La libre circulation des capitaux
De : Alain Grandjean

De Pierre Mendès-France à Pascal Lamy
20 Mai 2014

Que l’Union Européenne ait adopté le principe de libre circulation des capitaux au sein de l’Union, peut se comprendre, même si ça se discute (ce principe ne peut pas être respecté par exemple en cas de crise bancaire, comme lors de la crise Chypriote). Mais   que ce principe soit mis en place et revendiqué avec les pays tiers reste un grand  objet d’étonnement. Pierre Mendès-France[1] l’explique de manière limpide :

« Nos partenaires (européens) veulent conserver l’avantage commercial qu’ils ont sur nous du fait de leur retard en matière sociale. Notre politique doit continuer à résister coûte que coûte, à ne pas construire l’Europe dans la régression au détriment de la classe ouvrière (…)

Il est prévu que le Marché commun comporte la libre circulation des capitaux. Or si l’harmonisation des conditions concurrentielles...

La chasse aux Dogmes
De : Alain Grandjean

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2 Déc 2013

Avant de proposer des réformes de l’Euro et de sa gouvernance, il importe de bien identifier les erreurs doctrinales qui ont présidé à sa construction et plus généralement à la construction économique européenne actuelle. Cette analyse peut paraître ambitieuse, tant ces dogmes semblent incontournables car acceptés comme vérités révélées par la majorité des dirigeants de gauche ou de droite. Elle est essentielle pour éviter les risques de retomber dans les mêmes errements. Quant à la toute-puissance des dogmes, l’histoire nous montre qu’elle est heureusement toute-relative.

1 L’efficience des marchés, en particulier des marchés financiers

Toute une branche de l’économie théorique des travaux fondateurs de Léon Walras à ceux de Gérard Debreu vise à modéliser l’économie de marché et à identifier les conditions de son...

La déflation arrive…sauf à sortir du Dogme
De : Alain Grandjean

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21 Nov 2013

La déflation arrive, et nous restons immobiles. Sommes-nous victimes d’une hallucination collective[1] ?

Même la Banque Centrale Européenne (voir cet article sur la politique de la BCE), dont l’obsession a toujours été de lutter contre le risque d’inflation[2] (pourtant largement imaginaire depuis une décennie) le reconnaît. La  déflation pourrait arriver en Europe et il faut vraiment se prémunir de ce risque, porteur de conséquences plus graves qu’un typhon ou une nuée de sauterelles…Nous n’entendons pas ces avertissements, continuons très majoritairement à soutenir une politique d’austérité (moins de dépenses publiques, et encore moins d’impôts pour...

Bercy : des comptables qui ne savent pas compter, la preuve en 4 exemples
De : Alain Grandjean

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21 Juil 2013

Le pouvoir de Bercy est de notoriété publique : le grand jeu de ces hauts fonctionnaires est de savoir combien de temps il leur faudra pour mettre au pas le ministre de l’Économie et des finances...

 Concernant l’actuel, Pierre Moscovici, le jeu n’aura pas duré très longtemps. Il a rapidement compris qu’il ne fallait pas se compliquer la vie. Son projet de loi sur la séparation bancaire, préparée avec les banques et la direction du Trésor, en est une preuve suffisante [1].

Les fonctionnaires de Bercy ont le pouvoir [2]. Dont acte. Leur job...

La dette publique française justifie-t-elle l’austérité budgétaire ?
De : Alain Grandjean

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9 Mai 2013

Les gels et surgels budgétaires limitent drastiquement les moyens mis par l'Etat pour financer les incitations et moyens nécessaires à la transition énergétique. Il n'est pas inutile de revisiter le dogme actuel selon lequel l'envolée de la dette publique serait le problème économique français numéro 1 justifiant l'austérité budgétaire.

Voici donc une note de Gaël Giraud, directeur de recherche au CNRS qui éclaire magistralement cette question, en passant en revue l'évolution des dettes publiques, le calcul du service de la dette cumulé et le détail des scénarios d'équilibres macro-économiques possibles dans une économie de marché décentralisée. 

Une littérature surprenante pour ceux qui ne sont pas familiers des travaux d'économistes comme les atterrés et bien...

