A la recherche de la croissance perdue

25 mai 2012 - Posté par Alain Grandjean - ( 9 ) Commentaires

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On peut  se féliciter que François Hollande ait osé se démarquer des remèdes de nos bons Diafoirus et Purgon, qui administrent lavements et saignées aux économies européennes et l’affaiblissent pour la guérir.

Pour autant  il faut bien ouvrir les yeux aux réalités  que montre ce beau graphique : la tendance historique de la croissance du PIB français  par habitant  est à …la décroissance.

a la recherche de la croissance perdue

« Couvrez ce sein que je ne saurais voir » aurait dit Tartuffe ; il y a quelque chose de dérangeant dans cette réalité toute nue. Et pour continuer les références littéraires,  il y a donc du Pangloss dans l’invocation de la croissance…

Comment se sortir de cette contradiction ? Les docteurs de l’austérité ont raison de nous avertir que nous sommes entrés dans une période de purge ; les optimistes ont raison de ne pas croire à leur médecine…

Globalement, les choses me semblent pourtant simples : notre modèle économique qui repose sur la croissance indéfinie de la consommation de ressources matérielles se heurte à la finitude de la planète. 1-0 en faveur de Diafoirus et Purgon, contre Pangloss. En même temps l’austérité ravageuse imposée par nos bons docteurs est un désastre social ET environnemental : elle ôte tout moyen d’investir pour sortir de ce modèle dévastateur. 1 partout.

Pouvons-nous, tels Candide, appeler de nos vœux non pas une incantation un brin surréaliste à la croissance mais à la mise en œuvre, au pas de charge, d’un programme d’investissements qui permettent de réduire notre dépendance énergétique et plus généralement notre dépendance aux ressources naturelles (renouvelables ou pas)  dont le stock décroit ?

Est-il si difficile de comprendre que ce projet pourrait à la fois donner du travail et résoudre (au moins en partie, l’économie n’est pas de la magie) la contradiction dans laquelle nous sommes ?

Est-il osé de demander à nos politiques et à nos économistes de remiser au musée leurs remèdes, qu’il s’agisse de l’incantation à la croissance ou au contraire du recours à l’austérité c’est-à-dire in fine au sacrifice ?

L’économie pourra-t-elle, enfin, se séparer de ces prêts-à-penser dogmatiques et pour tout dire religieux ? Tel me semble être au fond le défi que doit relever la nouvelle équipe au pouvoir.

 

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9 Responses to “A la recherche de la croissance perdue”

  1. Petite faute : « dans la quelle ».

    Sinon à propos de « Est-il si difficile de comprendre que ce projet pourrait à la fois donner du travail et résoudre (au moins en partie, l’économie n’est pas de la magie) la contradiction dans la quelle nous sommes ? »

    Ce qu’il faut faire sans doute, en effet, mais ne s’agit-t-il pas la plus de stratégie industrielle ou d’infrastructure que d' »économie » ? (visant à faire baisser les opex futurs par du capex), de l’économétrie ?

  2. […] http://alaingrandjean.fr/2012/05/25/a-la-recherche-de-la-croissance-perdue/ On peut  se féliciter que François Hollande ait osé se démarquer des remèdes de nos bons Diafoirus et Purgon, qui administrent lavements et saignées aux économies européennes et l’affaiblissent pour la guérir. Pour autant  il faut bien ouvrir les yeux aux réalités  que montre ce beau graphique : la tendance historique de la croissance du PIB français  par habitant  est à …la décroissance… […]

  3.   JP Beaucher   29 mai 2012 à 19 h 14 min

    Implacable. La méthode du bon docteur Coué a des limites.

  4. Des mots, des mots ….
    Quel est donc ce programme d’investissements ? La rénovation thermique du « bon » docteur Sidler, n’est-ce pas ? Celle dont les coûts sont sous-estimés d’un facteur 2 (400 au lieu de 200 €/m2) et les gains surestimés d’un facteur 2 aussi (parc moyen à 200 kWh/m2/an au lieu de 350)….

    La qualité de la croissance repose sur le choix des investissements. Indiquons tout de suite que l’on ne cherche pas la croissance pour vendre plus de Rolex ou de voyages outre-mer; mais tout simplement pour assurer la transition démographique : de 20 à 140 G€/an de frais supplémentaires liés au vieillissement jusqu’en 2040.

    Or investir 600 à 1000 milliards d’euros dans les bâtiments, nous conduisent à la décroissance.

    Les seuls investissements rentables sont de mettre 300 milliards d’euros dans la rénovation thermique et 200 milliards dans les filières nucléaires. La rénovation thermique raisonnée et l’atome sont les deux seuls sources de croissance verte. Mettre des renouvelables électriques, c’est de l’inflation verte.

    C’est l’investissement dans l’atome qui peut nous sortir de la contradiction, en y associant la relocalisation des productions de batteries et de pompe à chaleur.

  5. De fait la problématique « croissance ou pas » et « orthogonale » à la rentabilité ou pas de ces investissements.
    Une vraie question économique serait sans doute plutôt: vaut-t-il mieux taxer les fossiles au volume ou subventionner les renouvelables et investissements d’efficacité.
    Ou en d’autres termes laisser le marché déterminer ce qu’il faut faire ou pas, en influant sur le cout des intrants, ou passer son temps à dire « c’est ça qu’il faut faire ». Les deux n’étant pas mutuellement exclusifs, mais curieux que l’on n’évoque pas plus le fait que :
    1) les taxes au volume sont efficaces pour pousser les produits et modes de vie dans le bon sens sans décider ce qu’il faut faire (parc de voitures US vs Europe par exemple)
    2) les subventions en général favorisent souvent autant les riches que les taxes défavorisent les pauvres (ça n’est pas une famille en HLM qui mettra du PV sur son toit).
    3) l’aide sociale est dans tous les cas nécessaire.

    La situation étant tellement critique, n’est-t-il pas urgent de choisir les mesures les moins sujettes à « erreurs » ?

    • Bonsoir.
      de mon côté il me semble que l’expérience montre que les subventions ont toute une série d’effets pervers (en particulier de faire monter les prix, ce que l’on a observé pour les PAC par exemple); le dispositif le plus efficace à mes yeux repose sur 4 pieds :
      -un financement à taux quasi nul car nous devons faire face à des besoins d’investissement peu rentables au sens financier, du fait de la faible valeur du carbone (en gros nulle en ce moment)
      -une taxation progressive du carbone et des « externalités » pour réduire le « gap »
      -des aides pour les plus défavorisés sous 3 formes : accompagnement, aide financière pour payer une partie des charges, aide pour rénov
      bien à vous
      ag

  6. et -> est désolé

  7. […] internationale à l’énergie) et que depuis le rapport du club de Rome il y a 40 ans la croissance est un leurre. Pourtant, on ne nous propose comme solution que les mêmes recettes qui nous ont amené à cette […]

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