Quand les machines (vraiment) domestiquées libèreront l’homme

26 avril 2016 - Posté par Alain Grandjean - ( 27 ) Commentaires

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"Ce gars-là peut tous vous remplacer, vous êtes congédiés !"
Credit : "Ce gars-là peut tous vous remplacer, vous êtes congédiés !"

L’homme va-t-il devenir inutile ?[1] Les prouesses de l’intelligence artificielle, le déferlement des robots[2] dans les usines, mais aussi la baisse de la croissance et la perspective d’une « stagnation séculaire[3] » relancent un vieux débat[4]. La machine va-t-elle remplacer l’homme ?

Une étude[5] universitaire parue en 2013 indique que la moitié des emplois actuels peuvent être informatisés (voir graphique ci-dessous). Si cela se confirmait, alors qu’il y a déjà en France plus de 5 millions de personnes au chômage (catégories A à D) et 12 millions en situation d’emploi inadéquat [6],  comment allons-nous faire face socialement et économiquement au risque de paupérisation qui pourrait toucher toutes les professions ? Cette question est évidemment centrale dans le débat politique actuel et pour les élections de 2017. Elle est sans doute l’une des entrées dans le débat montant sur le revenu de base[7], qui dé corrèle emploi et revenu et dans celui sur le temps de travail, qui va sans doute se réanimer. Je voudrais revenir ici sur les données et les mécanismes économiques de base de la compétition entre l’homme et la machine, pour pouvoir répondre à la question posée dans le titre.

1 Des machines (presque) partout.

Les machines nous entourent dans à peu près tous les compartiments  de notre vie. Nous allons dans la suite en donner quelques  exemples parmi les plus marquants.

Risque d'informatisation des emplois

Risque d’informatisation des emplois


 Dans les champs

Une moissonneuse batteuse peut ramasser 100 tonnes de blé à l’heure[8]…La population active agricole, familiale et salariée, atteignait 6,2 millions de personnes en 1955, soit 31 % de l’emploi total en France. En 2000, cette part est tombée à 4,8 % avec 1,3 million de personnes. Les rendements en  céréales sont passés de 2 tonnes /ha en 1961 à 7,5 tonnes/ha en 2012. Il y avait en 2005 635 tracteurs pour 100 km carrés de terres arables contre 379 en 1961. Prenons un autre exemple, celui  du coton [9] : un producteur du Mississipi produit  160 tonnes avec l’aide de ses machines alors qu’au Mali  il produit 500 kg, soit 300 fois moins.

Dans les usines

Les progrès de la mécanisation sont bien connus. Les usines partout dans le monde se vident de leur personnel pour se remplir d’automates et de robots. C’est sur la longue durée que l’ampleur de ce mouvement se voit de manière spectaculaire. Je ne prendrai qu’un  exemple[10]. Au temps de Louis XIV, une glace de 4 m2 coûtait 4 à 5 fois plus qu’une tapisserie de même dimension[11]. Faire une glace de 4 m2 prenait  35 000 à 40 000 heures de travail contre  à 6 à 7 aujourd’hui. La réalisation  de 4 m2 de tapisserie de haute lisse continue à prendre entre 8 000 et 16 000 heures. Or le prix a suivi le contenu en temps de travail : la tapisserie vaut 1000  à 3000 fois plus que la glace. L’énergie a remplacé l’homme « à l’œil » ou presque!

 Dans les bureaux, la construction des villes, sur les routes, pour notre santé, dans  nos maisons.

Il n’est pas utile de développer ce point évident. Nous sommes entourés d’ordinateurs, tablettes, téléphones. Les machines sont omniprésentes dans nos maisons, nos hôpitaux et cliniques, les laboratoires d’analyse médicale, pour construire nos infrastructures (réseaux de toutes sortes, gare, aéroport et autres). Elles permettent aux financiers l’invention de produits de plus en plus sophistiqués, et à l’argent de se déplacer instantanément dans tous les pays du monde. Elles nous permettent de nous déplacer de plus en plus vite, etc. Mais la machine ne remplacera pas l’homme de sitôt voire jamais, dans le domaine de la création (artistique, culturelle ou scientifique) et dans celui de la relation humaine et des métiers de l’accompagnement et du soin.

 2 Des machines qui remplacent l’homme.

Le remplacement de l’homme par les machines se voit dans les chiffres de productivité du travail. Une première indication est donnée par le PIB par habitant. Si l’on suit les calculs d’Angus Maddison ce ratio  été multiplié en France par 20 de 1820 en 2000[12]. Sur la même période l’Insee a calculé le PIB par actif  occupé (ce qui élimine du calcul les jeunes non travailleurs, les retraités et les chômeurs). De 1820 à 1990, en passant de 9 à 92, le PIB par actif occupé de la France a été multiplié par 10,2.[13]

Croissance de la productivité humaine

Croissance de la productivité en France (euros par personne)

Mais le calcul devrait intégrer aussi l’évolution du  temps de travail. Il y a deux siècles on travaillait presque tout le temps, de la plus tendre enfance à la mort, dans nos campagnes (ou en tant que domestiques chez les aristocrates). Et dans les usines au XIX ° s. aussi. Pour voir l’évolution du temps de travail, il faut le compter sur une vie entière. Et pour en voir l’évolution sur l’ensemble de la société, il faut tenir compte du chômage et du temps partiel subi ou non. Le nombre d’heures travaillées en France s’est élevé en 2010 à  40 milliards par an pour une population totale de 63 millions, soit  640 heures par an et par habitant (pour une durée horaire annuelle de 8760 heures, soit 7,3% du temps de vie annuel). Ce nombre était de 1076 en 1950 (et le ratio correspondant de 12%). Au milieu du XIX° siècle, je suppose que le temps de travail pour l’immense majorité des français (à l’exception donc des aristocrates ultraminoritaires) devait être de 12 heures par jour sur 300 jours dans l’année, et sur 80% de la durée d’une vie, soit en ordre de grandeur 3000 heures de travail en moyenne par an[14] et par habitant (un ratio de 32% sur la durée de vie). Le  temps de travail par habitant a donc été réduit de 1820 à nos jours d’un facteur 4 à 5. Le PIB par heure travaillée a donc été multiplié par 80 à 100 sur la période.

