Crise financière et développement durable

Crise financière et développement durable, Alain Grandjean, février 2008 :

Cet article, rédigé pour la revue Annale des mines en février 2008 est désormais accessible en téléchargement sur ce blog (au lien suivant et dans l’onglet “publications”).

Résumé :

“La crise financière actuelle qui semble s’inscrire « naturellement » dans une série de crises est sans doute la plus violente depuis les années 30. Mais elle intervient dans un contexte nouveau : les enjeux environnementaux deviennent déterminants au plan géopolitique et économique. On ne peut exclure que la crise écologique se conjugue avec la crise financière et alimente une crise économique dans un contexte social difficile. Cette situation pourrait et devrait susciter des réformes d’ampleur comparable à ce que le monde a connu entre les deux guerres avec le retour de la régulation publique. Alain Grandjean propose ici quelques pistes de réforme qui permettrait de remettre monnaie et finance au service du développement durable, inversant ainsi la direction prise depuis le tournant néolibéral des années 1970.”

Sommaire de l’article :

I Des enjeux déterminants en termes de développement durable
II L’arsenal des économistes du développement durable est à compléter
III La doctrine des banques centrales est à repenser
IV Une nouvelle approche est à initier
1 La coordination des politiques budgétaires et monétaire
2 Le durcissement drastique de la régulation monétaire
3 Le calcul du déficit public
4 Le financement des investissements de long terme  à rentabilité lente
Conclusion : le développement durable pour limiter l’ampleur des crises financières
Annexe : rappels sur la crise des subprimes

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Le petit guide pour répondre aux arguments climato-sceptiques

Parce que les mêmes arguments climato-sceptiques reviennent régulièrement malgré le consensus scientifique mondial et parce qu’on ne sait pas toujours que répondre aux sceptiques qui s’appuient souvent sur des éléments pseudo-scientifiques, voici enfin un recueil rigoureux des données prouvant le changement climatique et l’urgence de sa compensation.

Le petit guide pour répondre aux arguments climato-sceptiques. (cliquez)

C’est en anglais mais c’est complet et relie directement les ressources scientifiques en ligne. Les arguments sont triés par types d’arguments, domaines scientifiques, niveau de complexité et niveau de déni, pour permettre un accès rapide, par exemple dans le cadre d’une discussion en ligne.

(Illustration par Wikimedia Commons)

Fiscalité écologique, la voie de la raison

Cet article, “fiscalité écologique, la voie de la raison“, co-signé par Nicolas Hulot, Dominique Bourg, Patrick Criqui, Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean a été publié par Les Echos le 9 juin 2008.
Il s’agit d’un appel à la création d’une Contribution Climat Energie et a son mode de compensation, appelé à l’époque par les experts de la FNH l’allocation universelle climat.

Un petit morceau d’histoire de la taxe carbone donc…

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EarthTrends, l’information environnementale

Un nouveau lien important rajouté aux “liens utiles” (en bas de la colonne de gauche de ce blog)

http://earthtrends.wri.org/

Cette superbe base de données dédiée à l’environnement du World Resources Institute rassemble des tableaux de chiffres, des cartes et des données sur un très grand nombre d’indicateurs, sur tous les pays, et de manière historique.

Une référence.

Les leçons d’une crise annoncée

L’auteur dessine ici les contours de la crise économique qui se prépare du fait de l’aveuglement des élites dans la pénurie des ressources énergétiques alors qu’il existe des moyens scientifiques pour savoir ce qu’il faut faire.
Ainsi il esquisse quelques pistes pour éviter le pire. Il n’est pas trop tard.

