tertiaires, comme ça commence à se faire, ça peut aller beaucoup plus vite car c’est parallélisé, la seule contrainte est la capacité mondiale de production des capteurs solaires, éoliennes, etc.
    Si je prend un scénario « polaire », dans l’esprit de votre post : 25 millions de maisons invidividuelles en France, s’équipant chacun d’une petite éolienne, et/ou de solaire thermique et/ou de solaire photovoltaique, et d’un onduleur / batterie associés d’une puissance moyenne (crête / 3) de 1+1+1=3 KW au total, cela fait une puissance totale de 75 GW moyens, soit à peu prêt le besoin… et en réduisant probablement les besoins en réseau de distribution (et donc en coût), ce qui me permet d’ajouter un 5è point :
    4°) vous semblez dire que les ENR nécessitent des investissements complémentaires de stockage. Mais comme beaucoup, vous oubliez la biomasse et l’hydroélectrique qui eut sont parfaitement controlable. Ainsi l’allemagne semble promouvoir des centrales « mixtes » générant à partir de biomasse + éolien + solaire + stockage air comprimé ou pompage. Et semble-t-il, il n’y a pas de problèmes. (voir par ex page 33 de mon lien en fait de post)
    Au contraire, le réseau devrait être moins cher car en décentralisant une partie de la production dans les quartiers ou habitation, moins besoin de transports (sources actuellement de 5% de pertes par effet joule et autres)
    Je pense que vous devriez modifier vos hypothèses en ce sens.
    6) Enfin pour les gains, il faut intégrer : l’impact sur l’emploi (et donc les revenu des taxes sur l’emploi), les importations et TVA, etc.
    7) En conclusion :
    Si on n’a plus ni combustible nucléaire combustible ni fossile (ce qui sera le cas un jour) le seul scénario possible à terme, c’est du 100% ENR.
    La question qui se posera alors est celui du degré de centralisation de la production électrique (scénario « des producteurs et des consommateurs, ou scénario ou chacun est « producteur-consommateur » suivant les condition – vous aurez compris que je crois plus à l’option
    2.
    PS : Voici l’une de mes sources -que vous connaissez peut être déjà- qui explique ce qui s’est passé en Allemagne depuis 20 ans, et que j’ai trouvée intéressante, même si la partie « gains » n’est pas très claire :
    http://ddata.over-blog.com/0/00/49/42/pdf/Expose-J.Mulhenhoff-ENR–11-04-11.pdf

    Cordialement

  13.   dominic michaud   22 mai 2011 à 9 h 39 min

    Pour réduire la consommation électrique ne nécessite pas forcément « faire des économies d’énergie ».
    43TWH d’électricité sont utilisés pour chauffer le résidentiel, 20 pour le tertiaire. Economiquement c’est une aberration (plus cher à l’achat, plus cher à l’usage) mais aussi pour l’industrie de production cela oblige à surdimensionner la puissance disponible pour faire faire aux crêtes de l’hiver.
    Si on remplace ce chauffage par du chauffage biomasse (combustible directement converti en chaleur au lieu d’être converti en chaleur puis electricité puis chaleur à nouveau) type granulés de grains ou bois, on réduit les besoins en électricité, et on utilise du renouvelable, ça revient moins cher, c’est plus économique pour le particulier (et je ne parle même pas d’isolation) et on peut arrêter quelques centrales thermiques ou nucléaires.
    Est-ce crédible ? Je connais des gens qui le font en tout cas (ils s’équippent de poêles à granulés pour réduire leur facture de chauffage électrique)
    Où avez vous intégré ce genre de mesures, et l’impact sur le lissage de la consommation électrique, qui permet d’optimiser la ratio puissance max / conso annuelle ?

  14. La suite de ce post est maintenant en ligne :
    Sortir du nucléaire, à quel rythme ? http://alaingrandjean.fr/2011/05/30/sortir-du-nucleaire-a-quel-rythme-en-france/

  15. A.Grandjean reprend le scénario de sortir du nucléaire alors que nous abordons le pic du pétrolier.

    Pourquoi faudrait-il sortir du nucléaire alors que les dépôts à Fukushima n’engendrent pas plus de radioactivité qu’au Kérala ?

    Décroître la production électrique alors que celle-ci doit augmenter pour se substituer aux fossiles dans les transports et dans le chauffage. Le chauffage électrique n’est pas une aberration dans un logement bien isolé, il est plus efficace que le chauffage gaz par sa modularité : l’électricité chauffe 30% des logements avec 10% de l’énergie finale.

    Les mêmes erreurs se retrouvent :

    -utilisation du solaire alors que celui-ci est inutile en Europe dans une civilisation décarbonée : http://www.energie-gouv.fr/spip.php?article7
    -confiscation de la biomasse pour la chaleur et la production d’électricité, alors qu’il faut réserver le plus de biomasse pour fabriquer des carburants, l’hydrogène nucléaire pouvant multiplier les rendements de la biomasse par 5.
    -éolien massif alors qu’il réclame 10 fois de béton et d’acier au kWh qu’un EPR.
    -doute sur la longévité des REP alors que les réacteurs américains qui ont subi des flux neutroniques plus importants ont été prolongés à 60 ans.
    -pour réduire la demande électrique, il faut interdire que les logements au chauffage fossiles puissent passer aux pompes à chaleur d’où des efforts excessifs en isolation.

