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L’économie expliquée en parabole

L’économie expliquée en parabole

Posté par Alain Grandjean - ( 0 ) Commentaires

Benö
Credit : Benö

Cette parabole permet de comprendre rapidement que nous ne comptons pas, ou très mal, ce qui compte aujourd’hui : nos ressources naturelles, conditions de notre vie et de notre prospérité. L’Ile de Pâques nous fait voir que nous confondons la richesse réelle et son symbole (l’argent, les coquillages dans la parabole) et que nous sommes vigoureusement attachés à des idoles auxquelles nous sacrifions nos emplois et notre bonheur.

Sur une Ile de Pâques imaginaire, un roi suit les conseils d’ un énarque qui ne sait pas compter. Avec bon sens il  ménage  les ressources de l’ile dont dépend la survie de la civilisation pascuane. Les forêts sont gérés soigneusement : le bois chauffe, permet de faire les cabanes, les outils et les pirogues dont les pêcheurs ont besoin pour nourrir les tribus. Les forêts abritent des animaux sources de viande et de multiples plantes médicinales. L’énarque conseille également aux pêcheurs de ne prendre que les poissons adultes et de limiter la pêche surtout dans la période de reproduction. La vie est calme sur l’île mais sobre. 

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Couverture  « C’est maintenant » par Alain Grandjean et Jean-Marc Jancovici

Le roi  est un peu frustré de ce manque d’ambitions. Il change de conseiller pour un énarque « qui sait compter ». Il demande à tous de faire des comptes pour pouvoir mesurer le PIB de l’Ile. Et il propose au roi un plan pour que les pascuans deviennent plus riches (et lui le roi le plus riche de tous). Il s’agit de faire croître chaque année le PIB !

Rien de plus facile au fond. Il faut que les pêcheurs travaillent plus pour pêcher plus, que les scieurs d’arbres scient plus . Et que l’activité économique de chacun se développe. Les produits de la forêt seront vendus maintenant et il faudra que ces ventes augmentent chaque année.

Grâce au surplus que le roi génère après quelques années de développement  (qui lui permet de faire payer plus d’impôts donc de s’ enrichir), il peut se payer son rêve : de gigantesques statues qui montrent sa puissance.  Pour les faire il faut bien sûr toujours plus de bois. Pas grave dit l’énarque qui sait compter, on va compter la construction de ces statues dans le PIB, qui va donc continuer à croître.

 La fin de l’histoire est malheureuse. Les forêts dépérissent car elles sont sur-exploitées, les pêcheurs doivent toujours aller plus loin. Mais faute de bois il devient impossible de fabriquer des pirogues. Les pascuans finissent par mourir de faim…

Fallait-il vraiment suivre les conseils de l’énarque qui savait compter ? 

Coquillages, ressources et indicateurs de richesse : la nature ne se fait pas payer, la vraie nature de l’argent.

L’économie pascuane ne tient pas compte des arbres (énergie) et des poissons (alimentation) dans les bilans des entreprises et de l’Etat. Elle se focalise sur les coquillages et les techniques inventées pour en avoir davantage et s’écroule d’un coup, par manque d’arbres et de poissons. Elle rappelle cruellement que les billets de banque ne se mangent pas.

La nature ne se fait pas payer

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Surexploitation halieutique, de nos jours

Nous croyons souvent que notre richesse se mesure en argent. Celle des hommes les plus riches du monde s’exprime traditionnellement en milliards de dollars. Grâce à l’unité de mesure monétaire il est possible d’additionner la valeur de maisons, d’appartements,  d’or,  d’actions d’entreprises, de créances sur les Etats. Mais cette facilité nous fait perdre de vue l’essentiel. Trois détours nous le font voir.

Supposons que tout à coup l’unité monétaire se déprécie totalement. C’est ce qui s’est passé dans certaines grandes crises monétaires. Il est facile de voir que certaines de nos richesses gardent une valeur intrinsèque : la maison continue à pouvoir loger ses habitants (son prix peut fluctuer s’il y a peu d’acheteurs solvables mais c’est un autre sujet). La nourriture continue à nourrir son petit monde. Les champs, forêts, cours d’eau continuent à rendre d’ inestimables services. L’énergie continue à nous permettre de nous déplacer, de nous chauffer de faire tourner nos usines. En revanche notre compte en banque s’effondre à zéro…Et toutes les créances exprimées en argent que nous avions ne valent plus rien. De l’autre côté nos dettes non plus. Bref, il est facile de voir que l’argent n’est pas une richesse réelle, mais bien un moyen de s’en procurer tant que tout le monde croit à sa valeur. 

