Revoir les règles budgétaires européennes : une priorité de l’agenda.
De : Alain Grandjean

europe
5 Fév 2021

Les plans de sauvetage menés par les Etats européens en réponse à la crise sanitaire se sont traduits par une forte hausse des dettes publiques. Se pose alors une question lancinante : les « dettes COVID » devront-elles être remboursées et si oui par qui et comment ? Cette question majeure qui occupe aujourd’hui largement le débat public[1] doit être envisagée dans un contexte plus large : celui de la réforme des règles de la gouvernance économique européenne. En effet, depuis des décennies les règles budgétaires définies dans le Pacte de Stabilité et de Croissance (voir annexe) constituent l’une des principales boussoles des politiques économiques européennes. Leur réforme était à l’agenda européen 2020 car elles se sont révélées manifestement inadaptées aux...

La résolution de la dette Covid-19 ou sa transformation en dette perpétuelle ne sont pas des « manoeuvres opportunistes et dangereuses »
De : Billet invité

Extrait de la couverture du livre - Dette 5000 ans d'histoire de David Graeber
1 Fév 2021

Dans un contexte de vive controverse sur l'annulation de la dette COVID19, Jean-Michel Servet analyse et répond dans ce post invité aux arguments d'un opposant à cette solution. Cet article a été publié une première fois dans la revue du Mauss.

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Un article du journaliste Romaric Godin publié le 21 janvier 2021 sur le site de Médiapart intitulé « Annulation de la dette publique: la pomme de discorde des économistes hétérodoxes » a analysé avec finesse les conflits théoriques sous-jacents à la question de la dette de la Covid-19. Il a souligné la multiplicité des points de vue au sein des économistes critiques et le croisement de leurs divers arguments. Évidemment, les divergences sont encore plus fortes au sein de l’ensemble des...

Ne nous privons pas de l’outil monétaire !
De : Alain Grandjean

couv-monnaie-ecologique-dufrene-grandjean
28 Mai 2020

Le débat actuel sur l’annulation possible de la dette publique détenue par la Banque centrale fait resurgir deux mantras : « il n’y a pas de repas gratuit » et « il n’y a pas de monnaie magique ». Pour les économistes qui les profèrent, il s’agit en fait de suggérer qu’il faudra bien payer pour cette dette et que l’argent créé par la banque centrale ne peut se substituer à la peine et au renoncement. Nous ne nous arrêterons pas ici aux origines religieuses et/ou morales de ces formules pour nous contenter d’observer que, contrairement à un apparent bon sens, elles sont, dans le cas présent, sans fondement empirique.

Cet article est paru initialement sur le blog Idées pour aujourd’hui et pour demain, des Editions Odile Jacob

« Il n’y a pas de repas...

Règles budgétaires européennes, semestre européen et dérèglement climatique
De : Billet invité

Chroniques de l'Anthropocène
6 Jan 2020

Depuis plusieurs décennies, les règles budgétaires définies dans le Pacte de Stabilité et de Croissance constituent l’une des principales boussoles des politiques économiques européennes. En 2020, leur réforme est à l’ordre du jour : la Commission européenne va bientôt en dresser un bilan et faire des propositions pour les réformer. Ollivier Bodin contributeur régulier de notre blog décrypte pour nous l’état des réflexions sur cette réforme ainsi que ses enjeux car comme il le souligne il reviendra non seulement à la Commission de faire le point sur le chemin parcouru depuis les réformes des années 2011 et 2013, mais aussi de se projeter dans les dix prochaines années qui seront décisives pour le succès du Pacte Vert pour l’Europe qu’elle...

Déficit structurel, PIB potentiel : des indicateurs budgétaires très discutables !
De : Alain Grandjean

Les Shadoks
3 Déc 2019

Les traités européens imposent le respect de règles de déficit et de dette simples à exprimer : le déficit public ne doit pas être supérieur à 3% du PIB et la dette publique supérieure à 60% du PIB[1]. Nous avons vu[2], cependant, que ces règles font l’objet d’interprétations dans le cadre de la procédure de déficit excessif et qu’il est donc possible de proposer des approches permettant notamment d’investir plus malgré cette contrainte apparente. Nous allons évoquer ici des notions introduites dans le Pacte de Stabilité et de Croissance (PSC) qui ont complexifié les règles ci-dessus pour limiter des biais réels ou supposés. Nous verrons in fine qu’il n’est ni utile ni souhaitable de les maintenir si nous voulons accélérer...

