Report au-delà de 2025 de la date de limitation à 50% du nucléaire : une décision responsable et courageuse

21 novembre 2017 - Posté par Alain Grandjean - ( 10 ) Commentaires

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CNPE DE DAMPIERRE
Credit : CNPE DE DAMPIERRE

J’ai proposé à Jean Gadrey, qui l’a accepté,  de répondre sur son blog, suite à ses deux posts (voir ici et ici) critiquant l’entretien que j’ai réalisé pour Alternatives Economiques. La réponse ce trouve ci-après et sur le blog de Jean.  L’entretien pour Alternatives Economiques portait sur la stratégie énergétique de la France et en particulier sur le nucléaire. Il est paru le 8 novembre, soit le lendemain de l’annonce de Nicolas Hulot relative à la décision de reporter au-delà de 2025 la date de limitation à 50% du nucléaire dans le mix électrique. Sachant que j’ai déjà beaucoup écrit et communiqué sur cette question (voir par exemple les articles 50% de nucléaire est-ce compatible avec le plan climat  et  Nucléaire une feuille de route pour ouvrir une vraie alternative ), j’ai choisi de répondre en me limitant aux points qui me semblent essentiels (et donc sans reprendre tous les arguments techniques).

1 Tout d’abord, je suis d’accord avec Jean Gadrey pour dire que c’est bien dans le contexte de la France actuelle que l’objectif à 2025 me semble irréaliste.

Oui comme il le dit, il est fort peu probable que le gouvernement Macron lance un vaste plan d’investissement dans les EnR. J’ajouterai que les freins au déploiement massif des EnR ne viennent pas que du gouvernement ou de l’administration : ce n’est pas seulement une question d’investissements fléchés ou de dispositifs d’aides. Les freins viennent aussi (pour l’éolien en particulier) de nombreuses oppositions locales de citoyens.

Concernant le  nucléaire, comme le note Jean-Pierre Bompard sur son blog certains syndicats (la CGT en particulier) sont opposés à sa réduction par peur des pertes d’emploi que cela provoquerait. Les fermetures de centrales doivent donc s’accompagner comme le dit Jean Gadrey de plan de reclassement des salariés et de projets industriels locaux à forte participation du public. Mais, pour l’instant, force est de constater que nous n’avons pas l’expérience de tels dispositifs (à supposer que  la volonté politique soit au rendez-vous). Le même problème se pose, d’ailleurs, sur la fermeture des centrales à charbon. Ne faut-il donc pas mieux engager au plus vite quelques premières expérimentations afin d’en tirer les enseignements ?

2 Second point, l’entretien qu’évoque Jean Gadrey a été fait avant l’annonce de Nicolas Hulot, ce n’est donc pas un commentaire de cette annonce.

Il se trouve que cela fait longtemps que je dis et j’écris que la date de 2025 n’est pas tenable pour limiter le nucléaire à 50% du mix électrique, si l’on veut respecter les autres objectifs de la loi et en particulier la baisse des émissions de GES.

Je rappelle cette démonstration en résumé. En supposant une consommation d’électricité en légère diminution, le respect de l’objectif de 50% de nucléaire en 2025 supposerait d’installer chaque année d’ici 2025 de trois à quatre fois plus d’ENR électrique (en capacité installée) que ce qui s’est fait en 2016. En se situant dans le contexte français, une telle augmentation est à ce jour irréaliste. Il faudrait donc installer de nouvelles centrales fossiles pour produire de l’électricité, sauf à risquer la rupture d’approvisionnement. Cette contrainte disparaît quand on se laisse 5 ans de plus.

Jean Gadrey s’étant mis sur le plan moral, en disant « le report de la fermeture des centrales nucléaires n’est pas « réaliste » :  c’est une défaite politique, écologique et morale », je me permets de dire qu’au fond l’intégrité me semblent être plutôt du côté de ceux qui ont un discours de vérité, et non un attachement à un symbole. Si faute morale il y a, elle me semble être du côté de ceux qui ne veulent tenir compte ni de l’immense défi qu’est la lutte contre le changement climatique, ni de la nécessité de conduire la mutation de nos systèmes, de nos organisations et des professionnels concernés et, accessoirement sans risque de black-out (1), ce qui conduirait infailliblement l’opinion à redemander du nucléaire.

