Dérives de la finance, pantouflage des élites dans les banques, dérégulation et crises à répétition…Les critiques et propositions pour remettre la finance au service de l’économie réelle ne manquent pas. Voir notamment les livres de Gaël Giraud et les publications de l’ONG « Finance Watch« .

Dette publique, inflation et l’évolution du PIB : un échange avec François Carlier.
De : Alain Grandjean

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10 Juin 2010

François Carlier :
Je te signale l’article 2010 de Kenneth Rogoff 1dans l'AER : approche historico-économique des agrégats dette/pib, évolution du PIB et de l'inflation sur une très longue période dans tous les pays mesurables. Ce papier est assez discuté en ce moment sur le web.

J’en tire deux enseignements pour  les pays développés (c'est différent pour les pays émergents) :

1- Le ratio Dette/PIB et l'évolution du PIB sont décorrélés SAUF quand le ratio dette/PIB dépasse 90 % et là ça plombe. C'est la vérification sérieuse que dans notre situation, la dette va réellement nous plomber.

2- Le ratio dette/PIB et l'inflation sont assez décorrélés (sauf aux USA)

On a donc vérifié que l'heure est non...

Reconstruire l’Europe sur 3 piliers
De : Alain Grandjean

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20 Mai 2010

Le fardeau de la dette publique engendre un risque de récession et de crise sociale, voire d’effondrement de l’Euro. La contraction budgétaire annoncée va en outre à l’encontre des impératifs de résolution de la crise écologique qui demande d’importants financements structurants qui ne sont pas apportés par les marchés financiers du fait d’une rentabilité financière à court terme insuffisante. La puissance publique doit encore investir dans le logement, le transport, l’énergie, l’agriculture alors que les marchés financiers nous imposent une contraction de la dépense publique, tout en sanctionnant le risque de récession qui peut en résulter !

Le seul moyen de résoudre cette équation est d’autoriser des dépenses d’investissement dans le développement durable en les faisant financer, dans...

Monétiser la dette : la BCE vient de faire un premier pas. Quel sera le second ?
De : Alain Grandjean

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11 Mai 2010

Comme nous l’avions prévu (voir cet article) Jean-Claude Trichet a franchi le Rubicon le 9 mai en acceptant de déclarer que la Banque Centrale Européenne allait racheter les titres publics détenus par les banques. C’est cette déclaration qui a rassuré les marchés et les banquiers plus que les 750 milliards européens. Pourquoi ?

Parce que cela met un terme au risque que les banques, dont les comptes sont toujours discutables1 et qui ont des gros engagements sur les pays d’Europe du Sud soient obligées de provisionner les risques de défaut sur les dettes souveraines. Et c’est ce risque (le fameux risque systémique) qui a motivé la BCE à prendre cette décision, considérée il y a peu comme impensable, notamment parce que l’Allemagne était supposée ne...

Dette publique : quelques leçons des 30 glorieuses
De : Alain Grandjean

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9 Mai 2010

Pour analyser les effets de la monétisation de la dette publique, il est intéressant de se pencher sur une période de l’histoire française où cette pratique était monnaie courante, (qu’on me pardonne ce jeu de mot trop facile).

Rappelons tout d’abord que l’économie française s’est plutôtbien portée pendant cette période. La croissance du PIB en volume par habitant est en moyenne de 4,1 % sur la période 1950-1973 ; le taux de chômage sur la même période est de 1,8 %.

Les inégalités sociales se sont réduites, des dispositifs sociaux efficaces ont été mis en place. Les crises[1] monétaires etfinancières étaient absentes du paysage. Il n’est pas question icide tenter de faire de cette période un modèle à copier, juste de remettre en cause une idée reçue den matière monétaire, avec quelques données...

Monétiser la dette publique, pour mettre fin à la spéculation et redresser l’Europe, tout en évitant la crise énergétique (joli programme !)
De : Alain Grandjean

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8 Mai 2010

La crise actuelle a quelque chose d’hallucinant. Le système financier sauvé à grands renforts de mesures « non conventionnelles » (des aides publiques massives) vient attaquer les Etats affaiblis par ces mesures. Il faudrait maintenant que les Etats se disciplinent et fassent avaler aux citoyens qui n’en demandaient pas tant la pilule d’une rigueur incompréhensible, injuste et anti-économique.

La situation me fait penser à l’histoire de cette grenouille qui accepte de porter un scorpion sur son dos pour lui faire traverser une rivière. La grenouille refuse au début en disant au scorpion « tu vas me piquer ».Le scorpion répond : « ce serait contraire à mes intérêts ; si je te pique je me noie avec toi ». La grenouille, rassurée par ce raisonnement, accepte de porter le scorpion qui la pique aubeau milieu de la rivière. Alors qu’elle ouvre...

