Le capital contre la transition énergétique ?

25 juin 2012 - Posté par Alain Grandjean - ( 20 ) Commentaires

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Qu’est-ce que la transition énergétique ? C’est le passage d’un monde qui consomme toujours plus d’énergie très majoritairement carbonée (charbon, pétrole, gaz) à un monde qui consomme moins d’énergie et des énergies décarbonées (renouvelables et, pour ceux qui l’assument, nucléaire).

Pour que  cette transition se fasse il va falloir baisser le coût du capital comme nous allons le voir maintenant, dans le cas illustratif de l’électricité.

Le coût principal des énergies fossiles est aujourd’hui celui du combustible. Comme la nature nous offre autant les rayons du soleil que le pétrole sous terre, ce coût c’est essentiellement la « rente » des propriétaires de ces combustibles. 

Le petit tableau suivant montre la décomposition des coûts du MWh électrique en France pour diverses sortes d’énergie : une centrale nucléaire de type EPR, un Cycle Combiné Gaz, une centrale au charbon (sans CCS, le dispositif de capture et de stockage de CO2), une éolienne on-shore, une éolienne off-shore, une centrale hydraulique au fil de l’eau.

Ces coûts intègrent l’investissement initial, les coûts d’exploitation et de maintenance, le coût du combustible et celui[1]  du CO2  s’il y a lieu.  Pour tenir compte du financement de l’investissement les calculs sont faits avec un taux d’actualisation de 8% qui est la norme actuelle : on considère que le « coût du capital » pour EDF est d’environ 8%. Cela veut dire que le coût moyen du financement (moyenne pondéré des frais financiers sur dette et des dividendes sur capitaux propres) est  pour EDF d’environ 8%.

Chacun de ces calculs est discutable : certains considéreront que le coût de l’éolienne off-shore est sous-évalué[2], d’autres que celui de l’EPR est sur-évalué[3].

A ce stade peu importe pour le raisonnement qui suit.  Calculons en effet, avec les mêmes hypothèses de calcul ce coût au MWh avec un taux d’actualisation de 0% et comparons-le avec le calcul à 8% . La différence c’est le « coût du capital » pour l’énergie considérée.

On peut alors calculer la part du coût du capital dans le coût du MWh et cela donne le tableau suivant :

Centrale CCGCentrale charbon (sans CCS)

12%

19%

 

Centrale nucléaire EPRProjet éolien onshoreProjet éolien offshorePetit hydrauliquePV particulier[4]

53%

43%

43%

57%

47%

Le résultat saute aux yeux : au taux d’actualisation de 8% le coût du capital représente pour les énergies fossiles 10 à 20 % du coût complet du MWh alors qu’il en représente 40 à 60 % pour les énergies décarbonées. Au taux de 12% le calcul conduit à une part du coût du capital de  20 à 30 % pour les énergies fossiles et  de 50 à 70 % pour les énergies décarbonées.

Le résultat est aussi marqué pour l’économie d’énergie : il s’agit de remplacer  une chronique d’énergie consommée par du capital et une moindre consommation d’énergie. Au total dans le coût du MWh consommé après opération d’économie d’énergie, le coût du capital va peser beaucoup plus qu’avant.

Conclusion :

Si l’on veut que les énergies décarbonées s’imposent face aux énergies fossiles, sans attendre l’épuisement de celles-ci, ce qui est manifestement trop long pour éviter la dérive climatique (voir http://alaingrandjean.fr/2010/07/02/le-climat-sauve-par-la-penurie-des-energies-fossiles/), il n’y a que deux voies alternatives ou complémentaires :

–  augmenter substantiellement le coût du CO2

–  réduire le coût du capital pour les énergies décarbonées.

La voie de l’augmentation du coût du CO2 reste toujours déterminante mais manifestement difficile au plan politique. Baisser le coût du capital devient vital. Au plan économique le sens d’un coût du capital très bas est clair : un taux d’actualisation élevé écrase l’avenir ;  un taux bas le met à parité avec le présent. Est-il vraiment illogique de tenir compte des générations futures dans nos raisonnements actuels ?