3. Je pense aussi qu’il est impératif, pour tous les acteurs, et quelle que soit leur position, de cadrer le débat à venir.

A ce titre, il manque deux informations importantes dans la communication de Nicolas Hulot : la date d’atteinte de ce ratio de 50% (qui peut se situer sans contradiction entre 2030 et 2035) et le fait qu’il n’est pas question de lancer de nouvel EPR en France. Je suppose qu’elles manquent car les décisions n’ont pas encore été actées par Emmanuel Macron, mais il est clair qu’elles peuvent et doivent l’être, sans attendre le débat à venir dans le cadre de la révision de la PPE.

Concernant un nouvel EPR en France, on sait que le design « optimisé » à ce jour ne sera pas compétitif par rapport aux EnR électriques. Concernant les scénarios de fermeture de l’existant, l’ASN a repoussé la date de son avis générique, obligeant le politique à décider, sans pouvoir céder à la tentation de se décharger sur l’autorité de sûreté. Les éléments sont sur la table, notamment grâce aux travaux très approfondis réalisés par RTE (dans son bilan prévisionnel 2017), à l’issue d’un travail de concertation poussé. Les simulations proposent plusieurs familles de scénarios cohérents qui conduisent toutes à 40% d’EnR électriques en 2035. La loi de transition énergétique ayant été votée démocratiquement, il faut choisir la famille de scénarios la plus proche de l’esprit de la loi (qui dans son article 1 fixe le ratio de 50% « à l’horizon 2025 » ). En l’occurrence, il s’agit des scénarios intitulés AMPERE (voir le bilan prévisionnel cité ci-dessus), qui conduisent à atteindre l’objectif de 50% en 2030, en réduisant le nucléaire au rythme de la croissance des EnR électriques.

4. L’objectif de 50% de nucléaire à 2025 n’est pas la pierre angulaire ni la condition de la transition énergétique et ce pour plusieurs raisons.

  • L’électricité représente un petit quart (23%) de la consommation finale d’énergie (le nucléaire n’en représente donc que 17%) ; et elle n’induit que 6% des émissions totales de GES françaises (Voir mon post ici pour le détail des chiffres).
  • La sortie du nucléaire, quel que soit son rythme, n’entraine pas mécaniquement la hausse des EnR électriques. On pourrait bien construire des moyens thermiques à la place d’autant qu’ils sont aujourd’hui moins coûteux en l’absence de prix carbone suffisant sur l’électricité.
  • Elle n’entraine pas non plus mécaniquement la baisse de la consommation d’énergie finale dont les trois quarts ne concernent pas l’électricité.
  • Le débat sur le nucléaire occupe l’espace médiatique au détriment des autres enjeux (voir mon post « Politique énergétique : ne pas se tromper de débat » ) et empêche la prise de conscience de l’urgence et de la difficulté de traiter les autres enjeux.

 

5. J’ai beaucoup de respect pour les travaux réalisés par Negawatt et ai participé à la présentation du scénario 2017 en janvier 2017 à Paris.

Pour autant, il repose sur des hypothèses qui ne sont pas vérifiées à ce jour, comme par exemple un rythme très soutenu de travaux de rénovation énergétique de l’habitat. Je connais bien ce sujet, défends autant que je peux l’accélération des dits travaux et la montée en puissance de leur financement ; mais malheureusement nous n’y sommes pas et nous ne serons pas au bon rythme en 2025. Je le regrette mais cela ne m’empêche pas de le constater. C’est en cela que je me crois réaliste, sans pour autant être défaitiste.

6. J’ai en effet fait évoluer ma propre analyse depuis le livre que cite Jean Gadrey et qui a été écrit en 2005.

Depuis les EnR (tous vecteurs) ont vu leurs coûts chuter massivement, la gestion des réseaux électriques a fait d’immenses progrès et l’accident de Fukushima a montré que même un pays très bien organisé n’a réussi ni à l’empêcher ni à en gérer les conséquences. Je signale en particulier le travail que j’ai initié et piloté à la FNH sur le déploiement futur du solaire dans le monde. J’ai donc un peu de mal à comprendre l’intérêt d’un reproche concernant mes positions d’il y a plus de 10 ans, qui ont largement évolué depuis.