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Paysage de l’île de Pâques

Autre détour. Supposons que nous vivions dans une économie de troc sans monnaie.  Chacun de nous doit troquer un bien ou un service contre un autre. Nous sentons tout de suite ce que nous coûte les biens et les services que nous avons à échanger :  ils nous coûtent du temps de travail, de la consommation de ressources (si nous sommes des paysans nous faisons attention à préserver la qualité de nos terres et leur capacité à nous fournir chaque année des ‘produits de la terre » ! Nous sentons bien dans ce cadre que ces biens et services ne nous coûtent pas d’argent (puisqu’il n’y en a pas…).

Dernière image. Quand nous achetons de l’essence à la pompe, nous payons quoi ? Nous payons le travail des hommes qui permettent que du pétrole au plus profond des sols soit extrait, transporté, transformé. Et tout le travail annexe nécessaire (financier, juridique, administratif, social etc.). En aucun cas nous ne payons la nature qui a fabriqué sur des dizaines de millions d’années le pétrole. La nature ne se fait pas payer pour les biens et services qu’elle nous met à disposition au seul prix de notre peine. Elle ne se fait pas non plus payer pour tous les « torts » que nous lui faisons subir. Elle n’a pas de services du contentieux, pas d’avocats…. 

Nos comptes sont incomplets

En bref, nous raisonnons depuis quelques siècles comme si les biens et services dont nous avons l’usage nous coûtaient de l’argent,  en utilisant le même verbe, coûter qui peut vouloir dire « consommer. Or quand c’est du pétrole que nous consommons, nous détruisons un stock fini.  Quand nous « consommons » du travail nous utilisons un stock renouvelable (les humains se remettent au boulot  chaque matin). Le mot coût est donc source de confusions.

Les économistes s’en sont évidemment rendus compte. Ils savent que tous les « coûts » ne sont pas comptabilisés dans nos comptes. Nos comptes n’intègrent que des transferts d’argent entre hommes, en contrepartie de leur travail, de leur pouvoir (s’ils sont actionnaires d’entreprise et disposent de droits à dividendes ) ou de leur capacité à faire payer des rentes de situation (propriété du sol, de brevets ou de monopoles). Nous verrons  ce qu’il est possible de faire pour corriger ces gigantesques  et dangereuses anomalies.

La vraie nature de l’argent

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La chasse aux Dogmes : un préalable

Dans la parabole pascuane, la monnaie est faite de coquillages. Le coquillage est utilisé pour rompre avec le troc, très malcommode. Il permet de découpler les échanges  entre les uns et les autres : si  monsieur A un poisson à vendre à madame B et que celle-ci lui propose un sac de pommes de terre, l’échange pourrait ne pas se faire (si A n’a pas besoin de pommes de terre ! par exemple). Les coquillages (la monnaie dans notre parabole) sont des intermédiaires très utiles dont il serait vain et dangereux de vouloir se passer.

Au-delà de l’ironie liée au support employé (un coquillage est quelque chose de léger et sans grande valeur, sauf exception !), une vérité profonde est mise à jour. Nous croyons encore que l’argent en tant que tel a de la valeur. Nous ne sommes pas entièrement débarrassés de la représentation, issue de l’époque où la monnaie était d’or, d’argent ou d’un autre métal, selon laquelle l’argent est un bien. Un bien qu’il faudrait donc produire, et qui pourrait donc manquer…On croit aussi souvent que l’argent mis en circulation est gagé sur de l’or (dans les coffres des banques) ou dit autrement « convertible »en or.  Il s’agirait d’un « reçu » d’une contrepartie physique stockée dans un coffre, dont on pourrait exiger le transfert contre reçu.

Or ce n’est plus du tout le cas, la monnaie est entièrement dématérialisée, sauf pour le cas très marginal des pièces de monnaie.  Vous ne pouvez pas obtenir de pièces d’or auprès de votre banque ou de la banque centrale, en échange de votre compte-courant, sauf dans des limites très étroites (et l’or est alors un placement et pas un moyen de paiement). C’est  le président Nixon  qui a définitivement coupé le lien entre le dollar et l’or en aout  1971. Jusque là, dans le cadre des accords de Bretton-Woods, le dollar était « convertible » en or (au taux de 35 dollars l’once d’or, soit 1100 dollars le kg ; l’or s’achète aujourd’hui 1400  dollars l’once). 

Le dollar et les autres monnaies ne sont  pas convertibles en un bien matériel. Les monnaies sont donc dépourvues de valeur intrinsèque et n’ont pas non plus de valeur de « reçu ». Elles ne sont gagées sur rien. Elles n’ont de valeur que par la confiance qu’on leur donne dans le fait qu’elles seront acceptées  et permettront d’acheter des biens de valeur équivalente… 

Cette « libération » (c’en est une puisque nous ne sommes plus contraints de produire notre monnaie, nous la créons d’un simple jeu d’écritures) a de lourdes conséquences dans le domaine de la politique monétaire, des pouvoirs et contrôles qui y sont associés. En particulier, celui des banques à qui le « souverain » a délégué une grande partie du pouvoir de création monétaire, dans nos sociétés. Et il n’est pas sans rapport avec la lancinante question de l’endettement de tous, la création monétaire étant faite à l’occasion principalement d’un crédit.

