L’économie se pare des habits de la science, notamment parce qu’elle manipule des chiffres et peut utiliser une formalisation très poussée. Pour autant elle est déchirée par des querelles entre écoles de pensée et bien incapable de faire des prévisions robustes. Plus gravement de nombreux économistes défendent de fait, sans le dire explicitement, des intérêts sectoriels ou catégoriels. Il serait néanmoins vain de se passer du raisonnement macroéconomique : les réalités qu’il permet d’atteindre ne sont pas accessibles au raisonnement microéconomique, celui qui nous fait oublier les arbres et les poissons dans la parabole de l’Ile de Pâques. Voir « Chasse aux dogmes économiques » et « L’économie expliquée en parabole« 

 

Prise de position d’économistes allemands contre les mesures européennes face à la crise de la dette
De : Alain Grandjean

manifeste-economistes-allemands
12 Mar 2011

Des économistes allemands s’opposent massivement aux mesures proposées par l’UE pour tenter de secourir les pays partenaires surendettés.

Dans un manifeste publié le 17 février, ils fustigent un plan de sauvetage « illégitime », qui aurait des conséquences désastreuses à la fois pour les pays surendettés et pour l’ensemble de l’UE.

Le manifeste, rédigé par les quatre économistes Andreas Haufler, Bernd Lucke, Monika Merz et Wolfram F. Richter, a été soumis à un vote ouvert au « Plénum des économistes » [1] : 189 ont voté pour, sept ont voté contre, et onze se sont abstenus. Il s’adresse au...

Réforme du traité : renforcer la gouvernance pour les marchés (Billet invité)
De : Alain Grandjean

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15 Jan 2011

Par Thomas Coutrot, membre du Conseil scientifique d'Attac - paru dans la revue Politis

A peine entré en vigueur depuis un an, le traité de Lisbonne va déjà devoir être réformé d'urgence. Il interdit en effet aux pays membres de la zone euro de venir en aide à un autre pays membre.

Cette absurde clause de « non-sauvetage » (no bail-out) reflétait l’obsession néolibérale d’imposer aux États la discipline des marchés financiers. Depuis l'interdiction faite (depuis le traité de Maastricht) aux États de financer leur déficit auprès de la banque centrale européenne, ils sont contraints d’emprunter sur les marchés financiers. Il leur faut donc satisfaire aux critères et exigences de l’industrie financière et des agences de notation. Interdire l’aide entre États, c’est obliger chacun à respecter rigoureusement la loi des...

Bercy tacle le Grenelle, la revanche de Gribouille ?
De : Alain Grandjean

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19 Déc 2010

La direction générale du Trésor vient de sortir une étude sur les impacts macroéconomiques du Grenelle, montrant qu’ils sont positifs à court terme (jusqu’en 2020) tant en termes d’emplois créés que de PIB et négatifs après 2020 (jusqu’en 2050).

Je recommande la lecture de ce document très sérieusement construit et riche de données chiffrées et d’analyses utiles pour comprendre les données économiques du Grenelle1.

En revanche on ne peut être que circonspect face à ces exercices de simulation dont les conclusions relayées par les médias sont interprétables politiquement un peu trop facilement. Si l’on suivait les conclusions de cette étude, le Grenelle boosterait l’économie à court...

La rigueur, politique de Gribouille
De : Alain Grandjean

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26 Nov 2010

Gribouille se jette à l’eau pour ne pas être mouillé par la pluie…C’est ce que font aujourd’hui les gouvernements européens.

Face aux attaques des marchés financiers sur les dettes publiques, ils mènent, dans une belle unanimité, des politiques de rigueur censées rassurer les marchés.

La politique de rigueur c’est la réduction des dépenses pour réduire le déficit et par conséquent la croissance de la dette publique. Les conséquences sociales d’une telle politique dans une période de croissance faible et de concurrence forte, qui pousse les entreprises à faire des gains de productivité, sont évidentes : il y aura plus de chômage, moins d’aides sociales, moins d’allocations chômage, plus de précarité. Les conséquences environnementales sont...

L’académie des sciences va-t-elle permettre de clore les faux débats et de rouvrir la porte aux vraies questions ?
De : Alain Grandjean

L'institut de France héberge l'académie des sciences
1 Nov 2010

Le rapport de l’académie des sciences, piloté par Jean-Loup Puget, délégué de la section Sciences de l’univers, tranche sans ambigüité dans le débat initié par Claude Allègre, avec l’aide, au plan scientifique de Vincent Courtillot et Jean-Louis le Mouël, également académiciens. Au plan scientifique, l’affaire était entendue de longue date1, mais ce rapport est bienvenu car il met en France un terme à un faux débat. On peut regretter qu’il ne fasse pas référence aux synthèses les plus récentes (Le rapport du Conseil Inter-Académique (IAC) sur les processus du GIEC et le rapport de la Royal Society sur l'état des connaissances scientifiques sur le changement climatique) et qu’il ne cite les...