Conclusion : il est vital à mes yeux de cesser de confondre la transition énergétique avec la limitation à 50% du nucléaire en 2025. Son décalage à 2030 permet de sortir d’une impasse. C’est donc un choix courageux et responsable dont je pense au fond qu’il va permettre de donner un coup d’accélérateur à la transition énergétique.

Alain Grandjean

Notes

1. Les simulations du gestionnaire de réseau, dans le cadre du scénario OHM, ne laissent pas de doute, du fait des faibles marges actuelles.

 

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10 Responses to “Report au-delà de 2025 de la date de limitation à 50% du nucléaire : une décision responsable et courageuse”

  1.   Julien GLAIZAL   22 novembre 2017 à 0 h 04 min

    M. Grandjean,

    Puisque la « compétitivité » des différentes solutions énergétiques semble être un de vos critères majeurs pour orienter vos décisions, et celles de nos gouvernants par la même occasion, soutenez ici un peu pour voir que de fermer nos centrales nucléaires actuelles, alors qu’elles sont déjà hyper amorties et pourraient être en mesure de profiter de prolongation techniques substantielles (comme toutes celles aux USA jusqu’à 60 ans, voire 80 pour certaines), assimilable par conséquent à une fermeture par anticipation, relèverait d’une décision rationnelle qui aurait pour objet la compétitivité de notre appareil productif…???!!

    J’attends de lire votre réponse avec une impatience non-dissimulée.

  2.   Thierry Caminel   24 novembre 2017 à 23 h 24 min

    Bonjour Alain,

    Comment arrives-tu à la conclusion qu’il ne faut construire de nouveau EPR? Ce n’est pas ce qu’il ressort des scénarios AMPERE, sauf erreur de ma part.

    Certes le scénario Négawatt le permet. Mais outre les hypothèses peu réalistes que tu cites (et d’autres, par exemple la gestion de l’intermittence), il y a à mon avis un autre problème: il requiert, d’après les courbes qu’ils publient, pratiquement une division par 3 de la consommation d’énergie primaire, avec un rythme de -3.7% par an pendant les 20 prochaines années.

    Or, on déduit de l’équation de Kaya que le taux annuel de croissance du PIB par habitant est à peu près égal à la somme de l’augmentation de la consommation énergétique par habitant, et du taux d’amélioration de l’intensité énergétique du PIB.

    Avec une amélioration de l’intensité énergétique de 1.5% par an, cela signifierait pour le scénario negaWatt à une baisse du PIB de plus -2.2% par an pendant 20 ans. Je doute de l’acceptabilité d’une telle politique….

    Ma question est la suivante: penses-tu qu’il puisse y avoir une amélioration de l’intensité énergétique telle qu’une telle récession soit évitable (je me rappelle que tu étais très sceptique sur la « croissance verte » il y a quelques années) ?

    Si ce n’est pas le cas, qu’elles sont les scénarios que tu penses crédibles qui permettrait d’arriver au facteur 4 sans nouvel EPR?