Les treize commandements de l’énarque qui ne savait pas compter

Dans la parabole, la civilisation de l’île de Pâques disparaît, emportée par la famine, ne laissant comme preuve de sa grandeur éphémère que d’immenses statues. Pour nous la fin de l’histoire n’est pas écrite. Même si nous avons dangereusement altéré les écosystèmes, nous pouvons changer la donne.

L’économie ne peut être conduite sous réserve des conséquences les plus tragiques en obéissant à des dogmes. Inversement, elle ne peut pas se contenter d’un pragmatisme à courte vue. Il n’est pas question ici en quelques mots de faire le bréviaire du bon ministre de l’économie et des finances mais plus simplement de souligner quelques lignes directrices nous évitant d’aller dans le mur. Il ne s’agit pas ici d’un programme de politique économique  (certaines des propositions faites ici sont incompatibles dans l’état avec des traités internationaux) mais d’orientations pour l’action.

  • 1 La finalité de l’économie n’est pas la richesse monétaire des habitants d’un pays mesuré par le PIB. Mais c’est de réduire leur mal-être et d’améliorer leur bien-être, dans sa dimension matérielle. Le bonheur est peut-être la finalité de la vie humaine, mais l’économie ne peut se targuer de l’apporter…
  • 2 Il est donc nécessaire de construire des indicateurs sociaux de bien-être ou de satisfaction pour pouvoir évaluer les progrès de l’économie
  • 3 Ces progrès doivent se faire de manière durable et soutenable, c’est-à-dire en limitant suffisamment la pression sur les ressources naturelles pour en laisser la jouissance aux générations suivantes. Des indicateurs de cette pression doivent être mis en place et suivis comme les indicateurs de bien-être (qui comprendrait qu’un tableau de bord de voiture comporte un compteur de vitesse mais pas de jauge d’essence ?)
  • 4 Les ressources naturelles ne peuvent être gérées par le marché puisque la nature ne se fait pas payer (voir ci-dessus). Cette remarque concerne également les grandes « régulations naturelles » comme le climat. Dès lors, il appartient  à la puissance publique, au niveau pertinent (mondial, régional ou national) de mettre en place les dispositifs adaptés pour que les agents économiques soient incités à respecter ses ressources voire à les réparer et sanctionnés dans le cas inverse.
  • 5 Les gains de productivité permis par la mécanisation puis l’automatisation ne sont pas une fin en soi. Ils sont intéressants si et seulement si ils libèrent l’homme des tâches les plus ingrates et difficiles et s’ils lui permettent de jouir d’un temps ainsi libéré. 
  • 6 Pour que ce temps libéré soit profitable à tous ou aux plus possibles, il faut organiser progressivement la baisse du temps de travail . C’est ce qui s’est fait cahin-caha depuis 150 ans (le temps effectif de travail moyen ne cesse de baisser dans les pays « développés »)
  • 7 La concurrence internationale et la course à la compétitivité ne sont pas une fin en soi. Les échanges internationaux sont utiles si et seulement s’ils permettent aux parties qui échangent un bénéfice mutuel. Ce n’est pas le cas s’ils détruisent inutilement des ressources non renouvelables ou s’ils mettent des populations entières en compétition forcenée les unes contre les autres.
  • 8 Les Etats sont les garants indispensables de la santé sociale d’un pays. Ils ont un rôle clef de protection des faibles, de réduction des inégalités et de sauvegarde des biens communs.  Ils doivent pouvoir disposer des grands leviers de la politique macroéconomique que sont le budget et la monnaie.
  • 7 Les banques qui ont le pouvoir de création monétaire doivent être encadrées suffisamment pour ne pas devenir « too big too fail » et si c’est le cas elles doivent être « séparées »
  • 8 Les activités financières doivent être strictement encadrées et réglementées (voir le livre  20 propositions pour réformer le capitalisme)
  • 9 Les paradis fiscaux doivent être interdits : ils rendent vaine toute tentative de réglementation et de régulation financière, sont des sources considérables de pertes fiscales pour les Etats…et de démoralisation des peuples assujettis à l’impôt qui accepteront de moins en moins de payer pour ceux qui peuvent avoir accès à ces paradis. 
  • 10 Les Etats doivent pouvoir recourir à la création monétaire publique quand la situation macroéconomique l’exige . Il est possible de mettre en place des garde-fous institutionnels assez forts pour que ce recours soit réservé au financement d’investissements nécessités par la situation économique.
  • 11 Le recours au protectionnisme peut s’imposer dans certaines situations de pertes irréversibles de savoir-faire, de pertes massives d’emplois, d’enjeux stratégiques. Il est possible de manier ce recours de manière diplomatique pour éviter les rétorsions immédiates. 
  • 12 La libre circulation des capitaux n’est pas une fin en soi. Si  la situation l’exige il peut être nécessaire de « fermer les frontières ». Il est imprudent de se mettre dans une situation où ce recours serait impossible. 
  • 13 L’organisation des pouvoirs dans le domaine économique doit obéir au principe de subsidiarité : la responsabilité d’une action publique, lorsqu’elle est nécessaire, doit être allouée à la plus petite entité capable de résoudre le problème d’elle-même  

