Urbanisation : la banlieue, durable ou pas ?

Nous avons tendance à penser que la banlieue est une forme de développement urbaine incompatible avec la réduction des émissions de gaz à effet de serre, en comparaison d’un modèle d’urbanisation basé sur des centre villes denses et des villages resserrés reliés par des lignes de train.

David Holmgren a un avis différent : je vous invite à l’écouter…. (anglais)
Ce néo-zélandais est l’un des inspirateur de ce qui s’appelle la permaculture.

Il a par ailleurs produit le petit site suivant sur lequel sont proposés quatre scénarios d’évolutions possibles….
http://www.futurescenarios.org/

Grand emprunt, petit début !

Après la fin de nos travaux au sein de la commission Grand Emprunt, j’ai écrit pour les Echos (sorti hier matin, 24/11/09) ce que je pensais de ce travail.

Lire l’article…

A ce sujet, voir également cette interview vidéo de l’Expansion, à la minute 2:14 :

Et sinon, téléchargez le rapport de la Commission Grand Emprunt

Présentation du livre “Les Etats et le Carbone”

Voici une courte vidéo (2mn) de présentation du livre “Les Etats et le carbone”.

Extraits :
“Les contraintes climat et énergie vont obliger les Etats à reprendre en main des leviers de politique économique qu’ils avaient oublié de puis plus de trente ans avec la libéralisation de l’économie”

“Il faut que les Etats investissent fortement pour changer les modèles de production et de consommation de nos pays”

“A quelques jours de Copenhague, où va se négocier l’accord le plus important du début du XXIème siècle sur le climat, la question de savoir quels sont les bons outils pour gérer le climat au niveau mondial est d’actualité”

Voici la couverture dudit ouvrage : (cliquez pour l’acheter en ligne)

La taxe Tobin pour sauver le climat, une fausse bonne idée

Taxer la finance pour sauver le climat, c’est pas idiot !

L’une des clefs de la négociation de Copenhague sur le climat est indiscutablement le financement des pays pauvres par les pays riches pour qu’ils puissent s’adapter au changement climatique et bénéficier de solutions “bas carbone”; aller chercher l’argent nécessaire chez les les plus riches (des pays de l’Ocde mais pas que..) est une idée équitable. Aller le chercher dans l’univers de la finance aussi, au motif que les Etats donc les contribuables ont mis beaucoup d’argent pour les sauver. C’est donc aussi une idée politiquement intelligente.
Pour autant la taxe sur les transactions financières, dite Taxe Tobin, proposée par une série de gouvernements , dont la France, n’est pas la bonne solution. Il est utile de comprendre pourquoi et de proposer une alternative.

Certains arguments “contre” sont infondés. Il n’est pas vrai qu’on ne puisse pas repérer les transactions financières, même vers les paradis fiscaux. Ces mouvements passent tous par les chambres de compensation bien connues depuis l’affaire Clear Stream. Il n’est pas vrai qu’on ne puisse pas obtenir un accord international sur un instrument mondial : les négociations post- crise sont difficiles mais pas impossibles.

Un petit tour du côté des salles de marché :

Le vrai problème est plus basique mais nécessite de comprendre une toute petite partie du travail des  traders dans les salles de marché. L’une des activités des salles de marché socialement la moins discutable consiste à vendre à leurs clients des “couvertures” (de taux, de change ou autre).
Prenons le cas simple de la couverture de change. Vous êtes un entrepreneur et vous vendez des produits fabriqués en zone Euro aux USA. Votre marge dépend inévitablement de la variation du cours de change Euro/Dollar. Vous souhaitez réduire cet aléa et vous vous tournez vers votre banquier préféré. Si les montants sont suffisamment importants il vous propose des options de vente à terme à prix fixé aujourd’hui (comme ça quand votre client va vous payer en dollar, si le dollar a baissé par rapport au cours de couverture, vous pourrez quand même vendre vos dollars en euros au cours actuel et vous aurez un revenu garanti, et si le dollar a augmenté vous n’exercerez pas votre option et vous les vendrez au cours qui vous fera gagner plus d’argent que le cours de l’option.
Ces produits dérivés sont devenus accessibles aujourd’hui grâce aux développements des mathématiques financières et des pratiques des traders dans les salles de marché. Sans rentrer dans les détails, il faut juste savoir que pour que les banques puissent vendre ces « couvertures » il faut qu’elles –mêmes se couvrent et que la seule stratégie en la matière consiste à constituer des couvertures, à base de transactions financières effectuées éventuellement tous les jours et même plusieurs fois par jour. Sans cela le risque devient considérable et le service « hors de prix ». Le seul hic c’est que ces transactions viennent gonfler le total des transactions financières quotidiennes sans qu’on puisse discerner celles qui sont faites pour constituer ces couvertures et celles qui sont faites à visées spéculatives….