    Amicalement, Thierry

    •   Alain Grandjean   1 décembre 2017 à 21 h 32 min

      bonjour Thierry; RTE ne dit rien sur la question du remplacement ou du prolongement des réacteurs nucléaires actuels (question trop sensible politiquement). Mon point est très simple : aujourd’hui ce serait une énorme erreur industrielle et financière de lancer un EPR sur la base d’un design proche de l’actuel (dit « optimisé »). Il se trouve que j’ai fait 15 ans d’industrie (je « sens » ce qui se passe quand on se plante, car cela m’est arrivé), et que d’autre part j’ai des infos solides sur la manière malheureusement pour le moins mal maîtrisée dont se passe la réalisation de Flamanville sans parler d’Olkiluoto… par ailleurs si tu lis le WEO de l’AIE tu verras que les pays nucléaires sont en fait la chine, l’inde, la russie, la corée. Qui peut penser que ces pays vont retenir notre techno qui aligne les retards surcoûts et …est un échec. Aujourd’hui malheureusement je considère que ce sera un désastre de continuer dans la voie actuelle. On a arrêté (trop tard) le Concorde,on a arrêté la filière graphite-gaz pour choisir westinghouse;…
      Attendre ne pose pas le moindre pb : il suffit de prolonger des réacteurs et d’être plus actif sur les enr, et la réduction de la conso d’énergie. C’est cela le sujet central.
      Il ne faut donc pas confondre les échéances; si tu lis attentivement l’article que j’ai publié dans enerpresse, tu verras que je gères avec soin le planning et que je ménage les options. Ce n’est pas ce que font les adorateurs du nuc et les anti-nuc; amitiés. alain

    • Bonjour, vous avez parfaitement raison. Les hypothèses du scénario negawatt sont totalement farfelues. Les intègrent implicitement que nous serons capables de changer toutes nos installations électriques pour les piloter à distance en fonction de la production. Ceci aura un coût énorme pour l’ensemble des particuliers et n’est en fait pas réalisable a l’échelle de temps voulue.
      Cependant, malheureusement, et on ne le dit pas assez, pour contenir le réchauffement climatique, il faudra bien passer par une réduction de notre consommation, ce qui fait qu’en fait le scénario de décroissance brutale implicite du scénario negawatt va se produire mais pas parce que nous l’aurions décidé, parce qu’il est nécessaire. Pour avoir un ordre ‘d’idée il faut lire l’article de Gael Giraud dans allertnatives économiques: d’après lui, pour avoir un état de la planete équilibré,il ne faut pas que la consommation dépasse 6000 à 7000$ par habitant. Ce qui pour nous français correspond peu ou prou à une demi smic. On va beaucoup moins avoir besoin de travailler dans le futur. Mais çela est inaudible par nos contemporains.

  3. Bonjour,

    Pleinement d’accord avec vous pour dire que le report annoncé par Nicolas Hulot de l’échéance de 2025 pour ramener la part de l’électricité nucléaire de 75 % à 50 % relève du simple bon sens. Ce chiffre de 50 %, issu d’un accord électoral ne relevait d’aucune étude de faisabilité.

    Supposons pourtant que l’on ait poursuivi dans cette voie. Que se passerait-il en période de grand froid prolongée et en situation anti-cyclonique, par exemple en janvier après 17h ? Plus de soleil, absence de vent : pour répondre à la demande, hormis les possibilités limitées (en ordre de grandeur) d’effacement de consommation, il serait nécessaire de recourir à des centrales thermiques au gaz ou au charbon, émettrices de CO2.
    On connaît la priorité des priorités : une baisse rapide des émissions de gaz à effet de serre (GES), comme le GIEC nous le rappelle depuis plus de 20 ans. On rétorquera que l’Allemagne s’est lancée dans un vaste plan de développement des énergies « renouvelables » (EnR). Résultat : après des centaines de milliards d’euros investis dans ce secteur, les émissions de GES n’ont quasiment pas diminué.

    Si l’on met en perspective le facteur de charge des de quelques sources d’énergie, c’est-à-dire la part du temps où elles produisent à pleine puissance dans l’année, on obtient : nucléaire : 70 % ; éolien en mer : 35 à 40 % ; éolien terrestre : 20 % . solaire photovoltaïque : 14 % (en France). Pour compenser la production intermittente des EnR, il faut mettre en service des centrales thermiques au gaz ou au charbon : précisément ce que fait l’Allemagne.

    Cela dit, le nucléaire en France est confronté à de graves difficultés. Le réacteur EPR est un fiasco financier et on ne peut dire aujourd’hui s’il sera ou non un fiasco technologique.On ne peut dans ce domaine transiger avec la sûreté : un accident majeur coûterait en France des centaines de milliards d’euros (Fukushima approche actuellement les 200 milliards d’euros), sans même parler des conséquences humaines (effets psychologiques dûs au déplacement de population. Nous avons la chance d’avoir une Autorité de Sûreté Nucléaire qui joue bien son rôle et pointe sans relâche les dysfonctionnements relevés.