 

C’est bien le sens de notre proposition visant à mobiliser un financement à taux très bas pour la transition énergétique.  (voir http://alaingrandjean.fr/2011/03/28/lemprunt-a-la-banque-centrale-proposition-detaillee/ ).


[1] Nous avons retenu dans les calculs un coût de 20 euros la tonne de CO2, un chiffre inférieur aux recommandations de la commission Quinet sur la valeur tutélaire du carbone (32 euros la tonne croissant à 100 euros la tonne en 2030) et supérieur au prix de marché actuel en Europe (moins de 10). Cette hypothèse de travail ne change pas les conclusions.

Pour le reste chacun de ses calculs est fait avec une dizaine d’hypothèses qu’il serait rop lourd de rappeler ici.

[2] Les projets actuels sortent en effet plutôt à 200 euros le MWh.

[3] Il est calculé ici en supposant qu’il coûte 6 Milliards d’euros ce qui est inférieur à l’estimation actuelle de Flamanville et supérieur aux espoirs d’Areva pour les EPR suivants…

[4] Pris pour une opération moyenne.


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20 Responses to “Le capital contre la transition énergétique ?”

  1. Quel poids des subventions aux énergies carbonées ?

    Il faut remarquer au passage que l’expression « énergie décarbonée » n’est pas prise en compte au niveau européen qui ne parle que d’énergies renouvelables. Encore une décision au plus petit dénominateur commun pour ne pas froisser les anti-nucléaires.

    Peut-être faudrait-il parler d’énergies à moindre dépendance pour illustrer le rôle stratégique de ces énergies dans la désintoxication aux importations de pétrole, gaz et charbon. En quelques années, la facture a été augmentée entre 6 et 8 pour la France… Et l’intérêt pour le changement climatique a été effacé par la crise des dettes alors que les importations d’hydrocarbures dans la balance commercial européenne et ainsi les déficits publics ont leur rôle ! La crise n’est pas que financière ou d’Etats impécunieux, elle est aussi énergétique. C’est pourtant un sujet concret à saisir qui mobiliserait les populations européennes mais ce n’est pas la première fois que les dirigeants de l’Europe manquent de discernement.

    Quant aux project bonds (qui ressemblent le plus à ce qui est proposé dans cet article et actuellement en discussion pour des sommes bien plus modestes) pour diminuer le coût du capital, voilà un sujet sur lequel Les Allemands peuvent aussi être intéressés car ils auront des difficultés eux aussi. Reste à se mettre d’accord sur un projet commun : si la fédéralisation passe par une perte de souveraineté suffisante sur les sujets énergétiques, alors on peut oublier le nucléaire et le choix avantageux français que veulent mettre à bas les Allemands (voir la synthèse de Michel Cruciani pour l’IFRI sur le sujet).

    http://www.bloomberg.com/news/2012-06-25/german-energy-switch-may-only-be-50-percent-funded-welt-says.html

  2. Parler du coût du kWh éolien en comparaison du kWh EPR, n’ a pas de sens : l’EPR dure trois fois plus longtemps que l’éolien et votre calcul ne porte que sur la période d’amortissement, et non sur la durée de vie. Et surtout le kWh éolien est fatal, alors que le kWh nuc peut être programmé. L’efficacité d’une source installée dépend de sa puissance installée (voir Watt utile sur mon site) Au dessus de 10 GW l’éolien perd 2% par GW installé jusqu’à 25 GW.

  3. Je plaide pour un retour aux monnaies nationales au sein d’un euro commun.
    Mais si nous voulons rester dans l’euro actuel (monnaie unique), si nous voulons simultanément financer les investissements nécessaires à cette transition énergétique indispensable, il me semble que la seule solution soit de voir la BCE émettre 300 à 400 milliards d’euros annuels au bénéfice d’une structure européenne de gestion de ces montants. Bien évidemment, parallèlement, il faudra limiter le pouvoir d’émission monétaire des banques commerciales afin d’éviter une croissance excessive de la masse monétaire circulante.