 
Lecture du chapitre 3 du livre « C’est maintenant » :

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4 Responses to “Chasse aux dogmes économiques”

  1. Synthétique, clair et révolutionnaire.
    Il faut maintenant convaincre. Il y a deux possibilités:

    Soit il faut attendre un évènement climatique brutal pour réfléchir autrement que emploi-emploi-emploi,

    Soit on vend ce projet comme une solution à (presque) tout:

    – emploi (protectionnisme + dé-productivisme) ,

    – sécurité mondiale (indépendance aux pays pétroliers, migrations…)

    – identité nationale/européenne (projet motif de fierté, d’engagement, d’altruisme et mobilisateur)

    – convergence de la culture ancestrale (anti-consumérisme, sobriété, …), toujours populaire et de la logique économique structurante
    Je pense que ce facteur culturel est très important.

    – donc baisse certaine des besoins sociaux, de maintien de l’ordre, de tous ces budgets « développement durable », « emploi », tentant de contrer l’illogisme macro-économique actuel

    -revue du rapport de force employés employeurs, dans le cas d’une dé-productivité à l’abri du protectionnisme, créatrice d’emplois peu qualifiés (cdi inutile, …)

    -etc.

    Merci de dénoncer enfin la productivité que je montre également du doigt dans mon blog.
    On n’est plus au temps de la révolte des Canuts et de la croissance vertueuse, contrairement à ce que les opposants rappellent souvent.

    Et comment vendre le protectionnisme sans être traité de réac (voir Pascal Lamy)? En le verdissant?

    Un as de la communication manque à la cause (et même à Hulot)

    Cordialement,
    jp

    •   Alain Grandjean   26 avril 2015 à 15 h 12 min

      Merci de ce commentaire encourageant; les temps changent me semble-t-il et on verra émerger des initiatives et des communicants y compris sur cette « macro-économie » révolutionnaire. Il est clair à mes yeux que les Pascal Lamy et autres caciques seront opposés à tout cela car ils ont consacré leur vie à presque l’inverse. Le protectionnisme « intelligent » a beaucoup d’atouts à son arc et sait se défendre des accusations qui lui sont portées. J’ai cité dans le blog quelques bouquins. Si vous êtes intéressé on peut échanger un peu plus par mail sur le que faire maintenant
      cdt
      ag

  2. Bel article Alain !

    On néglige souvent ce que veut dire B dans PIB et ce que cela emporte. Par habitude ou par paresse ? Il est tellement plus simple de calculer un PIB qu’un PIN ! Et puis on peut arguer que l’un et l’autre sont proportionnels « en temps ordinaire » ? Et pourtant c’est bien le PIN qui mesure la création de richesse une année donnée, non le PIB, et les temps ne sont jamais ordinaires. La différence ? La dépréciation de l’actif des entreprises, pas négligeable si on suit Schumpeter ; mais aussi, en toute rigueur, du capital humain, capital naturel et capital public. Quitte à faire des calculs, autant les faire correctement. Cela n’épuisera pas les débats politiques mais au moins cela évitera de les biaiser.

  3. Bonjour

    D’un point de vue général merci pour votre blog, très intéressant, et spécifiquement merci pour cette article qui fait du bien en recadrant précisément ce qui est « réaliste » de ce qui ne l’est pas.
    Il est temps de sortir de cette stupide et inhumaine financiarisation du monde, qui ne fait que proroger la « rente » de l’ancien régime, sous une autre forme tout aussi brutale que l’ancienne. Et merci aussi de rappeler ce que la Terre mère nous offre si généreusement, c’est à dire à peu près tout ce que nous avons …
    Même si j’ai bien peur que l’Ile de Pâque ce soit finalement aujourd’hui la planète …

    De mon point de vue la mère de toutes les escroqueries économique reste la création monétaire, confiée à des banques privées, qui nous « vendent » de l’argent qui ne leur coute rien (elles le créent ex nihilo) sous forme de prêt avec intérêt, c’est quand même énorme !

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