    Pour le futur, on peut imaginer un mix de certaines EnR et de … nucléaire. Mais un nucléaire basé sur une autre technologie et sur l’élément 90, le thorium. Celui-ci est un élément « fertile » (comme l’uranium naturel), transformable en élément fissile (comme l’uranium 235 utilisé dans les réacteurs actuels), l’uranium 233. Or, un réacteur expérimental de ce type a fonctionné dans les années 60, mis au point par un physicien américain, Alvin Weinberg. Ce réacteur au thorium était basé sur un concept de sécurité passive et ne pouvait s’emballer. Par ailleurs, le problème de la disponibilité du combustible serait repoussé de quelques milliers d’années, car le thorium est très abondant dans la croûte terrestre. Si ce réacteur n’est pas passé au stade industriel, c’est essentiellement pour deux mauvaises raisons :
    1) il ne produisait pas de plutonium : or, en période de guerre froide, il n’y avait jamais assez de bombes nucléaires (!)
    2) les industriels qui avaient développé les réacteurs à eau bouillante et à eau pressurisée escomptaient un retour sur investissement et ont fait le lobbying nécessaire pour éviter le développement de la filière au thorium.
    Le réacteur au thorium n’est pas pour autant la panacée, car il présente certains inconvénients (émission de rayons gamma par les produits de fission), mais il réduirait quasiment à zéro le risque d’accident nucléaire.

    Concernant les EnR, vous ajoutez que décaler de cinq années l’horizon de réduction de 50% de la part de nucléaire serait plus réaliste : cela ne change pas le problème de fond qu’est la gestion de l’intermittence. Votre collègue JM Jancovici a effectué quelques « calculs de coin de table », selon son expression (« 100% renouvelable pour pas plus cher, fastoche ? ») qui montre que les ordres de grandeur des coûts globaux sont exorbitants si on met en perspective EnR et nucléaire.

    Bien cordialement,
    Bruno Casas

    •   Alain Grandjean   1 décembre 2017 à 21 h 37 min

      @ Bruno; la filière thorium est l’une des options. Mais à ma connaissance on est loin d’en être au stade industriel et je ne suis pas encore bien sûr que ses inconvenients aient été bien pesés. Concernant les calculs de coin de table de Jean-Marc ils sont intéressants car ils evitent le recours à des modèles « boite noire » ; ils sont néanmoins à challenger…pour le moins. Mon propos de toutes façons ne se situe pas à cet horizon (où toutes les « prévisions » sont des caricatures) ; mais il se limite plus simplement aux stratégies sans regret dans les 10 ans qui viennent; Bien à vous. AG

  4. La construction européenne, c’est uniquement une affaire de politique intérieure allemande.

    Si nous voulons comprendre pourquoi il y aura encore du glyphosate dans nos assiettes, dans nos bouteilles, dans nos verres, nous devons observer la politique intérieure de l’Allemagne.

    Le ministre de l’Agriculture allemand s’appelle Christian Schmidt. Il est membre d’un parti conservateur de droite, la CSU.

    Pour préparer les élections régionales de Bavière de septembre 2018, le ministre conservateur Christian Schmidt a choisi de plaire à ses alliés la Fédération des fermiers allemands (DBV) et la Fédération de l’industrie des pesticides et engrais (Industrie Agrar), qui sont pour le glyphosate. La Bavière est une terre d’agriculteurs, les agriculteurs sont pour le glyphosate, et Christian Schmidt veut conserver leurs votes.

    (Pour l’anecdote, la ministre de l’Environnement allemande, Barbara Hendricks, était contre le glyphosate. Elle est membre du parti social-démocrate, le SPD.)

    Une élection régionale en Bavière ! Voilà comment une élection régionale en Bavière entraîne comme conséquence le maintien du glyphosate dans toute l’Union européenne !

    La construction européenne est anti-écologique.