La fabrication de l’incertitude par les lobbys – Séminaire le 14 octobre par Claude Henry
De : Alain Grandjean

claure-henry
7 Oct 2010

Claude Henry est un des économistes français les plus reconnus dans le monde. Spécialiste des questions d'environnement et bon connaisseur des USA (il est professeur à Columbia), son travail sur la fabrication de l'incertitude par les lobbys est passionnant.

Voici le texte de l'annonce :

Paris Environmental and Energy Economics Seminar, October 14th

Dear All,
we are pleased to announce the next meeting of the PEEES (Paris Environmental and Energy Economics Seminar)
Speaker: Claude henry, Iddri Sciences Po and University of Columbia

"SCIENTIFIC UNCERTAINTY AND FABRICATED UNCERTAINTY: FROM TOBACCO TO CLIMATE"

The paper can be downoladed at

9 octobre, le colloque des économistes atterrés
De : Alain Grandjean

Logo Aterres-HD
29 Sep 2010

Comme annoncé sur par Twitter et sur Facebook (n'hésitez pas à me suivre dans ces expérimentations des médias sociaux et n'oubliez pas d'y relayer les contenus bien sûr :)), j'ai signé le manifeste des économistes atterrés.

Je partage néanmoins les réserves formulées par Jean Gadrey.

Devant son succès (Plus de 600 signatures d'universitaires), ce partage d'idées initié par Philippe Askenazy (CNRS, Ecole d’économie de Paris), Thomas Coutrot (Conseil scientifique d’Attac), André Orléan (CNRS, EHESS) et Henri Sterdyniak (OFCE) pourrait se transformer en processus : ses initiateurs annoncent la tenue d'un colloque sur le sujet. Pour voir l'

Science et vérité
De : Alain Grandjean

Galilée
27 Avr 2010

Le débat sur le climat a réveillé des réflexions de fond sur le statut d’un énoncé scientifique. Même si la mauvaise foi la plus évidente est à l’origine de ce débat il n’est pas inutile d ‘en profiter pour éclairer la question.

La démarche scientifique est née avec Galilée, le premier à avoir mis en lumière que la vérité ne pouvait pas être issue d’un principe d’autorité (c’est vrai parce que celui qui le dit est …le pape, un puissant, une autorité reconnue, une personnalité « autorisée ») mais de la confrontation avec la réalité par le biais d’une expérience reproductible. Cette révolution ne s’est pas fait sans mal. Les détenteurs de la Vérité qui en tiraient une position dominante et des avantages se sont retrouvés progressivement en Occident dans la peau de « croyants » sans influence. On comprend qu’ils...

Changement climatique : en finir avec la confusion délibérée
De : Alain Grandjean

La buvette des alpages - Fmurrr
21 Avr 2010

La stratégie des climatosceptiques coule de source. Qui ne la bâtirait pas ainsi ? D’abord créer le doute dans l’opinion puis légitimer les points de vue opposés au consensus. Le doute n’est –il pas au cœur de la démarche scientifique ? Le débat n’est-il pas preuve de santé démocratique ?

De cette stratégie délibérée ou non (selon les acteurs) naît à l’évidence de la confusion dans l’opinion. Ce qui est recherché au moment où il faut prendre des décisions qui auront forcément un coût pour certains (ne serait-ce que celui de changer d’habitudes) et créeront des avantages pour d’autres (les entreprises qui fournissent des solutions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre).

Plus que jamais il est nécessaire de prendre du recul pour rappeler les faits saillants du dossier et mettre un peu de lumière pour dissiper...

Libre échange et agriculture : l’équation de la famine
De : Alain Grandjean

Carte de la faim dans le monde - wikimedia commons
13 Avr 2010

Parmi les idées reçues, l’une des plus fausses et des plus criminelles c’est de croire que la production agricole intensive des pays développés permet de nourrir les habitants de la planète. La vérité est à l’exact opposé. La principale cause de la sous-nutrition dans le monde (qui frappe environ 1 milliard d’êtres humains, principalement ruraux) est en effet l’incapacité des paysans du tiers-monde à résister à la concurrence de l’agriculture efficace du Nord comme le montrent quelques chiffres très simples.

Il y a dans le monde environ 1,3 milliards de « paysans » et 30 millions d’agriculteurs moto-mécanisés. La productivité de ces agriculteurs est supérieure à celles de leurs concurrents d’un facteur dont l’ordre de grandeur est la centaine, voire le millier. Un céréalier bien équipé peut cultiver...

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