  4. @ A-J Holbecq : Ici vous prêchez des convaincus, mais à moins que vous ne fassiez partie des pontes de l’équipe gouvernementale actuelle (et même encore !), je ne vois pas comment ce message de vérité et de progrès pourrait arriver à destination…

  5. @ W@71h3µ
    Il me reste une toute petite dose d’optimisme, alors je me dis qu’en diffusant le lien de cet article d’Alain, ou en demandant à tous de diffuser un manifeste que certains viennent de lancer ( http://ecosocietal.wordpress.com/2012/06/28/manifeste/ ), peut être ceux qui détiennent le pouvoir vont-ils réfléchir un peu …

  6. On attribue toujours un taux d’actualisation au capital mais à quelle hauteur l’augmentation du coût du combustible est-elle prise en compte ? Sur les 10 dernières années, pour le pétrole la moyenne doit être de plus de 40% / an (passé de 25 $ à 100 $), je ne connais pas les chiffres pour le gaz et le charbon destinés aux centrales mais pour les tarifs domestiques le gaz augmente de 10 % en moyenne.
    Cela ne compense-t-il pas d’ores et déjà le taux d’actualisation lorsque l’on compare une solution intensive en capital à une solution intensive en combustible?

    • @Rémy
      Le calcul fait dans ce post cherche à montrer que la part du cout du capital est plus élevé dans les énergies décarbonées que dans les carbonées. Si les énergies fossiles sont plus coûteuses cela renforce le raisonnement (car à ce moment-là pour ces énergies le coût du combustible sera encore plus élevé par rapport à leur coût total). Votre remarque concerne, je suppose le coût relatif des unes et des autres, qui sera bien sûr plus favorable aux décarbonées qu’aux carbonées si le coût des combustibles fossiles augmentent.Dans le graphique que j’ai retenu pour illustrer mon propos le gaz est à 6,9 euros le MBTU et le CO2 à 20 euros la tonne (alors qu’en ce moment il est à moins de 10 sur le marché ETS). On peut bien sûr faire le calcul du coût des fossiles qui rendent les décarbonées rentables même à un taux d’actualisation de 8 ou 12 % mais je tenais à faire l’exercice inverse ici. Le but est de montrer qu’il y a un autre moyen que le laisser-faire du marche (et l’attente que les prix montent, ce qui n’est pas certain) et l’espoir dans un prix au carbone. Le but est de montrer que la voie d’un financement pas cher est intéressante. Cela ne veut pas dire qu’il ne faille pas continuer a se battre pour un prix au carbone, cependant.
      bien à vous.
      AG

  7. Bonjour,

    Avez-vous pensé à réaliser quelques évaluations/comparaisons sur la dette énergétique des différents moyens (plutôt dans une vision « retour sur investissement/ROI » énergétique) et la consommation d’eau (plutôt dans les coût opérationnels – quelle part de consommation par rapport à la ressource accessible).

    A mon sens, le défaut de CAPEX des énergies décarbonnées n’est pas tant le prix (qui effectivement tient beaucoup à des problématiques de financement qui sont des fausses problématiques de répartition à l’aune de l’équilibre planétaire), mais bien l’énergie qu’il faut utiliser pour installer et exploiter un moyen de production.

    Et concernant la vision « Eau », je pense que les décarbonnées prouvent leur supériorité !