    Lisez cet article :

    Glyphosate : les dessous de la volte-face de l’Allemagne.

    en dupant le SPD, qui l’a accusé dès lundi soir de « rupture de confiance grave », le ministre conservateur a pris le risque de détériorer le climat déjà délétère qui règne entre les deux camps. « Peut-être espère-t-il conserver des votes », s’interroge un rival politique bavarois. Après son mauvais score aux élections fédérales de septembre, la CSU a les yeux rivés sur les élections régionales qui auront lieu en Bavière en septembre prochain.

    Siège des industriels Siemens, BMW ou Audi, la Bavière est aussi une terre d’agriculteurs. Et la CSU est la première alliée de la puissante Fédération des fermiers allemands (DBV) et de la Fédération de l’industrie des pesticides et engrais (Industrie Agrar).

    https://www.lesechos.fr/monde/europe/030946867173-glyphosate-les-dessous-de-la-volte-face-de-lallemagne-2133968.php

  5.   Thierry Caminel   3 décembre 2017 à 15 h 46 min

    Alain, il ne s’agit pas – en tout cas pas pour moi – d’un débat entre « adorateurs du nuc et les anti-nuc », mais de déterminer les options pour diviser par 4 les émissions de CO2 et réduire notre dépendance aux énergies fossiles. Et c’est ce qui rend les choses plus complexes, et limite l’intérêt des scénarios qui ne regardent que l’aspect électrique.

    Par exemple, tu rappelles avec raison que le taux de rénovation thermique des logements dans le scénario négawatt (780000 / an) n’est pas réaliste. Mais dans le scénario Ampère de RTE, il est de 700 000, ce qui ne probablement guère plus réaliste. Ils n’ont pas non plus pris en compte l’hypothèse d’installer massivement des pompes à chaleur (ce qui requiert 100 TWH supplémentaires d’après Jean-Marc), décarboner l’énergie lourde (+200 TWh ?) ou intégrer les fuites de méthanes dans les calculs (qui conduisent à multiplier par 2 l’impact climatique du gaz, et interdit de facto le backup avec des énergies thermiques).
    J’entends ton argument de ne pas fabriquer de nouveaux réacteurs d’ici 2025 au moins, mais ça semble donc incompatible avec l’augmentation de l’électrification de notre mix énergétique. Pourra-t-on sans cela atteindre nos objectifs climatiques ?
    Note que, pour l’après-EPR et si l’argument du coût est important, l’alternative la plus économique serait d’acheter nos réacteurs aux Chinois, tout comme on le fait pour le PV. Les Anglais semblent prendre cette direction… avec EDF : https://uk.reuters.com/article/uk-nuclearpower-britain-china/china-designed-uk-nuclear-reactor-plan-clears-first-assessment-stage-idUKKBN1DG1PL
    Amitiés, Thierry

  6. Qui est l’homme de l’année 2017 ?

    L’homme de l’année 2017, c’est … le réchauffement climatique.

    Jeudi 7 décembre 2017 :

    La Californie de nouveau face à des flammes dévastatrices.

    L’incendie Thomas touche depuis lundi le nord de Los Angeles. Il a fait un mort. Le gouverneur a déclaré l’état d’urgence dans le comté de Ventura, en proie aux flammes

    L’année 2017 a été la plus mortelle en Californie à cause d’incendies. Plus de 40 personnes sont mortes en octobre dans plus d’une dizaine de feux qui ont ravagé une partie du nord viticole et ont rasé plus de 10 000 bâtiments.

    https://www.lexpress.fr/actualite/societe/environnement/en-images-la-californie-de-nouveau-face-a-des-flammes-devastatrices_1966623.html

    Le réchauffement climatique devrait être plus fort que prévu.

    La hausse de la température moyenne de la planète pourrait se situer 15% au-dessus de la projection la plus pessimiste attendue pour 2100.

    Encore une mauvaise nouvelle pour le climat. En tenant compte des dernières mesures sur Terre et dans l’atmosphère, la hausse moyenne de la température de la planète bleue devrait être plus importante que ce qui était attendu jusqu’à présent vers la fin du siècle, prévoit un article publié mercredi soir dans Nature.

    http://www.lefigaro.fr/sciences/2017/12/06/01008-20171206ARTFIG00282-le-rechauffement-climatique-devrait-etre-plus-fort-que-prevu.php

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