L’AFEP, la TVA sociale et le climat.
De : Alain Grandjean

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4 Nov 2012

L’AFEP est une puissante association patronale créée par Ambroise Roux, après l’élection de François Mitterrand pour résister au pouvoir socialiste. A l’époque[1], elle regroupait une vingtaine de grands groupes (parmi ceux qui n’avaient pas été nationalisés) ; aujourd’hui  elle compte 98 membres qui emploient 5,8 millions de personnes, soit 30% de l’emploi total français.

L’AFEP est informée très en amont des projets de lois et de décrets. Ses avis sont pris très au sérieux. Son appel dans le JDD du 28 octobre n’a donc  rien d’anecdotique pour une association qui a toujours préféré l’action silencieuse dans  les couloirs de  l’Elysée et des ministères aux manifestations médiatiques.

Je me limiterai ici à quatre  commentaires sur cet appel. 

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Nos raisonnements économiques sont aberrants : sommes-nous victimes d’un délire d’inversion ?
De : Alain Grandjean

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13 Mar 2012

Pourquoi les politiques d’austérité en œuvre en Europe semblent quand même en partie acceptées par l’opinion ? Deux arguments liés l’un à l’autre font mouche en général :

  • un Etat ne peut pas durablement dépenser plus qu’il ne gagne ; nous ne pouvons pas  « vivre au-dessus de nos moyens »
  • il va bien falloir payer maintenant pour les excès passés et « purger nos montagnes de dettes »

Ce « bon sens » apparent est difficile à contrer frontalement, même si les conséquences prévisibles des politiques fondées sur un tel raisonnement sont dévastatrices au plan économique, social et bien sûr écologiques parce que l’environnement attendra ! En effet le  même « bon sens » nous fait dire aussi : « Etes-vous si sûr de ce qui se passera au plan économique? Le redressement des comptes publics...

Inévitable protectionnisme…
De : Alain Grandjean

France Inter - Les 3 co-auteurs
23 Jan 2012

…livre inévitable. Saluons la qualité du travail et le courage des 3 journalistes Franck Dedieu, Benjamin Masse-Stamberger et Adrien de Tricornot (resp. à L’Expansion, à l’Express et au Monde Economie) pour cet essai paru dans la très solide collection Le débat de Gallimard.

Du courage il en faut pour :

  • s’attaquer à l’un des piliers du Dogme, le libre-échange, et risquer ainsi la mise au ban par les prêtres grands et petits de cette religion des temps modernes
  • prendre le risque de se trouver en compagnie d’autres défenseurs du protectionnisme, moins fréquentables que nos auteurs ; voire se faire soupçonner de leur donner des arguments. Le protectionnisme est...

Pour en finir avec le Dogme
De : Alain Grandjean

impasse-hautes-folies
19 Jan 2012

[Cet article fait suite à une série de posts sur le Dogme] Nul ne peut affirmer que l’Euro va survivre à 2012, année de très grosses émissions obligataires de la part des Etats européens  et des banques. La perte du  Triple A[1] est de mauvais augure tout comme le blocage de la négociation avec les créanciers privés de l’Etat grec ; il semble bien que certains fonds, « gavés » de CDS n’aient pas intérêt à apporter leurs titres sur la table[2].

Sur un plan complètement différent, nul ne sait si la combinaison d’un durcissement des opinions publiques américaines et israéliennes,  de tensions avec l’Iran, et de pression sur le pétrole ne va pas conduire aux scénarios malheureusement les plus classiques de sortie de crise économique : des conflits qui réactivent les...

Comment éviter que le Dogme engendre une tragédie européenne ?
De : Alain Grandjean

Les-crises.fr
17 Déc 2011

Il est vraiment difficile de se faire une image de ce qui se passe et peut se passer dans les prochaines semaines en Europe.Les perspectives économiques sont clairement très dégradées : la spirale déflationniste s’installe. Les acteurs privés ou publics « serrent » tous les boulons. Les dépenses des uns étant les recettes des autres, les revenus de tous baissent.

Les banques confrontées à de très fortes exigences de  régulation réduisent leurs en-cours, car elles ne peuvent pas se recapitaliser : qui serait prêt aujourd’hui à entrer à leur capital ? Du coup le volume des  prêts baissent et freinent les projets d’investissement. Les agences de notation dégradent les acteurs privés et publics (à la fois parce que la conjoncture est mauvaise et parce que la note des Etats européens baisse).

Les déclarations et décisions de la Banque...

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