Extrait :
Le premier choc pétrolier nous a induit en erreur : il a profondément ancré dans nos
esprits que toute hausse des cours était suivie d’une  baisse, et que derrière une
récession passagère la croissance repartait de l’avant. Il a validé une vision cyclique
de l’économie selon laquelle une période de vaches maigres précédait
nécessairement une période de vaches grasses. Le baril a franchi récemment les
140 dollars ; allons nous revivre la même histoire ? Non, car tout converge pour
donner à penser que nous approchons à grand pas du plafonnement de la
production mondiale de pétrole, quelque part entre 90 et 100 millions de barils jours.
La consommation mondiale étant encore fortement orientée à la hausse, les
alternatives au pétrole, énergie liquide et très dense, étant loin d’être prêtes
industriellement à une hauteur suffisante,  le prix ne pourra que monter
structurellement… Sans compter les risques liés à un situation géopolitique pour le
moins instable. Un conflit avec l’Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz conduiraient
inévitablement à une explosion du prix et à  des rationnements de pétrole dans toute
l’Europe. Avec cette grille de lecture, les secteurs fortement dépendants du pétrole
vont certainement connaître une crise majeure. On en a entendu cette année les
premières prémisses dans l’industrie aéronautique , le transport aérien et la
construction automobile outre-atlantique.

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Pétrole : Cruel sera le réveil en streaming

Le pic de production du pétrole n’est pas une mince affaire. Voilà un petit film pour comprendre un peu mieux ce dont il est question. Entre autres, s’y trouvent des interviews d’un grand nombre de spécialistes de ces sujets. Merci à Benoit de me l’avoir signalé.


PETROLE Cruel sera le reveil 1/5 (cliquez ici pour voir la suite sur Dailymotion)

Pour plus d’information sur le pic de pétrole, voir le site de l’Aspo, l’association pour l’étude des pics de production de pétrole et de gaz naturel. C’est le site des géologues indépendants les mieux informés sur ce problème majeur pour nos économies qu’ils sont les premiers à avoir mis en évidence.

Le climat a besoin d’une taxe carbone

Une longue interview de la Revue Durable m’a permis d’exprimer mes positions sur la taxe carbone, la fiscalité écologique et ses enjeux.

J’en profite pour vous conseiller ce bimestriel de qualité. Ils sont sérieux, engagés et professionnels. Ils prennent le temps d’exprimer les idées et leurs dossiers sont toujours très bien documentés.

Pour en savoir plus, voici ce qu’ils disent d’eux-mêmes sur leur site.

Cliquez pour aller sur le site de la Revue Durable

Voici des morceaux choisis de cette interview (Parue dans La Revue Durable no 35, septembre-novembre 2009) :

LRD : Est-il impératif de taxer le carbone pour lutter contre le changement climatique ?
AG : Il me paraît essentiel d’insister très lourdement sur le besoin de mettre un prix sur les émissions de CO2, car cela n’est pas évident pour tout le monde. Il y a des gens qui, pour des raisons idéologiques, pensent qu’il ne faut jamais donner de prix à la nature, qu’il soit positif ou négatif. Je pense au contraire que sans contrainte économique, l’être humain n’est pas dissuadé de polluer. Et un système économique qui ne dissuade pas de polluer risque de générer un énorme sentiment d’injustice, car même s’ils se fondent sur une forte éthique personnelle, ceux qui font des efforts pour ne pas polluer n’accepteront jamais l’idée que les pollueurs ne sont pas sanctionnés.

Pour que le prix du CO2 puisse orienter les choix des industriels et les actes de la vie courante, il faut qu’il soit suffisamment lourd pour être dissuasif.

LRD : Mais un prix « lourd » ne peut pas être instauré du jour au lendemain.
AG : Bien sûr ! L’imposer trop vite ferait exploser le système. Pour ne pas contraindre des entreprises à déposer le bilan et épargner les ménages défavorisés, ce prix sur le carbone doit être mis en place à un niveau de départ assez bas, puis croître en permanence.

LRD : Concrètement, que propose la Fondation Nicolas Hulot ?
AG : Nous soutenons la proposition de la Commission Quinet4, qui recommande de partir avec un prix de 32 euros la tonne de CO2 en 2010 pour monter à 56 euros en 2020, 100 euros en 2030, 200 euros en 2050. Cette taxe s’appliquerait aux énergies fossiles : gaz, pétrole et charbon. Nous sommes en revanche très hostiles à l’idée de taxer le contenu en carbone des produits. Savoir combien de carbone il y a dans une fraise, c’est possible, mais cela prend du temps et ce contenu en carbone bouge… Or, il y a des millions de produits.