Si l’on zoome sur la période 1950-2010, où les chiffres sont plus fiables, voici un tableau récapitulatif (données INSEE).

  1950 1960 19701980 1990  2000 2010 2010/1950
 Population en millions 41,6 45,5 50,5 53,7 56,6 58,9 62,8 1,5
 Heures disponibles (en millions) 364830 398272442627  470687 495615 515598 549823 1,5
 Heures travaillées (en millions) 44836 44201 42861 41360 39404 39399 40150 0,9
 Heures travaillées/Heures disponibles 12,3% 11,1% 9,7% 8,8% 8,0% 7,6% 7,3% 0,6
 PIB en volume (Keuros constants) 286 452 789 1127 1440 1772 1998 7
 PIB/Heures travaillées (€/h) 6 10 18 27 37 45 50 7,8

En résumé, sur cette période 1950-2010 la production par heure travaillée a été multipliée par presque 8.

Cette croissance de la productivité  résulte prioritairement de  la mécanisation croissante des tâches. Sans les machines, la croissance du PIB n’aurait tout bonnement pas été possible.

Le chômage et plus généralement le sous-emploi sont manifestement et prioritairement dûs au remplacement de l’homme par la machine. La compétition internationale conduit ensuite à des répartitions inégales en termes d’emplois, certains pays tirant mieux leur épingle du jeu  sur tel ou tel domaine. La délocalisation d’une usine, aussi douloureuse soit-elle, n’est pas la cause centrale de la suppression des emplois. Au total, il n’y a aucun doute sur le fait que l’enjeu massif en terme d’emplois est celui de l’automatisation.

Si la croissance de la production est encore considérée  très majoritairement comme vitale,  c’est bien que sans croissance de la production les progrès de productivité dus aux machines se traduisent par des pertes d’emplois nettes. A noter cependant que la réciproque est fausse : on peut assister à une croissance du PIB sans création d’emplois…Et rappelons bien sûr que le culte de la croissance va buter sur la finitude du monde.

3 Les machines remplacent l’homme mais pas que …

Si la machine ne faisait que remplacer l’homme, toutes choses égales par ailleurs,  il n’y aurait plus aujourd’hui que très peu de travail humain dans la production, qui serait faite par les machines. Mais cette substitution a été  compensée :

  • par la  croissance de la production (cf ci-dessus)
  • par l’invention de nouveaux biens et services. Sans machine un homme ne sait pas faire une photocopie, ni communiquer à l’autre bout du monde, ni écouter de la musique à domicile. On peut douter de la capacité des médecins aux mains nues des Philippines à réussir une opération de la cataracte. L’immense majorité de ce que nous produisons a besoin de machines…
  • par des contraintes nouvelles, qu’elles soient réglementaires ou autres,  qui ralentissent et encadrent la mécanisation et créent du travail contrairement au discours dominant en la matière.

 4 Des machines encore sales et voraces

Nos machines sont voraces, ce sont elles qui consomment l’essentiel de l’énergie (qu’elles-mêmes  produisent, à quelques exceptions près comme le bois coupé à la main…). Elles sont sales, puisque là aussi elles sont la source de l’immense majorité des polluants. Les « dégâts » du progrès, ce sont elles !

Rappelons que depuis 1860 la consommation d’énergie dans le monde par habitant a été multipliée par 10 environ. Ce ne sont pas les hommes qui ont avalé cette énergie, ce sont bien nos machines qui l’ont consommée (ou plutôt transformée).  Quant aux pollutions innombrables et déchets massifs (qui se comptent en milliards de tonnes par an[15]) ils sont aussi produits par ou grâce à nos machines (à l’exception des excréments humains en gros…et de ceux des animaux que nous mangeons mais dont le nombre ne s’est accru exponentiellement que parce que nous avons des machines pour nous aider à nous en occuper, qu’on pense aux salles de traites d’une ferme de 1000 vaches).

Consommation d'énergie commerciale par habitant (moyenne mondiale) de 1860 à 1995. L'énergie commerciale ne comprend pas le bois. D'après : Schilling & Al. (1977), IEA (1997), Observatoire de l'Energie (1997), Musée de l'Homme. Source Manicore.

Consommation d’énergie commerciale par habitant (moyenne mondiale, en TEP) de 1860 à 1995. L’énergie commerciale ne comprend pas le bois. D’après : Schilling & Al. (1977), IEA (1997), Observatoire de l’Energie (1997), Musée de l’Homme. Source Manicore.

Avant donc d’extrapoler aux  prochaines décennies ce qui s’est passé dans les deux derniers siècles, il est nécessaire de vérifier que nous ne buterons pas sur des contraintes avales (la pollution et  les déchets),  amont (le risque de pénurie de ressources minérales ou biologiques) ou de dérégulation massive (le changement climatique et les grands cycles naturels). Nous n’arbitrerons pas dans ce court papier ce débat passionnant [16] : en effet que la question prioritaire soit celle des ressources ou celle des poubelles on peut affirmer sans risque d’erreur que la croissance de la productivité butera sur les limites de la planète, ce que ne semblent pas vouloir voir nos prospectivistes technophiles[17]. A minima, il nous faut rendre nos machines propres et économes en ressources et énergie, ce qui ne semble pas acquis à ce jour.