    Bonne journée

    • @DavyMM
      Les moyens de production « décarbonés » sont relativement plus intenses en « capital »; dans la pratique cela veut dire qu’au plan matériel la construction de la centrale nucléaire, de l’éolienne, des panneaux, … « consomme » de l’énergie et des intrants (comme les moyens carbonés, mais le différence c’est que le gros des émissions est fait là-). Pour les moyens électriques dont il est question ici, le calcul du contenu en CO2 du kWh fourni intègre le CO2 émis lors de cette construction (et aussi les émissions de CO2 liées à la fabrication des matériaux (nous appelons cela le « capcar ») et le CO2 émis pendant l’exploitation. Le temps de retour carbone permet de voir si l’opération a un sens en termes de CO2.Ce n’est pas toujours le cas, ça dépend de la nature de l’énergie utilisée : des panneaux solaires dont une part importante est faite en Chine avec de l’électricité au charbon, ont un retour carbone long quand ils produisent de l’élec en france….
      On peut faire le même raisonnement en énergie.
      Concernant l’eau les calculs ‘d’empreinte eau » visent à faire le même type de bilan. Je pense que la réponse va dépendre des situations et de la manière dont on approche l’empreinte eau (stress hydrique, pollution, réchauffement, usage de réserves « primaires »…). Ca vaut le coup de les faire en effet.
      Bien à vous.
      AG

  8. @tonton
    « énergie décarbonée » ne veut pas dire « énergie renouvelable » : l’uranium demeure une ressource limitée, éloignée, et … pas très « durable » dans le sens où cette ressource ne sert pas des populations locales qui en auraient bien besoin.
    @tous, les auteurs intègrent beaucoup de notions fort utiles et intéressantes. Bravo !
    Il me semble qu’il manque encore des éléments d’appréciation ô combien stratégiques.
    Quid de celle du coût inhérent à la destruction et à la carence de la ressource non renouvelable (et pour cause, les économistes n’ont pas encore fait cette démarche pourtant liée à la finitude des ressources) ?
    Quid du coût du stockage (pour le nucléaire en tout cas) ? Quid du coût de la recherche pour arriver à le stocker sans risques majeurs ?
    Quid du coût de la déconstruction des sites de production ? Sait-on les arrêter, les dépolluer, puis les déconstruire ?
    L’intégration de ces notions peut-elle être enfin démarrée, partagée, médiatisée, pour que l’on sache enfin ce que coûtent véritablement les différents types d’énergie, de partage, et de consommation … ?
    Merci. Bien à vous.
    MC

    • @Toun
      le rapport de la cour des comptes, sur les coûts du nucléaire donne des éléments sur le démantèlement et le stockage des déchets; j’espère que le débat sur l’énergie qui démarre à l’automne va permettre une médiatisation des résultats et un débat critique. Concernant le coût de la destruction d’une ressource non renouvelable je n’ai pas vu en revanche d’approches économiques qui me convainquent. il y a un modèle qui fait référence sur ce sujet c’est celui d’Hotelling.
      mais bof à mes yeux. merci pour toute référence plus pertinente!
      Bien à vous.
      AG

  9. Je pense que tout le monde est intéressé par un financement pas cher avec un taux d’intérêt le plus proche de 0% possible. La question est plutôt de savoir si c’est réellement possible de rémunérer le capital nécessaire à 2% vu:
    * les risques encourus qui existent toujours, même quand l’état garantit le prix d’achat
    * que 2% c’est le taux d’inflation: on ne gagne en fait rien à ce taux là
    * en plus, on doit payer des taxes là dessus.

    À noter que selon le graphique que vous avez mis, les promoteurs d’éolien s’en mettent plein les poches tant onshore qu’offshore. 20€/MWh de marge en onshore (>20% du prix de rachat) et 70€/MWh pour l’offshore. Comme quoi, il n’y a pas besoin de trouver du capital pas cher, trouver un gogo est nettement plus rentable!

