Que pourrait signifier 50 % de nucléaire à 2035 pour le parc nucléaire existant ?

14 septembre 2018 - Posté par Alain Grandjean - ( 2 ) Commentaires

Tags :   nucléaire
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CNPE DE DAMPIERRE
Credit : CNPE DE DAMPIERRE

Suite à la récente annonce du premier Ministre concernant la « constitution d’un mix énergétique à l’horizon de 2035 avec 50 % de nucléaire » Sébastien Timsit, responsable du pôle énergie de Carbone 4 a publié avec mon concours une tribune dans la lettre d’Enerpresse Le Quotidien de l’Energie (n°12158, 14 septembre 2018). L’objet de cet article est de fournir quelques ordres de grandeur permettant d’illustrer un peu plus concrètement ce que signifierait cette annonce pour le mix électrique si on considérait que « l’horizon 2035 » correspondait précisément à l’année 2035. Nous analysons en particulier ce que pourrait représenter 50 % de production d’électricité nucléaire en 2035 en volume d’électricité et en nombre de réacteurs ainsi que l’impact sur la trajectoire de rénovation des réacteurs.

Télécharger la tribune ici >>

Alain Grandjean

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2 Responses to “Que pourrait signifier 50 % de nucléaire à 2035 pour le parc nucléaire existant ?”

  1. RTE dans son rapport 2017 envisage une consommation intérieure d’électricité en 2035 d’environ 440 TWh (scénario « intermédiaire 3 », qui correspond à la trajectoire moyenne), en diminution donc par rapport à l’année 2017, qui était de 474 TWh (en consommation corrigée).

    Côté production, plus intéressant encore : elle était en 2017 de 529 TWh, toutes énergies confondues. Elle serait selon les prévisions de RTE en 2035 entre 589 TWh (scénario Volt) et 608 TWh (scénario Ampère), sans intégration des import-export, et décomposée comme suit:

    – Scénario Volt : 589 TWh, dont intermittents 160 TWh, renouvelables 83 TWh , nucléaire 346 TWh (facteur de charge pour ce dernier 72%).
    – Scénario Ampère : 608 TWh, dont intermittents 220 TWh, renouvelables 94 TWh , nucléaire 294 TWh (facteur de charge pour ce dernier 69%).

    Face à ces chiffres une question se pose immédiatement : avec une consommation prévue d’environ 440 TWh, et une production prévue de près de 600 TWh (moyenne des deux scénarios) en 2035, le système de production électrique français sera donc exportateur net d’approximativement 160 TWh à cet horizon.

    Est-ce seulement réaliste, alors que l’Allemagne est devenu le premier exportateur mondial d’électricité l’année dernière, et que la plupart des pays avec lesquels la France est en interconnexion développent actuellement un fort programme d’énergies intermittentes, qui occasionne structurellement une surcapacité de production (la preuve par les chiffres français). Poser la question c’est y répondre.

    Secondement, si la priorité des priorités demeure la baisse de nos émissions de CO2, si je me fie au catastrophisme ambiant affiché sans vergogne par les uns et les autres dans des tribunes et des publications illustres : par des milliers de scientifiques réputés, par des personnalités artistiques et médiatiques les plus en vue, récemment par le ministre démissionnaire Hulot etc…, il convient de remarquer que de TOUS LES SCENARIOS étudiés par RTE, celui qui tend à rejeter le moins de CO2 à l’horizon 2035 est celui (Volt) qui voit la baisse de notre production nucléaire la plus lente et la plus étalée dans le temps.

    Corollaire là encore immédiat : il n’est pas contestable que ces rejets seraient ENCORE PLUS limités si nous repoussions l’objectif inepte et purement idéologique consistant à vouloir réduire notre production nucléaire à 50% de la production nationale, 1/ en augmentant par exemple le facteur de charge de notre parc (68% actuellement) chroniquement sous-utilisé de l’aveu même de son opérateur EDF (il est de 90% aux Etats-Unis) et qui est une absurdité économique dont il sera très difficile à M. Grandjean de contredire la véracité 2/ en prolongeant de 20 ans la durée de vie d’un parc déjà amorti et ce après accord favorable de l’ASN et grand carénage, et 3/ en mettant en chantier d’autres réacteurs EPR en prévision du déclassement nécéssaire des dernières capacités fossiles (charbon/gaz).

    Là encore je pose la question aux prétendus « écolos » : quelle est votre priorité ??

    • Très bien dit

      On s’acharne à dépenser des milliards d’euros sur un secteur pour rien (et même pire pour qu’in fine ses émissions de CO2 ne soient pas aussi basses qu’elles pourraient l’être), et sur un secteur qui même si on mettait à 0 ses émissions de CO2 ne représenterait qu’un pouième du problème globale.
      Ces Milliards d’euros, c’est au moins 5 Milliards d’euros par an , juste en soutien pour racheter la production des ENR par rapport au tarif du marché. C’est sans compter la déstabilisation du prix du marché et les prix nuls à négatifs induits par cette priorité des ENR, ce qui du coup appauvrit les opérateurs (qui de ce fait doivent le répercuter en moindres dividendes à notre Etat actionnaire et en facture plus élevés).
      C’est de surcroit des surinvestissements dans le réseau… qui se retrouvent sur la facture des usagers !

      Avec ces milliards d’euros, on pourrait à la place :
      – construire les infrastructures de transports de la mobilité propre : piste cyclables, tramway, BHNS mais aussi rénovation lourde du réseau ferré, présence humaine dans les gares, nouveau matériel, Lignes à Grande Vitesse etc…
      Tout ceci réduirait considérablement nos émissions de CO2 et irait de pair avec la « contraction » de la voiture, qui faciliterait alors l’objectif des 2L au 100 (moindre besoin d’une grosse voiture etc…)
      – installer partout où c’est efficace, des chauffe eau solaires
      – isoler les logements
      – installer quand c’est possible les système de rafraichissement passif, en prenant la fraicheur sous la terre, par « ventilation »
      – …

      On s’y mets quand ? Car un tel programme, avec les quelques milliards d’euros par an qu’on dilapide dans les ENR est à portée de financement.

      Tant pis pour le romantisme de la sortie du nucléaire : priorité à la planète !

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