Monétiser la dette publique. Oui mais…
De : Alain Grandjean

inflation
4 Mai 2010

J'ai proposé dans le précédent post que le financement de la dette publique se fasse directement par la Banque Centrale à taux nul, ce qui supprimerait la machine infernale qui met les finances publiques dans l'impasse et poserait la question du financement des retraites de manière radicalement différente. En termes plus techniques, il s'agit de "monétiser la dette publique". Je réponds maintenant aux premières objections qui viennent à l'esprit.

1 Oui mais… c’est inflationniste

Monétiser la dette publique c’est en effet injecter de la monnaie. Mais c’est ce que font les banques privées qui créent aujourd’hui la monnaie qui circule. Pourquoi la monnaie créée par les pouvoirs...

Le financement des retraites, la dette publique et la dette écologique
De : Alain Grandjean

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30 Avr 2010

Le parallèle est souvent fait entre dette publique et dette écologique. La question du financement des retraites redonne de la vigueur à cette comparaison qui me semble pourtant dénuée de fondement. Particulièrement parce que la dette publique est un faux problème, dont la solution est simple comme de l’eau de source.

Dans le domaine comptable toute dette est contrepartie d’une créance, les deux s’annulant. C’est d’ailleurs en gros ce qui se passe quand la monnaie s’effondre, comme au temps de la république de Weimar. Les débiteurs se sont enrichis de la somme perdue par les créanciers. L’économie allemande dans son ensemble ne s’est pourtant pas effondrée à l’époque1. Au contraire, quand les ressources physiques viennent à manquer, comme sur notre bonne île de Pâques (Lire notre livre "

L’arnaque : La finance au-dessus des lois et des règles
De : Alain Grandjean

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larnaque-lafinanceaudessusdeslois
24 Mar 2010

J’ai hésité avant d’acheter ce livre1 au titre racoleur (j’avais quand même apprécié le film du même titre…), mais je ne regrette pas sa lecture. En résumé l’auteur (vice-président d’un tribunal de grande instance et enseignant à Sciences-Po) démontre en partant d’une analyse très concrète des événements, instructive par elle-même pour comprendre les techniques utilisées, que la crise financière a révélé la généralisation de comportements assimilables à de la fraude sans l’être toujours au sens strict.

Et sur un plan plus théorique, elle montre l’inanité de l’hypothèse des économistes néo-classiques qui continuent à penser que l’organisation spontanée du marché permet au « bien public » de résulter de la somme des intérêts individuels.

Pour sauver le climat, une taxe tobin soutenable
De : Alain Grandjean

Pavédanslamare
12 Mar 2010

L'une des clefs de la négociation mondiale sur le climat est indiscutablement le financement des pays pauvres par les pays riches pour qu'ils puissent s'adapter au changement climatique et bénéficier de solutions "bas carbone"; aller chercher l'argent nécessaire chez les plus riches (des pays de l'OCDE mais pas que..) est une idée équitable. Aller le chercher dans l'univers de la finance aussi, au motif que les Etats donc les contribuables ont mis beaucoup d'argent pour les sauver. C’est donc aussi une idée politiquement intelligente.

Pour autant la taxe sur les transactions financières, dite Taxe Tobin, telle qu’elle est proposée par une série de gouvernements, dont la France, n'est pas la bonne solution. Il est utile de comprendre pourquoi et de proposer une alternative.

Certains arguments "contre" sont infondés. Il n'est pas vrai qu'on ne puisse pas...

L’attaque des dettes publiques par les marchés : quand les bornes sont franchies, il n’y a plus de limite !
De : Alain Grandjean

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Olivier Berruyer - Blog Les-crises
8 Fév 2010

Les dettes publiques (de la Grèce, l’Espagne, le Portugal) sont la cible d’attaques spéculatives. L’agence Moody’s annonce qu’elle pourrait remettre en cause la note AAA de la dette publique américaine, «à moins que d’autres mesures ne soient prises pour réduire le déficit bugétaire »1. Cette décote aurait pour effet de renchérir le coût de la dette pour l’Etat américain, ce qui est déjà le cas pour nos voisins.

Les Etats sont ainsi mis sous pression par les marchés qui les poussent à prendre des mesures de restriction budgétaire, à « assainir les finances publiques ».

On croit rêver.

Si on résume en quelques mots la situation, les banques et établissements financiers ont généré en 2008 une crise majeure. Les Etats les ont sauvés pour la...

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