Dérives de la finance, pantouflage des élites dans les banques, dérégulation et crises à répétition…Les critiques et propositions pour remettre la finance au service de l’économie réelle ne manquent pas. Voir notamment les livres de Gaël Giraud et les publications de l’ONG « Finance Watch« .

Pour les étudiants, le réveil écologique passe aussi par l’épargne
De : Billet invité

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10 Juil 2019

Dans cette tribune parue dans Investir le 6 juillet 2019, trois des initiateurs du Manifeste étudiant pour un réveil écologique” nous expliquent pourquoi l'épargne est un levier à mobiliser pour la transition écologique. 

On l’oublie parfois, à cause des abstractions des mathématiques financières, mais la finance est avant tout un pari. On parie sur la direction que prendra le futur, et on investit dans ce qui a le plus de chance de prospérer. Du point de vue d’un jeune en 2019, miser sur le business as usual - c’est-à-dire sur un monde à +4°C et sur la disparition de services écosystémiques nécessaires à notre vie - ne semble pas bien rentable, quels que soient les gains financiers de l’opération. C’est en quelque sorte un pari pascalien inversé : quoi que l’on gagne, ce que l’on perd...

Comment BPIFrance pourrait devenir sans attendre la banque française du climat ?
De : Billet invité

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3 Juin 2019

Les banques publiques d’investissement existantes, au premier rang desquelles Bpifrance, peuvent être réformées pour renforcer leur capacité à agir en faveur du financement de la transition énergétique, sans recourir à la création de nouvelles institutions (comme la Banque du climat) dont l’idée apparaît fragile au regard de la réalité des mécanismes monétaires. Cela suppose toutefois de s’interroger sur leur doctrine d’intervention ainsi que sur l’étendue des moyens dont elles disposent en provenance de l’Etat mais aussi au regard de leur configuration institutionnelle. Cet exercice appliqué à Bpifrance conduit à la formulation de propositions concrètes pour renforcer sa capacité d’action et faire de Bpifrance une véritable banque française du climat.

Article écrit par Nicolas Dufrêne.

Le dogme économique, au cœur du désaveu européen
De : Marion Cohen

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24 Mai 2019

Au sortir de la Seconde guerre mondiale, l’Europe est née d’une promesse « plus jamais ça ! », de l’ambition d’une paix durable. Pour ce faire, l’économie de marché et les échanges économiques ont été perçus dès l’origine comme le moyen de rapprocher les peuples en créant des intérêts partagés. Aujourd’hui, l’Europe ne fait plus l'unanimité comme en témoigne les désaffections électorales, le renouveau des nationalismes et de la xénophobie, ainsi que les voix multiples qui, dans la lignée du Brexit, appellent à quitter l’Union… C’est qu’en 60 ans, l’outil au service du rapprochement des peuples a pris le pas sur tout le reste. Concurrence, marché ouvert, compétitivité, libre circulation des capitaux, politique monétaire indépendante… les mots clefs de la théorie économique néolibérale ont été inscrits dans le marbre des...

La BCE dispose déjà d’un mandat légal pour développer des politiques monétaires écologiques
De : Billet invité

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14 Mai 2019

Contrairement à ce qui est couramment admis, le mandat actuel et le cadre légal de la Banque centrale européenne lui offrent des possibilités d’actions importantes sur le terrain du changement climatique. Le temps est venu de passer à l’étape suivante : celle de la mise en place de politiques concrètes.  La transition vers une économie bas-carbone requiert une redirection massive des flux financiers vers des projets durables. Dans son premier rapport, le Network for Greening the Financial System (NGFS), reconnaissait le rôle décisif des Banques centrales dans cette tâche, tant celles-ci influencent la destination et le volume du crédit, le coût du capital sur les marchés financiers et tant elles sont les dépositaires de la stabilité financière.

Néanmoins, nombreux sont ceux qui affirment que l’actuel...

Notre livre « Agir sans attendre » aujourd’hui en librairie
De : Alain Grandjean

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7 Mai 2019

Quelle est cette folie qui enferme la France et l’Europe dans l’attentisme alors que se rapproche la catastrophe climatique ? Nous n’investissons pas assez – loin de là – pour développer une économie sobre et durable. Pourquoi ? Parce que tous les gouvernements sont guidés par un diktat politique fondé sur le court-termisme et la priorité exclusive donnée aux contraintes économiques. Cet ouvrage déconstruit un à un les arguments qui justifient l’inaction et propose une piste de sortie par le haut. En effet, aucune règle ne nous empêche d’agir. La démission fracassante de Nicolas Hulot l’a rappelé : il est temps de bousculer la léthargie politique des dirigeants européens et de profiter de la flexibilité que les traités de l’Union européenne autorisent. Aujourd’hui, la mise en œuvre d’un véritable plan Marshall vert...