NB On pourrait objecter que  l’automatisation ou la numérisation n’implique, par rapport au même dispositif moins automatisé, qu’une consommation d’énergie supplémentaire négligeable, et même des flux de matière additionnels tout aussi négligeables (c’est le cas par exemple d’une voiture sans chauffeur, de l’automatisation d’un call center, ou de logiciels experts). Mais ces incréments éventuellement marginaux ne se conçoivent que dans un « bain  numérique global», de plus en plus intense en énergie.

 5 Les mécanismes économiques en jeu

Pour tenter de comprendre ce qui peut se passer dans l’avenir et pour savoir en particulier si nous allons tous devenir inutiles[18], il faut d’abord se demander quels sont les mécanismes en jeu[19]. Les prospectivistes qui disent que plus de la moitié des emplois actuels sont remplaçables par des machines ont raison au plan technique.  Les usines peuvent être largement robotisées[20], la voiture peut se passer de chauffeur, le e-learning et les MOOC peuvent remplacer bien des heures de formation « en présentiel », les diagnostics médicaux peuvent être largement automatisés, la technologie block-chain ou une autre pourra réduire le travail des notaires, l’informatique peut remplacer les forces commerciales, les caisses automatiques remplacent dès maintenant les « hôtes  ou hôtesses de caisse » etc.

Mais la vraie question est la suivante : y a-t-il un déterminisme historique à l’œuvre selon lequel la mécanisation et l’automatisation s’imposeraient irréversiblement à nous ? Dit autrement, est-il certain qu’on n’arrête pas le progrès et que la machine fera tout ce qu’elle pourra faire, à mesure des inventions humaines en la matière ? La réponse me semble tenir tout simplement dans les règles de gestion que nous nous donnons.

La mondialisation financière est mue par deux forces qui semblent irréversibles tant qu’on n’en a pas révélé les moyens opératoires. Ces deux forces sont  d’une part le désir  des classes dirigeantes de « faire » de plus en plus d’argent (donc d’en laisser de moins en moins aux autres…) et d’autre part celui   d’être de plus en plus puissants (donc de  pouvoir recourir à de plus en plus de machines, esclaves mécaniques infiniment dociles et peu coûteux[21]). La conjonction de ces deux désirs conduit au développement d’un système économique (le capitalisme financier néo-libéral) dans lequel les gagnants sont de plus en plus riches et puissants et les perdants de plus en plus nombreux et déclassés. Les mécanismes qui créent ces inégalités sont ceux qui industrialisent et automatisent toujours plus l’emploi et ce sont aussi ceux qui sont à l’œuvre dans la destruction de la nature.

Le « marché » laissé à lui seul comble spontanément ces deux désirs (l’argent et la puissance) pour une raison très simple. Pas plus les machines que la nature (et notamment les ressources et l’énergie consommées par les machines)  ne se font payer pour les services et produits qu’elles nous fournissent. Les hommes sont remplacés  par des machines parce qu’elles produisent à moins cher, c’est-à-dire parce que le contenu en emploi est au total inférieur. Cela résulte du fait que les prix de revient de l’ensemble des entreprises ne sont faits au total que de salaires (ou assimilés comme en France les rémunérations de nombre d’auto-entrepreneurs) que la compétition économique mondiale vise sans cesse à réduire. La concentration des richesses et de la puissance résulte de la caractéristique que Michel Volle n’a cessé de rappeler du monde de l’iconomie[22] : ses rendements sont croissants[23], c’est une économie de prédation, où « the winner takes all ».

Si nous mettons au point une autre façon de compter, ou si nous organisons nos systèmes sociaux et fiscaux de sorte que ces « externalités » soient correctement intégrées dans les calculs économiques alors de deux choses l’une :

  • soit nos machines deviendront sobres et propres
  • soit elles n’y arriveront pas et elles cesseront de remplacer l’homme à vitesse accélérée.

Si en complément nous mettons (ou remettons[24] !) au point un système convenable de redistribution alors le remplacement de l’homme par la machine (dans le cas où il reste possible, cf point ci-dessus) se traduira  par une meilleure répartition du travail. C’est pour cela que le débat sur le temps de travail reste toujours d’actualité, même s’il semble remis aux calendes grecques par la pensée dominante néo-libérale ou sociale-libérale. Au total, il sera  alors possible d’envisager que la machine soit devenue le moyen pour l’homme d’accéder d’une part à un travail allégé par la machine et d’autre part à plus de loisirs. La libération de l’homme grâce à des machines domestiquées (propres et sobres) est une voie possible et souhaitable. L’enfer de la domination de l’homme par la machine  et l’argent (en fait  par les puissants de ce monde) n’est pas une fatalité.

En conclusion, dans tout cela, nous n’avons pas à nous soumettre aveuglément à une quelconque fatalité ou à un déterminisme technologique. Notre avenir n’est pas écrit, ce sont  bien les choix politiques et sociaux que nous pouvons faire, maintenant, qui le feront.