    à moyen terme l’approvisionnement en matière fissile est assurée par la réutilisation des combustibles appauvri et de l’uranium de retraitement (10 ans de consommation)

    à long terme : l’extraction de l’eau de mer est envisageable :http://www.energie-gouv.fr/spip.php?article23

    Les réacteurs au sodium fonctionne déjà : Phénix et SPX ont fonctionné, les BN ont fonctionné, les Russes en ont vendu 2 aux américains.
    En 1973 on avait pas d’enrichissement, pas de site de stockage et on a lancé le programme nucléaire, aujourd’hui on a la centrifugation, l’expérience des RNR-Na très modulables, le site de stockage géologique profond et il faudrait sortir du nucléaire pendant la crise pétrolière.

    • Bonjour
      Je suis allé voir votre site, et suis un peu gêné par son intitulé qui pourrait donner à penser que vous vous exprimez au nom de l’administration ou du gouvernement, alors que ce n’est évidemment pas le cas.
      Je comprends que vous êtes défavorable à une sortie du nucléaire, point de vue que je respecte. Mais vous m’attribuez les scénarios de « sortir du nucléaire » alors que je n’ai pas du tout adopté à ce stade de scénario mais fait un éclairage sur deux scénarios « polaires » pour expliquer comment se posent les questions économiques, dans ces scénarios à visée pédagogique. Mon but est de tenter d’éclairer un sujet complexe pas de promouvoir mes propres convictions, ce qui semble être ce qui vous anime.Je ne crois pas utile d’approfondir les réponses à vos remarques : vous me prêtez des propos que je ne tiens pas.
      Bien à vous.
      AG

  16. Bonjour,

    Merci d’avoir publié ma réponse tapée un peu trop rapidement. (les BN russes ont été vendus aux Chinois pas au Américains,bien sûr).

    Permettez moi d’indiquer le scénario negawatt 2005 repris par SDN :
    Hydraulique : 80 TWh
    PV : 65 TWh
    Biomasse : 50 TWh
    Éolien : 140 TWh
    Géothermie : 25 TWh

    et pas mal de fossiles ou la décroissance à côté …

    Vous comprenez que l’on peut faire la confusion.

    Il est indiqué dans le bandeau de mon site qu’il s’agit d’un site privé portant sur les choix énergétiques, c’est à dire sur la politique énergétique. C’est bien plus sérieux que de prévoir une décroissance de la production pétrolière en 2012 sur industrie.gouv.fr (cf Llorca dans L’industrie pétrolière en France 2005 ou 2006) et contredire le président de Total qui voit le super à deux euros (petit Nicolas 2011).

    Bien à vous.

    PH

  17.   bernardini   9 juin 2011 à 11 h 34 min

    La question qui se pose est finalement de l’objectivité scientifique de la démarche.
    Le titre contient en soi déjà le message sous jacent.
    Il aurait pu être
    « rester dans le nucléaire en France, à quel prix? »
    alors on pourrait se dire mais au détriment de quels nouvelles technologies va t’on investir massivement pour péréniser l’outil industriel que nous avons.
    Toute évolution technologique a toujours été douloureuse. Des pans entiers d’industrie ont disparu mais d’autres se sont créés.

  18. […] Sortir du nucléaire en France : à quel prix ? Commentaireshema on 600 milliards d’euros sur 10 ans pour l’investissement écologique et socialbernardini on Sortir du nucléaire en France : à quel prix ?PH on Sortir du nucléaire en France : à quel prix ?Ulhume on Sortir du nucléaire, à quel rythme en France ?admin on Sortir du nucléaire en France : à quel prix ?Sur Twitter […]

  19. […] à tous ceux qui ont pris le temps de lire mon précédent post sur le sujet et de me faire des commentaires critiques (postées ou non sur le blog). Je vais essayer de faire […]

  20. […] http://alaingrandjean.fr/2011/05/13/sortir-du-nucleaire-en-france-a-quel-prix/ Fukushima a relancé le débat. Faut-il sortir du nucléaire ? Pour le président de la République, ce serait « se couper un bras ». Et surtout rendre notre électricité beaucoup plus coûteuse, alors qu’elle serait moins chère de 35%1 par rapport à la moyenne européenne. Les français sont-ils prêts à payer le prix d’une sortie du nucléaire?Mais d’abord peut-on évaluer ce prix ? Cette note a pour but de montrer comment se pose cette question difficile. Elle est aussi faite pour ouvrir la discussion. Merci aux lecteurs de relever des erreurs éventuelles dans les chiffres ou dans les raisonnements proposés et/ou de m’indiquer des sources fiables sur ce sujet central. Merci à mes premiers relecteurs qui m’ont déjà permis de limiter la casse, sans que leur responsabilité soit engagée sur la version présente !… […]

  21. […] Faut-il sortir du nucléaire ? Sortir du nucléaire en France : à quel prix ? | Le site d'Alain Grandjean […]

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