Comment la finance a capturé l’économie et comment la remettre à sa place ?
De : Alain Grandjean

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23 Avr 2019

L’économiste Laurence Scialom[1] vient de publier La fascination de l’ogre (chez Fayard), un essai sur la capture[2] de l'économie par le secteur financier. J’en recommande vivement la lecture ainsi que son interview par Romaric Godin. Laurence est une scientifique engagée ; elle s’est battue contre l’imposture de la loi de séparation bancaire (qui n’a rien séparé du tout , voir dans le blog la série des posts à ce propos), promesse de campagne majeure de François Hollande (exprimée lors du discours du Bourget) et non tenue. Cette affaire a bien montré non seulement le pouvoir considérable du système financier sur l’Etat, mais aussi sa capacité à enfumer au sens strict...

Nourrir le débat sur une annulation partielle (370 mds€) de la dette publique
De : Billet invité

Les Shadoks
15 Avr 2019

L’objet de cet article est de nourrir le débat public sur l’opportunité d’une prise de décision politique visant à annuler une part substantielle de la dette publique française : 370 Milliards d’euros. En France, ce sujet pourrait faire l’objet d’une question au Gouvernement dans le cadre d’un débat parlementaire. La question pourrait être également posée au niveau européen, pour les pays de la zone euro. Cette proposition simple n’a aucune dimension sociale, et n’aurait aucun impact redistributif ni budgétaire, ne faisant intervenir que deux institutions : le Trésor et la Banque de France. Elle fait écho à des publications de la Banque de France, de la Banque centrale européenne, et de la Federal Reserve Bank américaine qui ont confirmé au premier trimestre 2019 la pérennité de la situation monétaire décrite ci-après. Et donc dorénavant, le...

Élection européennes : les investissements écologiques au coeur du programme des Verts allemands
De : Billet invité

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8 Avr 2019

Le programme des Verts allemands pour les élections au Parlement européen sera en particulier porté en Allemagne par la jeune, mais déjà très expérimentée parlementaire européenne Ska Keller (2 législatures). Ska Keller est en outre la « Spitzenkandidat-in », principale tête de liste et candidate des Verts européens à la présidence de la Commission. Le choix d’une tête de liste expérimentée et la qualité du programme sont exemplaires de l’importance que la classe politique allemande accorde à un investissement continu dans le lieu de pouvoir que sont les institutions européennes, particulièrement le Parlement. Le programme comporte 6 chapitres (190 pages) et couvre l’ensemble des politiques impliquant le niveau européen : 1) Préserver le climat et les ressources naturelles 2) Renforcer l’union...

La dette publique ne doit plus être un prétexte empêchant la transition écologique
De : Alain Grandjean

Extrait de la couverture du livre - Dette 5000 ans d'histoire de David Graeber
5 Avr 2019

Nous avons vu dans un post précédent comment le débat sur les dépenses publiques pouvait être faussé et conduire à des conclusions hâtives, voire franchement erronées. Notamment nous avons vu que la France n’avait pas de honte à avoir de son modèle social et que le ratio dépenses publiques/PIB n’avait juste aucun sens économique. Mais pour certains, peu importe, car la dette publique étant de toutes façons trop élevée, il serait nécessaire de la réduire en baissant les dépenses et ... les recettes, car les taux de prélèvement obligatoire seraient exorbitants. Cette contrainte présentée comme incontournable conduit à des coups de rabots dans les dépenses publiques présentés comme autant de « choix courageux ». Dès lors, sont justifiées la privatisation de notre patrimoine national (aéroports,

La France championne des dépenses publiques : comment fausser un débat ?
De : Marion Cohen, Alain Grandjean

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5 Mar 2019

Les éléments de cadrage sur la fiscalité et les dépenses publiques mis en ligne sur le site du Grand Débat présentent de nombreux biais qui induisent les citoyens en erreur. Loin de tirer le constat du mécontentement social pour remettre en question les priorités de sa politique économique, le gouvernement les pose comme un contexte inébranlable : la France, championne des dépenses publiques, vit au-dessus de ses moyens et les Français ne veulent plus payer d’impôt. Il faut donc réduire les uns et les autres. On demande alors seulement aux citoyens quels impôts supprimer et quelles dépenses couper. Nous souhaitons ici dénoncer quelques idées reçues et rétablir quelques vérités. Loin d'être une charge pour la société, les dépenses publiques constituent autant de revenus pour les entreprises et les...

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