Alain Grandjean

NOTES

[1] Voir le remarquable essai  de Pierre-Noël Giraud, L’homme inutile, du bon usage de l’économie, Odile Jacob, 2015
[2] Une étude du cabinet Roland Berger parue en 2014 indique que 3 millions d’emplois pourraient ainsi supprimés d’ici 2025.
[3] Voir le livre de Robert J. Gordon « The Rise and Fall of American Growth : The US Standard of Living since the Civil War » , ,Princeton University Press, janvier 2016 et l’article de J.M. Vittori 
[4] DEPUIS LA RÉVOLTE DES CANUTS DANS LES ANNÉES 1830 CONTRE LES MÉTIERS À TISSER, LES ÉCONOMISTES BATAILLENT POUR SAVOIR SI LE CHÔMAGE EST DÛ AUX MACHINES OU À D’AUTRES CAUSES. DANS LES TRENTE GLORIEUSE LES HÉRAULTS DE LA CAUSE DES MACHINES ÉTAIENT JEAN FOURASTIÉ, LES TRENTE GLORIEUSES, OU LA RÉVOLUTION INVISIBLE DE 1946 À 1975, PARIS, FAYARD, 1979 (RÉÉD.HACHETTE PLURIEL NO 8363). ET ALFRED SAUVY LA MACHINE ET LE CHÔMAGE : LE PROGRÈS TECHNIQUE ET L’EMPLOI , DUNOD, 1981.
[5] De Frey et Osborne ; Voir http://www.oxfordmartin.ox.ac.uk/downloads/academic/The_Future_of_Employment.pdf et http://alencontre.org/economie/stagnation-seculaire-le-capitalisme-embourbe.html
[6] Notion élaborée par le BIT, voir http://www.alternatives-economiques.fr/trois-ou-cinq-millions-de-chomeurs_fr_art_1266_66173.html
[7] Voir http://revenudebase.info/
[8] Voir http://www.grostracteurspassion.com/Actu/La-CR1090-recolte-797-6-2109.html
[9] Selon Jacques Blamont, Introduction au siècle des menaces, Odile Jacob, 2004,  p522
[10] Selon les calculs de Jean Fourastié et ses successeurs, « Posséder une voiture bas de gamme en 1948 (2CV) demandait 3000 salaires horaires ; aujourd’hui, il suffit de 650 » ; cela donne une idée approximative des gains de productivité dans les usines. http://www.fourastie-sauvy.org/statistiques-de-prix/secondaire
[11] Voir http://www.jean-fourastie.org et Jacqueline Fourastié, Le progrès technique a-t-il encore  une influence sur la vie économique? Science économique – N° 50 – 4e trimestre 2005.
[12] ÉTUDES DU CENTRE DE DÉVELOPPEMENT L’ÉCONOMIE MONDIALE : UNE PERSPECTIVE MILLÉNAIRE BROCHÉ – GRANDS CARACTÈRES, 3 SEPTEMBRE 2001, DE ANGUS MADDISON
[13] Voir http://www.melchior.fr/Etape-decouverte.11594.0.html et http://bit.ly/1NJ7Pko
[14] Chiffre rond, merci à toute indication de meilleure précision et mieux documentée.
[15] Voir par exemple http://www.planetoscope.com/dechets/363-production-de-dechets-dans-le-monde.html
[16] Voir par exemple l’article de P.N. Giraud dans la revue Débat, Ressources ou poubelles ? https://www.cairn.info/revue-le-debat-2014-5-p-165.htm
[17] Voir par exemple la critique de Jean Gadrey des travaux de Robert Gordon
[18] Giraud, L’homme inutile, op. cité
[19] Voir http://www.mouvementpourundeveloppementhumain.fr/quelles-sont-les-causes-et-consequences-des-gains-de-productivite/
[20] Foxconn, le plus gros fabricant de matériel informatique au monde (un million de salariés dont 99% en Chine, 103 Milliards de CA en 2011) développe de nouveaux robots et le nouvel objectif affiché de son PDG, Terry Gou, est que 70% du travail soit effectué par des robots dans ses usines. Voir http://www.reuters.com/article/2011/08/01/us-foxconn-robots-idUSTRE77016B20110801
[21] Du moins dans notre mode de comptabilisation, et c’est bien cela le problème.
[22] Voir http://www.iconomie.org/auteur/michel-volle/
[23] voir http://www.volle.com/ouvrages/e-conomie/rendements.htm
[24] La fiscalité n’a cessé dans les dernières années de régresser  au plan social dans les pays « développés ».

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27 Responses to “Quand les machines (vraiment) domestiquées libèreront l’homme”

  1.   bertrand cassoret   26 avril 2016 à 21 h 01 min

    Les machines travailleront moins quand nous manquerons d’énergie pour les alimenter. Alors les humains redevront travailler à leur place. Il y aura plus de travail, peut être plus d’emplois, mais moins de production de biens et de services, et pas forcément moins de pauvreté.

    • Sauf que contrairement a ce que l’on peut penser on va vers un monde ou l’énergie sera peu chère et abondante.
      Pour l’instant les lobbies du nucléaire en France tente d’imposer contre toute raison l’EPR. Mais bientôt devant les développement chinois en la matière, la France sera contrainte d’abandonner l’EPR et de passer a la prochaine génération de centrale nucléaire. Les centrales a sel fondu de thorium, qui offrirons une énergie peu cher sûre et quasi illimité, pour le prochain millénaire. Donc on va vers un monde ou l’énergie sera abondante, et les machines omniprésentes. Combien de temps notre système de sécurité sociale acceptera de payer des médecins alors que dors et déjà les systèmes expert sont bien meilleurs ?