    • @proteos
      L’argument de la rémunération du capital à une limite claire : celle de la création monétaire. La BCE prête à des taux très bas des sommes astronomiques aux banques sur des durées longues (les opérations dites de « LTRO » de l’ordre de 1000 milliards d’euros le prouvent, et LT veut dire long terme, c’est du 3 ans).
      le risque pris est pourtant à l’évidence très élevé : qui sait la santé réelle des banques et qui peut apprécier sérieusement la valeur des collatéraux pris en garantie?
      Or les banques de second rang créent aussi de la monnaie et même énormément.
      Donc la question est bien de savoir comment affecter intelligemment ces fonds à taux nul; et je plaide pour que ce soit en faveur des projets qui réduisent l’empreinte carbone de l’humanité et plus généralement qui lui permettent de transformer les structures de l’économie de sorte que cette économie cesse de consommer trop d’énergie et de ressources et d’émettre trop de GES.
      La crise économique et financière de l’Europe plaide à mon avis fortement pour la réalisation d’un « plan Marshall de la transition énergétique » qui répond simultanément à plusieurs problèmes.
      bien à vous ;
      AG

  10. Vos propos ne font que confirmer ce que je pense. Tout le monde veut du 0%.
    Vous prenez l’exemple de la BCE et du LTRO. Comme vous le remarquez, ce sont des prêts sur gages. Déjà, ça limite sévèrement l’intérêt du système pour les investissements énergétiques: s’il faut déjà disposer d’actifs avant d’en créer de nouveaux, il faut soit être une banque, soit être très riche! Vous pouvez me dire qu’on peut hypothéquer l’actif à construire mais on ne diminue pas le risque de cette façon.
    Ensuite, il se murmure que le haircut sur les titres apportés par les banques au LTRO n’est pas négligeable et tournerait autour de 50%. Donc quand on apporte des titres à ce type de guichets on ne peut emprunter qu’à hauteur de la moitié de la valeur. Ce qui limite encore plus sévèrement l’intérêt du système.

    Passons maintenant aux prêts pour le vulgum pecus. Les taux les plus bas sont pour les prêts immobiliers pour lequels la garantie est l’actif immobilier qui est déjà construit donc déjà tangible. Si vous voulez un prêt personnel sans garantie, je ne sais pas si vous pouvez trouver mieux que 6%/an. Bref.

    Je constate simplement que le moyen le plus sûr que de nouveaux moyens de production décarbonnés soient construits, c’est encore qu’ils produisent à moins cher que les moyens carbonnés. C’est ce qui s’est passé pour le nucléaire en France dans les années 70.

    À noter aussi que le plan Marshall représentait 1% du PIB US. Si c’est tout ce qu’il faut investir pour décarbonner l’énergie qu’on utilise, je ne vois pas bien pourquoi on se pose tant de questions.

    • @proteos
      Les actifs susceptibles d’être acceptés sont majoritairement des prêts sous une forme ou sous une autre (actifs qui se créent d’un simple jeu d’écriture. En effet il faut être une banque. C’est bien ce que nous proposons…Ce peut aussi être un fonds créé pour réaliser ces opérations. Où est le problème?
      Le fait que la BCE soit amenée à faire de gros haircuts sur des prêts pourris va dans notre sens : la soi-disant nécessité de financer ou de refinancer des opérations avec un TRI suffisant pour gérer le risque n’est pas à l’ordre du jour quand la maison bancaire brûle. Quid quand c’est la planète?
      Pour ce qui concerne les particuliers c’est bien le sujet : il s’agit d’organiser le financement à taux bas et l’aide pour qu’ils puissent réaliser ces opérations de rénovation thermique, pas assez rentables actuellement vu les taux qu’on leur propose.
      Concernant le plan Marshall, merci de préciser vos sources. A ma connaissance il s’agit d’un plan de 4% du PIB. mais dans tous les cas il ne s’agit que d’une image. Dans le livre « ‘c’est maintenant’ nous avions fait l’analogie plutôt avec le réarmement américain pendant la deuxième guerre mondiale; de l’ordre de 30% du PIB ont alors été utilisés.
      Concernant la référence au nucléaire, sans entrer dans le débat par la petite porte, je pense qu’il a fallu investir un gros paquet d’argent avant qu’il ne devienne rentable.
      Bien à vous.
      AG

  11. Pour le plan Marshall, il a coûté 12G$ sur 3 ans aux USA. Si vous allez sur le site du BEA http://bea.gov/national/index.htm#gdp vous verrez que le PIB cumulé sur ces 3 années a été de 900G$. Donc le plan Marshall c’est bien 1%/an du PIB étalé sur 3 ans seulement. Par contre côté européen, c’était évidemment plus gros puisque les destructions de la guerre étaient énormes.

