« Une santé, une planète » – L’exemple du virus West Nile
De : Guy Grandjean

Illustration issue du blog Rouges-jardins.com
1 Juin 2017

Eté 1999 – Epidémie sur New York

Il pleut des oiseaux sur New-York, et sur le Connecticut, des centaines d'oiseaux, bientôt des milliers, dont une bonne partie sont des corbeaux. Nos amis noirs ne croasseront plus.

Au même moment, à l'hôpital Flessing, quelques personnes âgées décèdent d'une d'encéphalite virale, une inflammation du cerveau, non étiquetée. Le premier patient a été hospitalisé début août. Le médecin, Deborah Anis, envoie des prélèvements au laboratoire de New-York, et contacte le CDC d'Atlanta, la Mecque des labos américains. Un peu plus tard, le diagnostic biologique tombe : présence d'anticorps anti virus de l'encéphalite de Saint-Louis. Ce virus est transmis par des piqûres de moustique, et provoque des petites épidémies assez classiques aux Etats-Unis, surtout en été.

L'affaire semble réglée. On...

Le phage : une aide opportune de la nature face à l’antibiorésistance
De : Guy Grandjean

phages-phagotherapie-bacterie
25 Mar 2016

[Edit 29 mars 2016 : l'auteur de ce billet, Guy Grandjean, biologiste, tient aussi un blog bourré d'histoires passionnantes : Rouges Jardins]

Un des écrivains russes les plus originaux du XX ème siècle, Mikhaïl Boulgakov, avait abandonné une carrière de médecin, courte mais intense. Nous nous souvenons de son roman « Le maître et la marguerite », de l’inénarrable « Journal d’un jeune médecin », et de ses pièces de théâtre… Personne n’a retenu le nom de son frère Nicolas, qui a pourtant dévoilé le phage phi-X174 en 1935 .

Quésaco ?

Un bombardier russe du temps de la guerre froide ?

Non, que nenni, c’est un simple virus, un tout petit.

Et ce virus ne s’attaque qu’aux bactéries : ni à vous, ni à moi, ni à aucun autre animal. C’est pour ça qu’on l’appelle...

Après la biodiversité l’antibiorésistance voici la BIOINVASION
De : Guy Grandjean

Une colonie bactérienne en expansion
21 Juil 2015

Chaque être vivant obéit à un projet crypté dans son ADN : une envie impérieuse de reproduction, voire de multiplication. Vous, moi, le raton laveur, et jusqu'au virus Sin nombre, partageons tous ce même désir, codé avec le même alphabet.

 

Mais chaque être vivant, dès sa naissance, rencontre l’autre, les autres,qui peuvent contrarier ses projets les plus intimes. Chez certains requins, c'est in utero que cette rencontre se transforme en mortel pugilat, entre "frères". A contrario, dans notre espèce, généralement, les premières rencontres sont plutôt empreintes d'amour et d'attention. Quoiqu'il en soit, le désir de multiplication est confronté à l'autre.

 

 Au niveau de l'espèce, il peut aboutir à un phénomène invasif, quand les conditions écologiques lepermettent.

Au pire, les espèces peuvent devenir...

La biodiversité : des microbiotes sous le choc
De : Guy Grandjean

biodiversite
17 Mar 2015

La biodiversité c'est très concret et si proche de nous qu'elle nous habite. Voici un post de mon frère biologiste, féru de nos microbes et des services qu'ils nous rendent  quand on en prend soin. Une lecture revigorante
ag

Depuis quelques années, les médecins étudient le contenu de nos intestins, les microorganismes qui les peuplent. Un kilogramme de bactéries y travaillent pour nous,

nuit et jour. La compétence de cette flore s’avère primordiale dans de nombreux compartiments de notre complexe physiologie.

Quelques centaines d’espèces de bactéries sont répertoriées, et composent ce qu’on appelle le microbiote, un authentique nouvel organe, analysé dans de nombreux laboratoires.

Ce mot microbiote, encore peu employé, sera connu de tous dans quelques années.

Comme le mot...

Le temps des crises : quand le « raisonnable » devient mortel
De : Alain Grandjean

michel-serres
25 Fév 2011

Michel Serres a bien titré son essai. Nous sommes entrés dans le temps des crises, inévitable quand l’enjeu est tout simplement pour l’humanité, donc pour chacun d’entre nous, de quitter une ère géologique « l’anthropocène »pour entrer dans le « noocène ». L’historien Eric Hobsbawm voyait, dans le XXème siècle, en observant conflits sanglants et totalitarismes, l’âge des extrêmes. Il ne s’agissait pourtant que d’une mise en bouche. Les risques majeurs dont celui d’une mort sans phrases de…milliards d’individus, sont de notre temps, de notre siècle.

A l’évidence nos valeurs, nos représentations du monde, nos modes de raisonnement, de...

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