    •   Alain Grandjean   30 avril 2016 à 10 h 49 min

      @Laurent
      de mon côté autant je suis sensible à l’aide fournie par un « robot » un automate ou un systéme expert dans de nombreux domaines y c médicaux, autant je ne crois pas au remplacement de l’homme par la machine dans ce domaine. Pour ne prendre qu’un exemple de nombreuses maladies sont guéries par des placebos et là le rôle du toubib (s’il est « humain ») est déterminant.
      pour le thorium je vous trouve optimiste, mais c’est un long débat, bien à vous. AG

    •   Alain Grandjean   30 avril 2016 à 10 h 32 min

      @Bertrand; je plaide ici pour l’idée qu’on puisse anticiper ce type de mutation. bien à vous . AG

    • Avez-vous remarqué que dans certaines entreprises  » d’avant garde » des employés travaillent devant un ordinateur en courant sur un tapis roulant, c’est bon pour leurs santés et c’est bon pour l’entreprise.

      Mais combien cette évolution de la société parait stupide quand elle amenée à se généraliser inexorablement par le développement sans fin du secteur tertiaire, produire toujours plus et à moindre coûts, voilà le credo libéral… ! L’homme n’est pas qu’un cerveau, il a besoin certes de se dépenser pour rester en bonne santé, c’est banal mais plus qu’important qu’il le fasse pour le bien-être de tous ….et de nos finances sociales.

      En 50 ans on a basculé d’un monde sans chômage, ou les métiers manuels avaient toutes leurs places, à un monde de marchands de produits pour beaucoup importés de pays à bas coûts.

      Ma conviction est qu’il faudrait redonner à l’homme sa part de travail manuel ou il remettrait son cerveau au service de son œuvre.

      Serait-il idiot que nous puissions tous – pour notre équilibre – avoir deux activités l’une intellectuelle ( le matin ?) et l’autre manuelle ( l’après midi?)…Moi çà me plairait bien!

    •   Alain Grandjean   30 avril 2016 à 11 h 00 min

      @denis, j’ai l’impression que ca vient par endroits, cette dualité, travail intellectuel/manuel; en tous les cas il est évident qu’il y a un pb de fond : on sous-rémunère des activités indispensables (dont de nombreuses sont manuelles) et on sur-rémunère des activités tout-à-fait « secondaires ». Il suffit d’imaginer une situation de crise pour voir qui est vraiment « utile ». Ou d’avoir une fuite d’eau à la maison…je crois donc à votre idée.mais elle ne deviendra pas massive « spontanément »;bien à vous; AG

    • @AG
      Si les plombiers sont indispensables et peu payés, je pense que c’est dû au fait qu’ils ne sont pas rares et ne le seront pas demain car ils sont à ce jour faciles à former. Donc il n’y aurait pas de problème de résilience de la société sur ce secteur, comme tous les métiers peu payés non réglementés.

    • Bonjour,
      Jean Gadrey souligne un tassement des gains de productivité:
      http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2015/06/29/effondrement-historique-des-gains-de-productivite-une-bonne-nouvelle%E2%80%A6-sous-certaines-conditions/
      Faut-il croire à une tendance immuable ou à un rebond dû à la rupture technologique de l intelligence artificielle?

  2. Bonjour,
    « Si nous organisons nos systèmes sociaux et fiscaux de sorte que ces « externalités » soient correctement intégrées dans les calculs économiques ».
    Le revenu de base, sujet que j’apprécie et porte, fait il partie des mesures auquelles vous pensez ?
    Heureux d’en parler avec vous.

    •   Alain Grandjean   30 avril 2016 à 10 h 36 min

      bonjour
      Le débat sur le « revenu de base » est bien sûr lié à ce post. Mais, précisément, il prend souvent comme hypothèse de départ non explicitée l’idée d’un découplage de la production et du travail humain, comme si les tendances passées allaient se prolonger indéfiniment, c’est bien cette hypothèse qu’il faut « questionner ». Sinon je regarde comme bien d’autres et à ce stade je suis encore un peu circonspect, mais à vrai dire d’abord parce qu’il y a de nombreuses versions du dit « revenu » de base, qui suscitent des questions différentes. bien à vous. AG

  3.   Thierry Caminel   26 avril 2016 à 23 h 25 min

    Bonjour Alain,

    Il existe peut être un déterminisme historique à l’œuvre selon lequel l’automatisation s’imposeraient irréversiblement à nous. Ou plutôt qu’il y a une mémorisation inéluctable d’information dans des systèmes techniques permettant d’agir de plus en plus sur l’environnement.

    En quelque mots: Il y a quelques centaines de millions d’années, la nature a « inventé » le gène, qui est est le support de l’information d’un organisme vivant. Le gène agit sur l’environnement en produisant des molécules qui, en se combinant, constituerons des organismes. Richard Dawkins parle d’un gène ‘égoïste’, dont la ‘finalité’ est sa reproduction. Dans le même ordre d’idée, Dawkins a introduit la notion de “même”, qui sont des fragments d’information enregistrés dans le cerveau, et qui se reproduisent par le langage. Les gènes permettent l’auto-organisation des organismes, les « mêmes » l’auto-organisation d’individus partageant connaissances et croyances, c’est à dire des sociétés humaines.

    Francois Roddier [1] a montré que les cellules, les organisme et sociétés humaines sont ce que les physiciens appellent des structures dissipatives, qui maximisent la dissipation d’énergie et l’exportation d’entropie. Or on sait, depuis Claude Shannon, qu’entropie et information sont deux aspects opposés d’un même concept. En exportant de l’entropie, une structure dissipative importe et mémorise de l’information venant de son environnement. C’est valable pour les cellules qui mémorisent l’information dans l’ADN, et pour les sociétés humaines qui la mémorise via la transmission de la connaissance.
    A chaque transmission, il y a des altérations qui sont choisies par sélection naturelle, faisant évoluer la structure dissipative vers plus d’efficacité. Ce qui change, c’est la vitesse de changement: les sociétés humaines évoluent grace au langage bien plus vite que les gènes.

