Nucléaire : une feuille de route pour ouvrir une vraie alternative

6 septembre 2017 - Posté par Alain Grandjean - ( 6 ) Commentaires

Tweet about this on TwitterShare on Facebook0
CNPE DE DAMPIERRE
Credit : CNPE DE DAMPIERRE

Je viens de publier dans le n°11900  d’Enerpresse,  un article qui propose une feuille de route pour le nucléaire. Cette proposition vise à sortir de l’impasse dans laquelle la politique énergétique française est aujourd’hui engluée. Et du dialogue de sourds entre ceux qui feignent d’ignorer l’objectif (voté dans la loi de transition énergétique et reprise dans le programme du président de la République) de réduction de 50% en 2025 de la part du nucléaire dans le mix électrique  français,  et ceux qui veulent respecter ces mêmes objectifs à la lettre sans tenir compte  de ses conséquences sociales, économiques et en termes d’émissions de GES. ll s’agit en résumé de se mettre en position de créer une véritable alternative et les conditions (qui ne sont pas réunies aujourd’hui) d’un choix rationnel. Comme le disent les économistes cette stratégie repose sur sa valeur d’option. Je signale également dans l’annexe une proposition de méthode pour comptabiliser le coût « complet » des ENR neufs   (incluant les coûts d’investissement, d’exploitation, de raccordement et de back-up) qui met à jour une note sortie dans ce blog.

Vos commentaires sont bienvenus !

Télécharger l’article : Nucléaire : une feuille de route pour ouvrir une vraie alternative.

Ou consultez le ci-après.

 

Alain Grandjean

Laisser un commentaire

6 Responses to “Nucléaire : une feuille de route pour ouvrir une vraie alternative”

  1.   Bertrand Cassoret   8 septembre 2017 à 14 h 34 min

    Bonjour

    Votre étude prend en compte le cout du « back-up » nécessaire à l’éolien et au photovoltaïque.
    De quel back-up s’agit-il?
    S’il s’agit de centrales au gaz il est probable qu’on aille vers une augmentation des émissions de CO2 et autres polluants.

    •   Alain Grandjean   8 septembre 2017 à 18 h 01 min

      @ bertrand cassoret; dans les scénarios modélisant une baisse raisonnée du nuc comme je le propose, les émissions directes françaises de CO2 de la production d’électricité baissent; cela suppose évidemment de sortir le charbon (qui en a émis environ 7 MTonnes sur 28 Mtonnes en 2016 cf RTE) ; selon le rythme exact de baisse du nuc on n’a pas nect besoin de plus de CCG (sachant qu’on admet que va être construite celle de Landivisiau), car la part des enr non pilotables est limitée et qu’on a de l’hydro, des ccg et qu’on est interconnectés avec nos voisins. Le coût de back-up (une expression un peu simplificatrice) est calculé sur la base de la valeur de capacité offerte. (pour le PV elle est nulle car le PV ne garantit aucune puissance). Pour qu’il n’y ait pas de malentendu (ce qui m’oblige à me répéter beaucoup) je ne promeus que des scénarios qui sont sources de réduction d’émissions de GES. N’oublions pas par ailleurs que de toutes façons la question centrale du CO2 en France est celle du pétrole….bien à vous. AG
      (ps le nuc est un objet de passion générant bcp de débats, alors que nous avons bien d’autres sujets plus importants socialement et politiquement dans le domaine de la transition énergétique; cf mon post https://alaingrandjean.fr/2017/07/24/politique-energetique-ne-se-tromper-de-debats-2/)

    • Le besoin en back up n’intervient pas au début de la pénétration des renouvelables
      RTE donne la participation de l’éolien au marché des capacités en 2017
      https://clients.rte-france.com/lang/fr/visiteurs/vie/meca_capa/meca_capa_rcc.jsp?rccsp=1&alf=2017
      MW éolien participe à la pointe à hauteur de 0,17MW
      soit un taux voisin de son facteur de charge en énergie.
      autrement dit l’éolien est intermittent, mais l’aléa s’ajoute aux variations de la demande et l’aléa global n’est pas augmenté.
      Il en ira différemment pour de fortes pénétration éolien.
      Autrement dit au début tout est facile.
      Pour de plus fortes pénétration, la participation de l’éolien au marché des capacité croit moins vite que les capacités installées.
      L’Allemagne est déjà dans cette situation ; la France pas encore

    •   Alain Grandjean   19 septembre 2017 à 6 h 51 min

      @I.Lucas, merci de ces informations et précisions, a l’horizon que j’envisage dans cette note il n’y aura pas de pb de back-up si on est raisonnable dans la planification des arrêts de tranches nucléaires, ce que je recommande, les projections à plus long terme sont aujourd’hui perilleuses,( dans un sens et dans l’autre, il ne faut pas injurier l’avenir); c’est pour cela que je pense que la stratégie proposée est sans regret et permet de se mettre en capacité de prendre des décisions bien plus fondées. Bien à vous. AG

  2. […] Je viens de publier dans le n°11900 d’Enerpresse, un article qui propose une feuille de route pour le nucléaire. Cette proposition vise à sortir de l’impasse dans laquelle la politique énergétique française est aujourd’hui engluée… lire […]

  3. Comment se fait-il qu’on prenne pour cout de référence de l’EPR les 110 ou 120€/MWh (cad la garantie du gouvernement britannique pour Hinckley Point, qui a bien du y trouver son intéret), sans s’interroger sur comment se forme un prix pareil ?
    Un tel prix doit surement couvrir du risque, un très haut niveau de rémunération du capital etc…

    Car j’essaye de mettre ce prix en rapport avec l’investissement et je n’y arrive pas
    Admettons par exemple, que la production d’un EPR de 1650MW, fonctionnant à 80% chaque année, soit 1650x365x24x0.8 = 11.5 million de MWh.
    Considérons que le cout de fonctionnement et d’investissement ultérieur soit les 35€/MWh du parc existant (qui inclue pourtant les investissement de jouvence et de grand carrénage d’après la note), et que ce qui est au dessus est un « profit » pour rémunérer l’investissement initial soit 110-35=75€/MWh. Il y a donc un profit annuel de 11.5*75 = 867 Millions d’euros, soit 8.26% chaque année de l’investissement initial.
    Cela est juste énorme, et encore j’ai pris des hypothèses pessimiste (y a-t-il de la littérature qui indique ce que sera le cout de fonctionnement de l’EPR au delà de l’investissement ?)
    Si on prends 12 Milliards d’euros comme investissement initial (pour tenir compte des frais financier de retard etc…), on est toujours à 7.2% de rentabilité.

    Si on calcule dans l’autre sens avec un taux d’intérêt de 5% comme cela est fait pour l’éolien terrestre et le solaire PV dans la note, et qu’on considère qu’il faut avoir « rembourser le prêt » en 60 ans, alors chaque annuité représente 6.2% soit 650 Millions d’euros soit 56€/MWh (et si on prenait un taux de 1% raisonnable dans une optique de lutte contre le changement climatique, et cela mérite d’être fait aussi pour les renouvelables, alors, c’est 20€/MWh)

    Bref, est-ce l’EPR qui n’est pas rentable…. ou la finance, quand il s’agit d’un investissement d’aussi long terme ?

journal

Bibliothèque et papiers de référence