Le vrai problème de la taxe Tobin :

La taxe tobin même à un taux très bas rendrait impossible ces opérations de couverture. Ce serait la fin des opérations de couverture. On peut s’attendre donc à une opposition frontale de toutes les banques (et pas juste des anglo-saxonnes) puisque cela les obligerait à arrêter leur activité de banque de marché , une des plus rentables et à licencier des milliers de personne.
 On pourrait se dire : pas grave, quelle est l’utilité sociale de ces activités. On se passait bien de tout cela du temps du régime de Bretton-Woods et des changes fixes.
Certes mais cela veut dire que cette petite modification de règles du jeu entraînerait une révolution qui n’est pas envisageable dans l’état actuel des rapports de force. Mieux vaut donc chercher un autre mécanisme. Je proposerai dans un prochain poste un dispositif alternatif.

Pour aller plus loin, la meilleure référence à mes yeux est le livre de Nicolas Bouleau, professeur à l’école des Ponts et chercheur au Cired
Mathématiques et risques financiers, Odile Jacob, 2009.
C’est lui qui m’a fait ouvert les yeux sur ce problème.

Tournée des Cowboys Fringants

L’excellent groupe Québecois “Les Cowboys Fringants”, très impliqué dans la défense de l’environnement (notamment via “La fondation Cowboys Fringants“) est en tournée en France ces prochains jours !

Voici les dates et lieux de leurs concerts : Calendrier des Cowboys

N’hésitez pas à profiter de leur excellente musique, dont voici deux extraits, parmi les plus militants, bien sûr :

“Plus rien” (clip vidéo)

“Histoire de pêche” (Widget du site Deezer)

Qu’est-ce qu’un coût ? 8/8 : Optimum social et réduction du coût pour la collectivité

Les différentes méthodes d’analyse de choix publics tout comme le cœur de la théorie économique du choix social raisonnent en généralisant à l’ensemble de la collectivité des agents le raisonnement de l’individu.

Ce raisonnement consisterait à maximiser sa satisfaction (pour éviter tout interprétation, les économistes ont inventé le terme « d’utilité ») sous contrainte budgétaire. Pour la collectivité la fonction d’utilité est une fonction de « bien-être social ». Si l’économie est divisée en entreprises et ménages le bien-être de l’entreprise c’est son profit (résultat net comptable). Pour le ménage les économistes retiennent une variation de revenu, la mesure la plus fine pour un projet public est celle du « surplus ». Au total, ce critère s’approche de la variation du PIB24.

Qu’est-ce qu’un coût ? 7/8 : Le taux d’actualisation

L’introduction et le choix d’un taux d’actualisation ont des effets déterminants dans tout calcul économique public ou privé. Le taux retenu par le CAS dans les calculs publics est de 4 % par an. Avec ce taux une dépense ou un coût faits dans 20 ans pèsent deux fois moins qu’aujourd’

hui, dans 50 ans sept fois moins.

Le prix de revient de l’énergie électrique par exemple est obligatoirement fait avec un taux d’actualisation : les investissements sont réalisés sur des décennies.

Qu’est-ce qu’un coût ? 6/8 : Quid des « ressources » publiques ?

L’Etat a trois vocations et un rôle macroéconomique de fait. C’est le bras armé d’un gouvernement supposé incarner l’intérêt général, un « redistributeur » et un prestataire de services. D’autre part, l’Etat a un rôle bien connu depuis Keynes que n’a aucune autre entreprise: ses dépenses (d’investissement ou de fonctionnement) d’aujourd’hui ont un effet sur ses recettes de demain. Des dépenses publiques « vertueuses », génère de l’activité, des revenus et donc des recettes fiscales ; un déficit d’aujourd’hui c’est (peut-être) une recette demain.

Qu’est-ce qu’un coût ? 5/8 : Le travail n’est pas infini

Notre raisonnement est excessif : le travail humain est quand même fini, il est opportun pour une collectivité de ne pas le gaspiller et donc d’avoir en conscience que cela coûte de faire travailler. Faire des trous , les reboucher et les refaire, ce n’est sans doute pas la meilleure des choses à faire au plan économique. La guerre d’Irak ne fait pas rire du tout : c’est à l’évidence une énorme absurdité au plan humain, stratégique, politique et économique : certes elle a mis du monde au travail ; elle a généré des profits ; mais il y avait vraiment beaucoup mieux à faire pour procurer des revenus.

Qu’est-ce qu’un coût ? 4/8 : Le « vrai » coût pour la collectivité : prix et coût

Un coût c’est une consommation de quelque chose, un prélèvement sur une ressource. Quand une entreprise consomme une matière achetée ou qu’elle utilise de la main d’œuvre, elle inscrit dans ses comptes une charge. Si les économistes considèrent que cette charge est un coût c’est parce qu’ils considèrent qu’elle consomme une ressource. L’économiste admet généralement que le prix du bien ou du service « consommé » révèle convenablement (sauf cas de défaillances de marché, cf encadré) son coût11. Au total donc, il considère que la dépense de l’entreprise est une bonne estimation du coût au sens de prélèvement de ressource.

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