    Maintenant regardons les robots. Il a fallu des millions d’années au hominidés pour acquérir la bipédie, mais il n’a fallu que quelques décennies après l’invention du transistor pour que les robots de Google sachent marcher sur des galets, monter des escaliers etc. D’autre robots peuvent apprendre à reconnaître un cancer sur une image mieux qu’un médecin formés pendant des années, ou faire mieux qu’une armée d’avocats pour parcourir des jurisprudence, mieux qu’un chauffeur de taxi, etc. Le robot (au sens large) mémorise l’information bien plus vite que n’importe qu’elle structure dissipative de l’univers, ce qui va avec la capacité de modifier l’environnement. Ca explique que ce « bain numérique global» est effectivement de plus en plus intense en énergie.
    Mais, de même que les organismes qui ont les ‘bons’ gènes se développent au détriment des autres, ou que les sociétés ayant les ‘bons’ mêmes supplantent ou dominent les autres, il est fort possible que les entités humaines possédant les ‘bons’ robots supplantent les autres dans la captation des resources physiques, leur permettant de se reproduire et perdurer même si les flux globaux d’énergie se réduisent.

    Le « déterminisme historique » que tu évoques pourrait donc être le darwinisme, Je sais que cette interprétation n’est pas très réjouissante, mais elle me semble être un bon cadre explicatif à ce qu’on voit. Et au sein du darwinisme on sait – et Dawkins l’a montré – que l’altruisme peut se développer, qui pourrait effectivement prendre la forme, comme tu le conclus, par la mise une point d’un système convenable de partage de l’entropie/information (redistribution des resources) et une meilleure répartition du travail.

    Mon explication peut paraître confuse, et elle est sans nul doute à travailler. Mais je suis de plus en plus persuadé qu’il ne faut pas regarder dans l’évolution du monde physique seulement l’aspect de l’entropie thermodynamique, mais étudier aussi la contrepartie en terme de mémorisation de l’information. On ne peut pas faire l’impasse sur la théorie de l’information pour comprendre l’essor et l’avenir des « machine intelligentes » .

    Au plaisir d’en discuter,
    Thierry

    ref:
    [1] http://www.francois-roddier.fr/?p=202

    •   Alain Grandjean   30 avril 2016 à 10 h 46 min

      @Thierry, la référence aux travaux de François Roddier est tout-à-fait pertinente et elle inscrit la question du rapport à l’énergie dans le temps très long. J’ai bien repéré que les « systèmes » consomment de plus en plus d’énergie depuis l’origine de l’univers et que c’est une tendance manifeste (il y a un très beau graphe d’Eric Chaisson qui le montre).
      Mais je crois profondément que le propre de l’humanité est de pouvoir s’autodéterminer et d’échapper aux déterminismes de ce genre. Le « darwinisme » est sans doute la manière de décrire ce déterminisme au niveau des organismes vivants, jusqu’ à l’homme non compris. Et je crois qu’en effet le « néolibéralisme « n’est ni plus ni moins que la description du « darwinisme  » appliqué aux sociétés économiques « modernes ». Et du coup je crois bien que c’est bien là qu’est le noeud du pb; je ne suis pas fataliste et croit qu’on peut tourner la page de ce système; mais qu’il ne s’agit pas de revenir au keynésianisme qui était indifférent aux enjeux de « finitude » du monde. Je suis persuadé que tu as raison quand tu évoques la théorie de l’information. Mon propos à ce stade est un peu plus appliqué et vise les questions politiques du moment qui me semblent faire l’impasse sur « nos » sujets; bien à toi . Alain

    • @Thierry, pour ce qui est de robots, s’ils ne se fatiguent pas, s’ils ne font pas d’erreurs, etc,…ce sont bien les raisons pour lesquelles nous les avons conçus; ils sont à notre service et c’est pas demain qu’ils prendront le pouvoir! J’ai relu l’article de François Roddier que vous citer; il pose le pb de fond de nos sociétés libérales ouvertes, je le cite :  » Le problème est celui de l’irréversibilité thermodynamique. La sélection naturelle est un processus irréversible. Si, pour le bien commun, un individu décide de limiter sa dissipation d’énergie, alors il sera tôt ou tard éliminé dans la compétition avec les autres. La réversibilité n’est possible que si tous les individus de notre planète décident solidairement de diminuer leur dissipation d’énergie. Il suffit alors qu’un seul individu refuse de coopérer pour qu’il reprenne l’avantage, auquel cas toute la coopération s’effondre.
      La situation apparaît sans espoir. »

      Il est là notre pb, toujours plus de PIB, alors qu’il faudrait répartir mieux répartir les richesses, c’est à dire décroître pour nos sociétés! Qui en ferait un programme politique?!! La sobriété heureuse dont parle Pierre Rabhi.
      Cdlt.

  4. pour info :

    Man vs. Machine: un robot prendra-t-il votre place au boulot ?