    Pour ce qui est de la production d’électricité par le nucléaire en France, on a acheté une licence chez Westinghouse quand on a voulu faire qqch de sérieux: les investissements de R&D avaient été financés ailleurs. Les investissements dans les UNGG, un après coup des investissements pour fabriquer la bombe atomique française. Par ailleurs, l’historique des prix de l’électricité en France montre que le prix de l’électricité nucléaire était très raisonnable et comparable à ce qu’il y avait chez nos voisins, même à l’époque. Le rapport de la Cour des Comptes montre aussi qu’il n’y a pas eu des masses de subventions versées à EDF: les prix ont reflété le coût des investissements.

    Avec mes histoires de prêts sur gage & de haircut, je veux juste pointer que de nos jours la création monétaire à destination des banques n’est pas aussi gratuite qu’on veut bien le dire. Si ces programmes étaient si rentables pour les banques par rapport aux prêts non sécurisés interbancaires qui existaient auparavant, on peut se demander pourquoi les banques n’avaient pas demandé et obtenu plus tôt que ça se passe comme ça tout le temps.

    De plus, il faut déjà disposer d’actifs à apporter à ces guichets. Quels seraient ces actifs? Qui les détient maintenant? Qui récupère l’argent? Si pour vous les actifs sont juste des prêts qui sont faits à des entreprises ou des particuliers (comme le LTRO), je ne vois pas bien ce que vous voulez de plus, vu que ça a été mis en place.

    Pour moi, si comptez faire financer des investissements qui n’ont pas une rentabilité minimale, il n’y a guère qu’un seul moyen: taxer pour alimenter un fonds. C’est un peu l’intérêt de trucs comme la taxe carbone, d’ailleurs: ça rentabilise les dits investissements & dégage des moyens pour que ça se fasse où il y a des problèmes comme les problèmes d’action collective ou d’insuffisance de moyens pour investir.

  12. Une chose que j’avais oubliée: je ne suis pas sûr que comparer la lutte contre le changement climatique ou la préparation de la fin du pétrole avec la 2e guerre mondiale soit une bonne idée pour faire passer des idées. Il se dit par exemple qu’on est en temps de paix: on ne nous attaque pas avec une flotte de porte-avions, on ne nous envahit pas avec entre autres comme vue de massacrer toute une partie de la population, etc. Il y a une disproportion apparente. Ça n’empêche pas qu’il y ait une certaine urgence.

  13. Le « capital »… a trop de manettes de commandes à sa disposition. Ce n’est plus de l’émulation mais une dérive généralisée, dans ce domaine en particulier. Et si on essayait de remmettre l’humain et la nature au centre de l’économie? J’essaie de proposer une piste, certainement parmi tant d’autres:
    https://secure.avaaz.org/fr/petition/Passons_a_une_Economie_Plurielle/

  14. Une confirmation du coût du MWh d’électricité nucléaire EPR (81 euros) :
    http://energeia.voila.net/nucle/reacteurs_trop_chers.htm

    Vous remarquerez que cette étude a précédé celle de la Cours des comptes et est plus précise.

    Pour l’éolien terrestre, en se basant sur les tarifs d’achat, le coût que vous indiquez est vérifié sur les quinze ans de validité du tarif d’achat (deux périodes différentes de dix et cinq ans) :
    http://energeia.voila.net/electri/eolien_moins_cher.htm

    Mais après sa quinzième année, une éolienne continue de produire son électricité à un coût très inférieur à celui du nucléaire ancien et « historique ».

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