Certes, ce que nous proposons ne prend pas tout en compte. Il faudra s’attaquer rapidement par un mécanisme complémentaire au méthane et à l’oxyde nitreux issus de l’agriculture et de l’éructation des bovins, par exemple. Mais il faut agir vite, et dès lors faire avec ce qui est disponible. Pour l’administration, on sait faire : tous les pays européens taxent les combustibles. Le problème principal sera de garantir la croissance de la taxe : il est juridiquement beaucoup plus difficile de mettre en place un prélèvement qui croît qu’un prélèvement stable.

LRD : Cette taxe ne ferait-elle pas doublon avec le système européen des quotas, qui met déjà un prix sur le carbone ?
AG : Le système des quotas s’adresse aux grandes entreprises très intensives en carbone dans quelques secteurs : l’électricité, l’acier, le ciment, le verre, le papier et bientôt le transport aérien. Au total, il ne couvre, au niveau européen, que 50 % des émissions de CO2. En France, 30 % des émissions. Lorsque je me chauffe ou que je roule en voiture, par exemple, je ne suis soumis à aucune contrainte économique liée à la pollution que j’engendre.

LRD : Un autre sujet de discussions avec la taxe, c’est la redistribution de ses revenus.
AG : Sur ce point, nous proposons d’instaurer une allocation universelle climat pour les ménages. Idéalement, il faut garder la taxe jusqu’à la fin des temps, mais l’allocation doit être provisoire, le temps de permettre à chacun de s’adapter. Si les gens savent que la taxe est là pour rester, mais pas l’allocation, ils prendront toutes les dispositions pour diminuer leur charge fiscale carbone.

Aujourd’hui, par exemple, les gens emménagent sans considération du prix énergétique de la localisation du logement. Avec un système qui pénalise de plus en plus la consommation de carburant fossile, on fera beaucoup plus attention à ce paramètre. Il faut laisser l’allocation le temps que la transition sociale s’effectue – cinq ou dix ans –, car cela prendra du temps.

LRD : Mais tout le monde ne va pas déménager en cinq ou dix ans. Et les pouvoirs publics n’ont pas les moyens de revoir la configuration des agglomérations dans un laps de temps aussi court.

AG : La pression sur les ressources s’accélère, elle aussi, inéluctablement. Il faudra peut-être recourir à de grands travaux, comme lors du New Deal, solution que nous évoquons avec Jean-Marc Jancovici dans C’est maintenant ! Ce point sera soulevé à l’occasion du grand emprunt national.

Comment les économistes ont-ils pu se tromper à ce point ?

L’association Chômage et Monnaie publie une traduction de l’article du prix Nobel d’économie 2008 Paul Krugman :
“Comment les économistes ont-ils pu se tromper à ce point ?”.Chomage et monnaie

L’article va au fond des choses pour qui veut comprendre ce retentissant échec des économistes. Un must.

La fiscalité écologique selon la commission des finances

Vous pouvez télécharger ici le rapport d’information des députés MICHEL DIEFENBACHER

et JEAN LAUNAY sur la fiscalité écologique, auprès de la commission des finances de l’Assemblée nationale.commissiondesfinancescce

Le rapport évoque tour à tour les enjeux du changement climatique, l’existant à l’international en termes de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre (système de quota, protocole de Kyoto), puis les raisons qu’à la France de s’engager sur la voie de la fiscalité écologique et les questions que pose l’instauration d’une Contribution Climat Energie (CCE).

Le rapport est suivi des dialogues de la commission des finances de l’Assemblée nationale sur la Contribution Climat Energie.

La conclusion du rapport est sans appel :

Reste à rendre « acceptable » cette réorientation de notre fiscalité vers
l’écologie. C’est peut-être le plus difficile, d’autant que les mécanismes de
restitution sont complexes et risquent d’être mal compris.
Il faudra donc faire un important effort de pédagogie. L’objectif est de
bâtir un consensus durable sur les objectifs à long terme. Les rapporteurs ont
conduit leurs travaux dans un esprit « transpartisan » et considèrent que la
question environnementale est suffisamment grave pour l’avenir de l’humanité
pour qu’elle ne soit pas l’otage de considérations d’une autre nature.
En vue de son acceptation par le public, le discours qui accompagne la
mise en place de la contribution doit être clair, courageux et persévérant.