    « Une façon simple de savoir si une machine vous remplacera un jour au travail est peut-être de vous demander s’il est possible d’associer à votre activité professionnelle un indicateur de performance qui soit unique et simple à mesurer »

    https://aerobarfilms.wordpress.com/

  5. Enfin!
    Merci AG pour cet article concernant un sujet qui me tient à coeur. La valeur travail est primordiale pour les générations pré trente glorieuses; générations issues du monde pré-pétrolier. Cette culture reste vivace dans les campagnes, où la rudesse de la vie ancestrale à faible énergie a laissé des valeurs.
    Ces informations nouvelles confirment mes pressentiments développés durant mes expériences pro dans les trois secteurs de l’économie, au travers le filtre de connaissances en éco-conception.
    Je reste néanmoins impatient pour la suite de vos travaux:
    -à 500 ou 1000€ la tonne de C, quel impact sur la productivité actuelle? Combien d’emplois créés?
    Existe-t-il un similutateur fiscal pour ces questions-là?
    -la RTT à 32h hebdomadaire est-elle donc un fantasme construit sur de l’insoutenable?
    Pour info, un pc familial a un impact environnemental de ~1t de CO2, ce qui donne un ordre de grandeur de l’impact environnemental des automates…
    – cap 21-LRC est, il me semble, le seul parti à considérer ces données, non?
    Cordialement,
    Jps

    •   Alain Grandjean   30 avril 2016 à 10 h 58 min

      @JPSimand, merci de vos encouragements à revenir sur ce sujet; Gael Giraud travaille sur de nouveaux modèles économiques où l’impact d’un prix au carbone est évalué (il existe des modèles macros qui le font mais ma confiance en eux est assez faible)
      a suivre donc; je ne crois pas que la RTT soit un fantasme car il y a quand même bien deux variables en jeu : une « physique » qui est la répartition homme-machine et l’autre socio-économique qui est la répartition du travail humain entre les hommes; l’évidence la « mondiale financière » pousse à d’énormes divergences sur tous les fronts : inégalités dans l’accès au travail, inégalités dans la rémunération de ce travail et dans le temps de travail (avec l’explosion des work-poors et du tps partiel subi). Donc une régulation du temps de travail (pas à la semaine, ca me semble pas la bonne idée…)sur le temps d’une vie, par exemple, me semble tjs d’actualité; je suis intéressé par les reflexions sur ces sujets d’où qu’elles viennent
      bien cdt. AG

  6. Bonjour Alain,

    Tu as bien planté le décor. Voyons les solutions que je puis proposer.

    Pour changer, partons de l’hypothèse que toutes choses ne peuvent pas rester égales par ailleurs. Puisque la voie que l’on suit nous mène tout droit à la catastrophe, essayons de faire preuve d’imagination et d’anticipation.

    Selon les dernières données de l’Insee, le nombre d’hommes et de femmes au chômage (au sens du BIT) est à peu près comparable. Si je retiens tes chiffres, nous aurions environ 2,5 millions de femmes au chômage (catégories A à D) dont je ne connais pas la part de celles qui ont un ou plusieurs enfants à élever, objet de ma proposition.

    A l’heure actuelle, beaucoup de femmes en sont réduites à travailler pour des raisons financières car la paie de leur époux est insuffisante à elle seule pour subvenir aux besoins essentiels de la famille, surtout dès que le premier enfant apparaît. Sans parler des conditions de travail auxquelles elles sont exposées quand l’époux n’est pas disponible (récupération à la crèche, chez la nounou, à l’école, etc.). Il est aussi fort probable que les enfants n’étant plus surveillés par leurs parents traînent dans les rues avec ce que cela suppose comme fréquentations bonnes ou mauvaises.

    Voici donc ma proposition, étant précisé que je ne cherche nullement à rétablir les inégalités homme-femme d’un autre âge, mais donner à la femme – qui a des enfants – sa liberté de choix entre l’éducation de ses enfants au foyer et l’accumulation de ses tâches éducatives avec celles de sa profession. J’ai choisi la femme car c’est sur ses épaules – me semble-t-il – que repose le plus souvent la charge des enfants en bas-âge.

    Il s’agirait alors de verser un salaire éducatif aménagé par des allocations familiales, soit à la femme, soit au mari, selon le choix du couple. Ce salaire basé sur le salaire minimum serait versé par l’Etat.

    J’y vois l’avantage de soulager le marché du travail en faveur des salariés qui sont de plus en plus traités comme des esclaves à la solde d’employeurs – pas forcément cupides – qui profitent, bon gré, mal gré, de la loi du marché dans un univers économique à la recherche du rendement maximum pour faire face à la concurrence et si possible sauver leur peau. On en est là !

    Pour terminer, je voudrais ajouter quelques mots sur un sujet qui me passionne, comme tu le sais : la monnaie.

    La monnaie n’existe que par le crédit (endettement) accordé par les banques commerciales, y compris le crédit accordé à l’Etat, en monnaie centrale, monnaie convertie en monnaie secondaire par les banques ou inversement selon le sens de l’opération. C’est l’argent-dette.

    On en déduit que la masse monétaire joue un rôle déterminant en économie. Si la somme des nouveaux crédits accordés est d’un montant inférieur à la somme de l’épargne monétaire bancaire [1] et du remboursement des emprunts passés, la machine économique ralentit. A l’inverse, elle s’accélère.

    Pour débloquer définitivement cette situation, qui semble échapper à l’ensemble des experts, il existe une solution : la banque centrale fournit à l’Etat de la monnaie dite permanente, c’est-à-dire sans intérêt ni échéance de remboursement, modulable en fonction des impératifs de la régulation.

    En procédant de la sorte on met un terme aux inconvénients de l’argent-dette et on libère, à mon avis, l’économie de ses entraves monétaires.

    Amitiés

    Jean

    [1] L’épargne bancaire ne circule pas. Voir ici

    •   perrot cyrill   30 avril 2016 à 19 h 38 min

      Bonjour,
      je vous communique l’information suivante, le livre du philosophe Matthew B. Crawford :
      Eloge du carburateur ( essai sur le sens et la valeur du travail), explique, entre autre, les raisons pour lesquelles le travail manuel a déserté les collèges d’Europe et des Etats Unis. Il faut absolument revaloriser le travail manuel, mettre en avant l’intelligence qui lui est propre, permettre aux élèves doués manuellement de trouver leur place dans la société , et qu’ils tirent fierté de leur savoir faire.