Note de lecture – Évaluation des règles budgétaires européennes par le Comité Budgétaire Européen
De : Billet invité

innover
30 Sep 2019

Le Comité Budgétaire Européen (CBE), organe consultatif indépendant de la Commission, a rendu début septembre son rapport sur l’évaluation des règles budgétaires commandé par la Commission européenne. Ollivier Bodin, contributeur régulier de notre blog, décrypte pour nous les principales conclusions et recommandations de ce document. Complexité et illisibilité des règles, échec à atteindre leurs objectifs, effets délétères sur l’activité économique et l’investissement public, réponse inadéquate aux divergences accrues des taux d’endettement public … l’analyse du CBE est très critique. Elle vient s’ajouter aux multiples voix qui appellent l’UE et ses Etats membres à investir davantage et à ne plus faire des critères de dette et...

Nourrir le débat sur une annulation partielle (370 mds€) de la dette publique
De : Billet invité

Les Shadoks
15 Avr 2019

L’objet de cet article est de nourrir le débat public sur l’opportunité d’une prise de décision politique visant à annuler une part substantielle de la dette publique française : 370 Milliards d’euros. En France, ce sujet pourrait faire l’objet d’une question au Gouvernement dans le cadre d’un débat parlementaire. La question pourrait être également posée au niveau européen, pour les pays de la zone euro. Cette proposition simple n’a aucune dimension sociale, et n’aurait aucun impact redistributif ni budgétaire, ne faisant intervenir que deux institutions : le Trésor et la Banque de France. Elle fait écho à des publications de la Banque de France, de la Banque centrale européenne, et de la Federal Reserve Bank américaine qui ont confirmé au premier trimestre 2019 la pérennité de la situation monétaire décrite ci-après. Et donc dorénavant, le...

La dette publique ne doit plus être un prétexte empêchant la transition écologique
De : Alain Grandjean

Extrait de la couverture du livre - Dette 5000 ans d'histoire de David Graeber
5 Avr 2019

Nous avons vu dans un post précédent comment le débat sur les dépenses publiques pouvait être faussé et conduire à des conclusions hâtives, voire franchement erronées. Notamment nous avons vu que la France n’avait pas de honte à avoir de son modèle social et que le ratio dépenses publiques/PIB n’avait juste aucun sens économique. Mais pour certains, peu importe, car la dette publique étant de toutes façons trop élevée, il serait nécessaire de la réduire en baissant les dépenses et ... les recettes, car les taux de prélèvement obligatoire seraient exorbitants. Cette contrainte présentée comme incontournable conduit à des coups de rabots dans les dépenses publiques présentés comme autant de « choix courageux ». Dès lors, sont justifiées la privatisation de notre patrimoine national (aéroports,

La France championne des dépenses publiques : comment fausser un débat ?
De : Marion Cohen, Alain Grandjean

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5 Mar 2019

Les éléments de cadrage sur la fiscalité et les dépenses publiques mis en ligne sur le site du Grand Débat présentent de nombreux biais qui induisent les citoyens en erreur. Loin de tirer le constat du mécontentement social pour remettre en question les priorités de sa politique économique, le gouvernement les pose comme un contexte inébranlable : la France, championne des dépenses publiques, vit au-dessus de ses moyens et les Français ne veulent plus payer d’impôt. Il faut donc réduire les uns et les autres. On demande alors seulement aux citoyens quels impôts supprimer et quelles dépenses couper. Nous souhaitons ici dénoncer quelques idées reçues et rétablir quelques vérités. Loin d'être une charge pour la société, les dépenses publiques constituent autant de revenus pour les entreprises et les...

Un nouveau pacte européen écologique et solidaire pour rendre la trajectoire des finances publiques vraiment soutenable
De : Alain Grandjean

WWF
19 Fév 2019

Auteurs de l'article : Ollivier Bodin et Alain Grandjean

La situation politique et sociale de notre pays est tendue, ce qui rend peu crédible la capacité du gouvernement à mener les réformes envisagées dans le programme d’Emmanuel Macron, qui visaient principalement à redresser la trajectoire budgétaire du pays conformément au pacte européen de stabilité et de croissance. Nous allons montrer dans cet article pourquoi cette trajectoire budgétaire est, non seulement, insoutenable (socialement, écologiquement, politiquement) mais aussi économiquement peu rationnelle.

Aujourd’hui, le vrai courage politique n’est pas de se soumettre sans discussion à des règles inadaptées, mais de lancer la discussion sur leur réforme avec comme objectif de conclure un nouveau pacte européen écologique...

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