      Dans l’idéal, les machines devraient être utilisées pour les travaux répétitifs, physiquement pénibles, salissants, et laisser l’humain se charger des métiers qui exigent la maîtrise d’un savoir faire, par exemple : couturier, ébéniste, bottier…. Cela entrainerait un changement radical de l’économie, vu que les grandes marques de vêtements, de meubles, de chaussures, qui exploitent le personnel, se retrouveraient supplantées par des milliers d’artisans qui reprendraient leur destinée en main.
      Même pour le capitalisme libéral, il est absurde de remplacer l’homme par les machines. Si l’argent n’est pas redistribué pour un travail correctement rémunéré, qui achètera tous ces produits tellement alléchants de notre chère société de consommation ? Les machines ? Permettez-moi dans douter.
      Cordialement
      Cyrill Perrot

    •   Alain Grandjean   7 mai 2016 à 14 h 41 min

      @cyrill, merci pour la référence. Juste une remarque : certes les machines ne se font pas payer et n’ont pas besoin d’acheter ce qu’elles produisent, néanmoins l’armée de robots et d’automates qui se déploient se fait par la logique du « système néolibéral », même si pas l’intérêt de tous. c’est précisément l’une des impasses que je souhaitais mettre en évidence . Bien à vous. AG

    •   Alain Grandjean   7 mai 2016 à 14 h 44 min

      @Jean Bayard.je commence à penser qu’il faut en effet introduire un élément du « revenu de base » (ce dont tu parles me semble-t-il en prenant une de ses options) dans la résolution du pb, et ok bien sûr la monnaie permanente. Bien à toi. Alain

  7.   Caroline Porteu   2 mai 2016 à 9 h 02 min

    Bonjour Alain Grandjean

    Je ne peux que vous suggérer de lire le passionnant livre de Jean François Gayraud qui vient de sortir chez Odile Jacob , sur « L’art de la Guerre Financière » et la manière dont les modèles mathématiques et économiques ont été utilisés pour des prédictions autoréalisatrices qui se sont avérées catastrophiques par la suite .
    J’ai la sensation qu’avec cette volonté de tout robotiser à l’excès , on arrive exactement dans la même erreur .
    Les robots parlent aux robots et la logique devient absente , les systèmes tournent en boucle et finalement font perdre du temps et de l’argent aux entreprises comme à leurs clients.
    Je pense notamment à la gestion administrative d’entreprises comme Orange ou EDF ou les contradictions internes si le cas ne rentre pas dans les cases préprogrammées entrainent des situations ubuesques .
    Situation qui font penser au « Castor Affairé » . Il n’y a plus de solution dans le prisme de logique utilisé .

    Et pour l’instant , on ne peut pas vraiment parler de libération , certaines techniques ont à tel point envahi le paysage que toute une catégorie de la population en est exclue , ce qui n’est pas vraiment une libération . Et je ne parle pas des pannes et du manque de fiabilité des systèmes .

    Merci de m’avoir lue

    •   Alain Grandjean   7 mai 2016 à 14 h 38 min

      @Caroline.merci de la référence!en effet aujourd’hui notre rapport aux machines est inversée, nous les servons plus qu’elles nous servent, l’enjeu de la libération, c’est celui de la mutation qu’il va falloir conduire; bien à vous. AG

  8. Les unité sur les graphique c’est pas optionel. On apprend au collège.
    Perso je n’ai donc rien compris à la moitié des graphiques ! Ar une courbe qui monte ne veut rien dire !

    Très bon article cependant.

  9. Si à terme les machines peuvent aller au bout de la logique et imprimer et distribuer des billets, bref un salaire universel, aux « humains  » devenus inutiles ! Ce serait bien :)

  10. Les Etats-Unis, un modèle à suivre.

    Les Etats-Unis, un modèle pour tous les pays de la planète.

    Les Etats-Unis nous montrent ce que sera le XXIe siècle.

    Le XXIe siècle verra le retour des esclaves, qui resteront debout dans leurs usines pendant des heures, qui pisseront et qui chieront dans leurs couche-culottes.

    Vendredi 13 mai 2016 :

    Etats-Unis : privés de pause-toilettes, des employés portent des couches.

    Les employés du secteur volailler aux Etats-Unis travaillent dans un tel climat de peur qu’ils n’osent pas demander de pause pour aller aux toilettes et portent des couches au travail, affirme l’ONG britannique Oxfam dans une étude.

    D’après ce rapport publié mardi 10 mai, «la grande majorité» des 250.000 ouvriers du secteur avicole américain «dit ne pas bénéficier de pauses-toilettes adéquates», en «claire violation des lois américaines de sécurité au travail». 

    Ils «luttent pour s’adapter à ce déni d’un besoin humain de base. Ils urinent et défèquent debout face à la ligne d’assemblage, portent des couches au travail, réduisent leurs prises de liquides et fluides à des niveaux dangereux» et risquent «de graves problèmes de santé», martèle l’étude.

    Les chefs de ligne refusent aux ouvriers ces pauses «parce qu’ils sont sous pression pour maintenir la vitesse de production», fait valoir Oxfam. «Le secteur volailler affiche aujourd’hui des bénéfices records» tandis que «les ouvriers gagnent de faibles salaires, souffrent de taux élevés de blessures et maladies, évoluent dans des conditions difficiles» et «un climat de peur», dénonce l’étude.

    http://www.leparisien.fr/economie/etats-unis-prives-de-pause-toilettes-des-employes-portent-des-couches-13-05-2016-5791913.php

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